divagations du début-XXI°siècle

La Gueularde & Fils : Petites Histoires de Pachyderme

La Gueularde n'habitait pas le même immeuble que Pachyderme, mais au bout de la rue, pour ne pas dire qu'elle habitait la rue !

Elle aurait été placée là avec son fils de 19 ou 20 ans pour désengorger un quartier chaud socialement. Du coup elle échauffa toute la rue dès son démanagement, par ses manières de vivre, d'être. Elle ne parlait pas, elle hurlait, sans effort. Elle ne savait pas converser, ni être discrète : en fait, elle soumettait de la voix, des gestes, des propos, par ses manières. Sa voix était son premier instrument de domination. De son logement, par la fenêtre ou de loin de son canapé, elle dominait la rue et guettait de l'oreille et de l'œil qui passait, qui allait, qui discutait ; elle se fit rapidement un/son répertoire de gens qu'elle interpellait ou harcellait.

Bref en un mois, elle se fit une réputation dans un coin de ville qui n'avait connu pareils comportements.

Sur le trottoir, elle avait un avis sur tout et tous,

elle s'imposa faisait la loi, sa loi, apostrophant les uns, poursuivant les autres, dénonçant certains, vitupérant… Avec une autre commère du moment, elles s'alliaient pur faire des tours à des couples, à des femmes, elles faisaient peur aux enfants, aux fragiles.

Son fils était du même gabarit : on le surnomma donc le Gueurlard. Il n'était pas très intelligent, plutot limité, beau gosse, grand et bien bâti. Il se croyait irrésistible, invulnérable et doué. Il amena des copains de son ancien quartier et commença son cirque sur le trottoir : Ils occupaient la place, pour passer il fallait les contourner, descendre du trottoir entre les voitures. Il n'agressait pas de prime abord, il saluait pour tater le terrain… plus tard, il demandait quelque chose. Ces coréligionnaires ricanaient bêtement, suivaient le mouvement. À un autre moment, il engageait la conversation en cherchant comment abuser de la personne. Cela commença par fonctionner, surtout avec les jeunes femmes. Elles ne voyaient pas de mal à répondre, à rendre service. Mais aux passages suvants, il devenait plus pressant.

Sa petite bande faisait aussi des virées, avec des mobilettes stridentes qui tournaient et repassaient en sens interdit, envahissaient les rues voisines comme des gosses essayant leurs nouvelles bicyclettes, par des rondes sonores, répétées et énervantes : ils occupaient le terrain. Puis lassés enfin de leur tours stériles, ils s'échappaient sur un ordre du chef et allaient se faire voir ailleurs. Ils retournaient dans l'ancien quartier, où les gens excédés les apostrofaient ou les fuyaient. Puis ils allaient dans des galeries commerçantes, essayaient de soudoyer quelques employés pour avoir des articles : ils n'avaient pas d'argent pour payer. Parfois, ils volaient, mais pas très malins se faisaient repérer.

La bande était mince et pas maligne. Le Gueulard s'essaya aux affaires : trafic de cigarettes, de drogue, d'animaux, de voitures. Ils démontèrent des voitures qu'ils essayaient de réparer sur le trottoir. Il fallait enjamber les morceaux de carlingue, les batteries et les autres pièces détachées en faisant attention de ne pas rouler dessus.

La Gueurlard admirait son fils plein d'initiatives, le soutenait, le promouvait. Elle invectivait les gens qui se plaignait et rabrouait la police qui venait pour les vols…

à suivre…

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L'Automne avec Pachyderme : Petites Histoires de Pachyderme

L'automne était arrivé tôt cette année, dès la fin août la fraîcheur du climat avait surpris les habitants en sandales et aux bras nus. L'amplitude thermique voisinait les 18°C avec un vent frais et de la pluie intermittente.

On n'avait pas encore allumé le chauffage, on se contentait encore des chandails et vestes, des chaussettes et des foulards.

Les flaneries au soleil à la pause de midi étaient écourtées, on se pressait le soir pour rentrer après les courses. On vivait à nouveau avec les fenêtres fermées… Il fallait allumer l'éclairage plus tôt, les réverbères suivant l'arrivée du crépuscule insinuait que la nuit arrivait. Les soirées se faisaient à l'intérieur, souvent devant le téléviseur ou avec un livre, une couverture sur les jambes et la robe de chambre sur le dos.… Les couvertures couvraient les lits et nombre de personnes dormaient volets et fenêtres closes la nuit.

