Pachyderme avait son Petit Paradis sur terre : c'était la cour de l'immeuble.

Une voisine y avait fait des plantations au cours des années passées : des arbustes ou des lianes y fleurissaient régulièrement, des arbres apportaient de la verdure tout au long des trois saisons de feuilles et de la fraîcheur l'été. Il y avait une allée dallée, une table et deux bancs, des allées vagabondes qui faisaient le tour du jardin. C'était joli, gai, agréable et Pachyderme y faisait son petit tour le soir en rentrant du travail et quand sa petite fille venait le voir quelques fois.

Certes c'était la fin de la ville et les jardins y étaient nombreux. Mais les cours à côté, dans le reste de l'immeuble n'étaient pas aussi bien entretenues. Des entreprises "de jardinage" y étaient mandatées par des régies d'immeubles inconséquentes et incompétentes, pour 200€ le passage. Dans l'une des cours, 4 passages étaient prévus à l'année : par un printemps sec, les entreteneurs de jardin étaient venus en mars, avril, mai, juin pour tondre ! Les saletés tombées des fenêtres étaient restées, l'herbe était jaune et rare, mais ils avaient travaillé une heure ; donc une facture avait été envoyée… 4 fois !

Dans une autre cour, une voisine avait planté des iris, des rosiers et des danseuses. Les autres entreteneurs de jardin avaient tout tondu ! Y compris les mauvaises herbes, qui elles repartaient drues ! 250€

Dans l'autre cour, ils venaient de faire le ménage : les tables et chaises de jardin avaient disparu, ainsi qu'un vieux rosier, le dernier prunier. Les spirés et les annettes, les pervenches et les iris avaient succombé. Par contre la potentille foisonnait ainsi que la renouée du japon.

Perché était très pertubé par ces interventions barbares. Pachyderme constatait impuissant ; la jardinière fulminait…

 

 à suivre…

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