Le soir, on refaisait de la soupe, on mangeait aussi chaud à midi. Les ustensiles changeaient : on mitonnait, on bouillait ; finis les repas froids préparés à la va-vite, et légers ; il fallait à nouveau du consistant. On mangeait plus de viande, moins de thon, sardines, maquereaux, d'œufs, de cœur, de saucisses de toute sorte et des autres charcuteries. On passait aux viandes cuites y compris les poissons. On délaissait les légumes frais d'été (tomates, poivrons, aubergines, courgettes, radis), pour plus de légumineuses, de féculants. Venait le temps des poires et des pommes, des carottes et des navets plus des poireaux… L'arrière saison était là !

Voilà l'automne en France, parfois en octobre, parfois en septembre. De belles journées d'arrière saison étaient attendues, mais cette année, il n'y avait que fraîcheur et menace de pluie. Les oiseaux ne s'attardaient pas jusqu'au crépuscule, ils disparaissaient avant 18h.

Pachyderme commença à tourner en rond : ses escapades dans le square limitrophe pour voir du monde s'écourtaient et s'espaçaient dans la semaine. Pas envie, non qu'il eut froid vraiment grâce à son embonpoint, mais son moral suivait le gris du ciel. Moins de gens flanaient, donc moins d'opportunité de converser.

Lui, s'habillait toute l'année de gris et de noir. Il mettait des couches supplémentaires à la mauvaise saison. Jamais on ne l'avait vu avec du rouge ou du bleu, encore moins du vert. Quant à sa nourriture, c'était charcuterie et fromage + pain, pommes, toute l'année. Tiens cette semaine il avait acheté du raisin de saison !

Il songeait qu'avec cet automne précoce, on entrait dans une période morose et intérieure de huit mois. Comment s'occuper hors du travail ? Il n'était pas ouvert aux opportunités, craignait les groupes, n'avait pas de passion et se retrouvait tout seul. L'automne était l'heure de se trouver en face de lui-même une fois de plus.

 

 

 

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Le Petit Paradis de Pachyderme : Petites Histoires

Pachyderme avait son Petit Paradis sur terre : c'était la cour de l'immeuble.

Une voisine y avait fait des plantations au cours des années passées : des arbustes ou des lianes y fleurissaient régulièrement, des arbres apportaient de la verdure tout au long des trois saisons de feuilles et de la fraîcheur l'été. Il y avait une allée dallée, une table et deux bancs, des allées vagabondes qui faisaient le tour du jardin. C'était joli, gai, agréable et Pachyderme y faisait son petit tour le soir en rentrant du travail et quand sa petite fille venait le voir quelques fois.

Certes c'était la fin de la ville et les jardins y étaient nombreux. Mais les cours à côté, dans le reste de l'immeuble n'étaient pas aussi bien entretenues. Des entreprises "de jardinage" y étaient mandatées par des régies d'immeubles inconséquentes et incompétentes, pour 200€ le passage. Dans l'une des cours, 4 passages étaient prévus à l'année : par un printemps sec, les entreteneurs de jardin étaient venus en mars, avril, mai, juin pour tondre ! Les saletés tombées des fenêtres étaient restées, l'herbe était jaune et rare, mais ils avaient travaillé une heure ; donc une facture avait été envoyée… 4 fois !

Dans une autre cour, une voisine avait planté des iris, des rosiers et des danseuses. Les autres entreteneurs de jardin avaient tout tondu ! Y compris les mauvaises herbes, qui elles repartaient drues ! 250€

Dans l'autre cour, ils venaient de faire le ménage : les tables et chaises de jardin avaient disparu, ainsi qu'un vieux rosier, le dernier prunier. Les spirés et les annettes, les pervenches et les iris avaient succombé. Par contre la potentille foisonnait ainsi que la renouée du japon.

Perché était très pertubé par ces interventions barbares. Pachyderme constatait impuissant ; la jardinière fulminait…

 

 à suivre…

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le Chat de Pachyderme : Petites Histoires

Il était assis à la fenêtre, le nez au dessus du vide, la queue oscillant lentement dans la pièce, les oreilles dressées, se tournant vers l'avant, puis vers l'arrière, attentives à ce qui se passait à l'intérieur de l'appartement, comme à ce qui survenait dans les cours. À son attitude, on aurait pensé qu'il était philosophe, mais pas du tout.

Il dominait son empire : cinq cours à s'occuper, surveiller les allées et venues, vérifier l'identité des intrus ou supposés, 3 murs d'enceinte à contrôler, plus les explorations des alentours du domaine. Passer d'un appartement à l'autre, converser avec certains habitants qui savaient miauler, observer les autres, se faire caresser, recevoir des offrandes, tel était l'emploi du temps du Perché, mais c'était sans compter les nombreuses pauses. Caché sous un buisson, sur un mur, ou à même la terre en fonction des saisons : il méditait. La nuit il vadrouillait au delà de son périmètre. Il traversait les avenues alentours, sans aucune notion du dangereux trafic routier.

À l'heure du petit déjeuner de Pachyderme, la ville était éveillée, mais l'intensité des mouvements ne se faisait que plus tard. Les oiseaux considéraient les espaces verts comme leur territoire. Ils passaient d'arbre en arbre, certains trouvant des fruits, des graines, d'autres cherchant des insectes. Les merles passaient des arbres fruitiers au sol qu'ils grattaient pour récupérer des vers de terre. Ceux-là étaient plus nerveux, car les prédateurs au sol étaient plus nombreux. Les corneilles se juchaient dans le grand pin et y faisaient du remue-ménage avec leurs ailes et leur croassement pour signifier que là étaient leur siège. Les moineaux piaillaient dans les sureaux à qui mieux-mieux. Les mésanges, comme timides ne s'aventuraient vers les aliments que lorsque tout était "normal" ; les rouge-gorges étaient furtifs. Deux tourterelles passaient en visite, mais plus tard dans la matinée. Rien que du banal pour une ville. Mais c'était un feuilleton quotidien pour le chat Perché sur son promontoire.

Pachyderme était ravi de ces scènes matinales, où le jour était encore vierge de ses affres habituelles. Il aimait cette harmonie et l'animation sonore qu'il écoutait depuis sa table de petit déjeuner.

Au milieu de la matinée, en été, les oiseaux partaient se réfugier dans d'autres aires de la ville : probablement dans les parcs. On ne les revoyait plus avant le soir. L'hiver ils restaient plus présents dans la mosaïque verdoyante que formaient les jardins vus du ciel.

 à suivre…

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Protestations en France

La France compte environ 26 à 28 millions d'actifs professionnellement. Environ 3 millions sont au chômage sous diverses catégories.

Mardi 12 septembre 60 000 personnes au moins (400 000 selon les organisations syndiclales) ont défilé dans les rues pour protester contre les nouvelles dispositions législatives concernant les conditions de travail.

Pourquoi si peu de travailleurs se sentent-ils concerner par les manifestations de protection des conditions de travail ?

-les réformes sont-elles bonnes et acceptables pour les employés concernés ?

-les formes de protestation sont-elles inadaptées ?

-les gens en ont-ils marre de tout et donc laissent tout passer ?

Quand on gagne peu d'argent avec son salaire, est-il probable que l'on fasse grève pour aller manifester dans les rues ?

Pourquoi ne pas défiler le dimanche ?

Pourquoi ne pas mettre en avant d'autres formes d'action ?

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le Salon de la Mère Sans-Gène : Petites Histoires de Pachyderme

La Mère Sans-Gène était à la retraite depuis quelques années, et avait ainsi plus de temps pour ses occupations favorites : du sport tous les matins. Elle rentrait de la piscine à 9h30 ou 10h : on entendait les freins de son vélo couiner de loin ; elle n'y mettait pas d'huile, car ainsi le son du vélo la précédait, annonçant tels des héraults sa venue ! 

Elle occupait le terrain.

Dernièrement elle balayait le trottoir, non qu'elle fût d'une propreté impeccable, mais pendant la 1/2 heure que cela lui prenait, elle saluait certains passants, engageait la conversation avec ses habitués… se faisait voir dans ses tenues courtes, légères et colorées. Elle agrippait  une personne de la rue au passage. Là, tout le pâté de maisons était passé en revue. Si son interlocuteur était bon, cela pouvait durer une heure : ils s'échangeaient les observations, les ragots, faisaient des hypothèses qui, si tôt énoncées et relevées par l'autre, devenaient informations. Ce qu'ils ne savaient était déduit ou inventé. Quand un bon coup était élaboré elle riait en cascade, ce qui se répercutait sur le mur de fond que faisait l'immeuble comme dans un théâtre romain : Pachyderme qui était un peu sourd savait alors que le scénario de commérages était en route.

Bizarrement tout se passait dehors, sur le trottoir, jamais personne ne rentrait chez elle… Elle faisait salon devant chez elle. Il ne manquait plus que la chaise installée sur le trottoir pour institutionnaliser le scénario !

Si l'interlocuteur n'avait pas le temps, elle trouvait une banalité à dire, dans le souci d'être conviviale. Si c'était un homme, elle trouvait à le valoriser et riait en cascades sonores claires et hautes. On savait alors qu'elle était en conversation.

Elle se donnait en spectacle : la rue était son théâtre.

 à suivre…

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la Mère Sans-Gêne : Petites Histoires de Pachyderme

La Mère Sans-Gène habitait dans une maison d'en face le logement de Pachyderme.

Elle se déplaçait toujours en vélo, elle était sportive, fine, tout en muscles ; elle s'habillait court de vêtements aux couleurs vives ; on l'avait toujours connue avec des cheveux poivre & sel ; du coup on ne lui donnait pas d'âge. Du temps où elle travaillait, elle était occupée hors du quartier, hors du pâté de maisons, une grande partie de la journée, elle ne s'adonnait donc aux commérages que les soirs après le travail ou les fins de semaine. Elle se levait tôt tous les jours, était vaillante et dynamique. Plusieurs de ses fenêtres donnaient sur la rue, de sorte qu'elle était au courant de qui passait, qui sortait de l'immeuble d'en face, qui parlait avec qui, comment un tel ou une telle était habillé, comment il ou elle sortait : elle en déduisait alors où il/elle allait et pouvait répondre si quelqu'un le cherchait dans la rue !

Elle lisait beaucoup tout en regardant le téléviseur, tard dans la nuit… peut-être ne couchait-elle pas dans sa chambre, mais dans son salon où la lumière restait allumée toute la nuit : elle ne fermait jamais ses volets, même au rez-chaussée côté rue (quelque chose aurait pu lui échapper).

Elle ne saluait ou ne répondait pas aux saluts de tout le monde : elle avait constitué son cercle de sociabilité, constitué de personnes sensibles à ses manières de faire et à ses racontards : elle parlait alors d'une voix claire et sonore. Pour le reste elle s'exprimait à voix basse, puis ricanait dès un coup parti. Elle recalait tous les récalcitrants, dédaignait les caractères trop forts, répugnait aux Méditerranéens, surtout s'ils venaient du sud. Elle ne saluait pas le Pachyderme, elle ne le regardait même pas. Il n'existait pas. Il se sentait un moins que rien : une personne qui occupe le terrain, qui connaît tout le monde, ne le voyait pas ! C'est comme s'il n'était pas reconnu socialement…

Tous les soirs, elle versait ses ordures dans une des poubelles de l'immeuble : cela lui évitait d'utiliser et de nettoyer la sienne. Officiellement elle "n'apprécie pas les poubelles dehors… donc la sienne ne décorait pas la rue !" Elle était bien rangée dans son vestibule… Un jour, elle décida de tailler les plantes de son jardin : glycine, fusain, laurier, cerisier, chèvrefeuille, tout y passa. Sans gène, elle remplit toutes les poubelles vertes de la rue, sauf la sienne…

 

 

 à suivre…

 

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Le Climat de Pachyderme : Petites Histoires

L'été avait eu ses canicules, maintenant coutumières en ce début de XXI°siècle.

Tout à coup, fin août, la fraîcheur était tombée sur la région, et l'on passa des 37°C à 25, puis 20 ; la nuit, du 25°C le mardi, on se réveilla tôt le jeudi matin, car la température descendit à 15°C. Comme tous les ans, l'automne prévenait qu'il faudrait profiter des dernières semaines d'été… Mais du fait de la canicule, les feuilles des arbres avaient sèché dès juillet et étaient tombées. Dès lors avec le climat frisquet, le paysage urbain était automnal… et les humeurs moroses !

L'athmosphère de la ville avait alors changé en quelques heures. Du pas prélassé de vacancier, les citadins pressaient l'allure, tout en retrouvant une veste, un gilet voire un imperméable ou un parapluie, les nus-pieds étaient poussés quelques jours et l'on sortait les chaussures fermées. La rentrée s'annonçait.

Rentrée au travail, rentrée des écoles, rentrée dans les associations : rentrées dans les activités sociales et professionnelles.… Les emplois du temps changeaient donc ; les modes de vie aussi. L'été des salades et fruits laissait place à la période des plats cuisinés. Il fallait modifier les achats des courses, utiliser les casseroles, se mettre à table… repartir sur des repas structurés. La ville enflait du point de vue sonore (!) tôt le matin, et le trafic se densifiait aux heures de pointe. C'étaient les rentrées… 

Non seulement les heures se remplissaient, mais les rues abondaient de gens de toute sorte. Les enfants les égayaient à heures régulières.

Les média étoffaient leurs programmes progressivement, la rentrée littéraire, cinématographique emboîtait le pas à la cadense urbaine.

Pachyderme déprimait chaque fois… La parenthèse estivale prenait fin… Il ne fallait plus se bercer de promesses, reporter ses rêves d'activité éventuelle… il lui faudrait passer à l'action, ne plus traîner : l'athmospère l'incitait à se bouger. Il devait activer son cerveau, répondre aux sollicitations, bouh… comme disaient les média… l'été est fini !

Il en fit part à sa voisine du dessous, qui le rassura comme chaque fois qu'il lui ouvrait ses pensées :

-Mais, c'est comme cela chaque année, la fraîcheur dure quelques jours, puis les beaux jours ensoleillés reprennent le dessus jusqu'en octobre… On n'est pas à Paris, où ils sonnent l'automne dès qu'ils reprennent le travail !

 

 à suivre…

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Environnement de Pachyderme : Petites Histoires

Pachyderme habitait une banlieue mixte d'une grande ville française de métropole.

Il avait été transféré d'un appartement insalubre du centre-ville qui lui allait bien (bien que sans salle de bain et sans eau chaude, peu cher), dans un appartement social privé avec tout le confort. Ceci moyennant le quadruplement de son loyer, sans possibilité d'Allocation Logement puisqu'il vivait seul et travaillait au SMIG.

Avant il se rendait à pied à son travail ; dorénavant il était obligé de se payer un abonnement de transport collectif public (55€).

L'immeuble dans lequel il vivait comportait peu d'étages, peu d'appartements (10 au total). Il avait un seul attrait : sa cour qu'une voisine avait transformé en jardin au bout de plusieurs années de persévérance. Il y avait plein d'arbres et le matin quand il déjeunait il se délectait du sifflement et des piaulements des oiseaux.

Il se contenta de son sort… pris les choses comme des fatalités…

 

à suivre…

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la Formation de CJST

"Citoyen Je Sais Tout"

Il avait fait un apprentissage et une formation d'éducateur. Il avait râté son diplôme, mais savait bien utiliser ce qu'il avait appris pour tout détourner à son profit. À son entourage, pourtant, il se présentait comme éducateur, ses voisins le prenait pour tel, comme ses personnes qui raconte une histoire et en vive une autre… comme ces personnes qui usurpe un curriculum et donne le change en réflexion et en allure professionnelle.

Il avait travaillé comme gratte-dossiers pour un organisme de gestion pour personnes en difficultés. Mais il faisait la leçon à tout le monde, prenait son chef en défaut, montrait aux personnes dont il avait le budget en charge comment détourner les règlements… il se sentait malin…

Un jour il envoya une lettre recommandée au service des transports publics de sa ville pour récuser un contrôle de "titre de paiement" qu'un jeune n'avait pas pu fournir, en jouant sur le règlement et l'oubli de validation… Il conclut : "voilà comment il faut se débrouiller !" Une autre fois, il expliqua comment retourner une action de la régie qui réclamait à un locataire des loyers impayés : il fallait se rendre insolvable ! On avait besoin de lui : il aidait les gens… il se sentait demandé, important : il était content de lui.

Il ne fut pas long à se faire licencier,mais recourut aux prud'hommes pour être réhabiilité, et fut réengagé le temps de finir son contrat… et ne fut pas renouvelé.

Depuis il errait de son lit à son ordinateur, de son fauteuil à sa chaise de cuisine ; un soir par semaine, il partait chez MacDo de son allure non-challente comme s'il allait en visite, le soir suivant poussait chercher une pizza de la même allure, le 3°soir il mangeait des tapas et ainsi de suite. Un soir de la semaine il cuisait des pâtes. Pourtant un soir il expliqua à un copain, combien il fallait équilibrer ses repas…

Il aimait à se vanter de ses compétences, de son savoir-faire et de ses connaissances. Mais au bout de trois ans il était toujours sans travail… mais ne se demandait jamais pourquoi : il n'aurait plus pu se pavaner.

 

à suivre…

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