divagations du début-XXI°siècle

la Fille de la Sans-Gène

Peties Histoires de Pachyderme

La Mère Sans-Gène avait une fille, unique…

Petite fille d'industriel du quartier, elle avait la légitimité des héritiers…

Elle avait choisi ses copines de classe parmi celles qui la valorisaient et avaient les mêmes moyens qu'elle. C'était un clan qui faisait sa vie dans le nombrilisme. Elles se promettaient de tenir le haut du pavé… dans le quartier !

Son père s'était écarté de la vie familiale quand elle avait douze ans et cela avait été un traumatisme. Elle allait le voir toutes les semaines, et elle se fondait dans ce père ponctuel… La Sans-Gène avait tout fait pour que cela se passe bien, mais avec l'adolescence les exigences de la fille devinrent difficiles à satisfaire.

Les caprices étaient devenus des crises, les exigences des dûs, les fanfaronnades un style : elle se prit pour la reine du coin…

Puis le père mourut d'une longue maladie invalidante dont il avait tenu à protèger sa fille. Ce fut un long cri qui déborda la maison, puis un repli sur soi, un isolement dans le mutisme et la prostration : "pourquoi moi ?", "Pourquoi mon papa ?". Elle gémissait ou hurlait. Elle en voulu à ses amis d'avoir encore le leur. La Mère Sans-Gène fut exemplaire. Elle laissa la peine de sa fille s'exprimer, elle l'entoura, elle fit venir ses frères et sœurs, ses nièces et neveux pour resserrer les liens. Elle lui faisait ses plats préférés dont l'odeur était censée lui ouvrir les sens sur les bienfaits du monde.

Elle finit par retourner au collège, ses amies l'entouraient et la protègeait. Ainsi passa-t-elle son adolescence…

à suivre…

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Benêt

Petites histoires de Pachyderme

Le Benêt était le neveu de l'Anti-Poufiasse de l'allée à côté. Il passait souvent la voir. Il était simple, discret, de bonne compagnie.

Il avait cinq centres d'intérêt : la météorologie, le football, les trains, sa tante et sa famille.

Il y a quelques années, il avait deux préoccupations : sa tante et lui, non lui et sa tante.

Avant il y avait son emploi, mais il prit sa retraite. Il était resté toute sa vie dans une banque, alors qu'il n'aimait pas les chiffres. Il aimait le français et les langues et ne trouva jamais la force et la volonté de changer de travail ou de demander le service de la communication de sa banque. Il manipula des nombres, des chèques et des espèces toute sa vie professionnelle. Chez lui, il collectionnait les mots, les grilles de mots croisés pour sa retraite. Cela lui prit des mois pour remplir les grilles qu'il avait amassées.

Il collectionnait les mots inhabituels : il s'enrichissait.

Il notait aussi la température de sa station-météo tous les jours. Ensuite il calculait les moyennes mensuelles, puis les annuelles sur des cahiers qu'il accumulait sur une étagère. Cela ne faisait de mal à personne, cela l'occupait.… comme il avait noté sa caisse tous les jours de travail, il notait d'autres chiffres.

Il comptait également les livres qu'il lisait. "J'ai tant de livres à lire pour ma retraite". Deux ans après il annonçait "j'ai lu tant de livres depuis ma retraite". La quille ! Mais il ne savait dire que le titre et le nom de l'auteur. Ce que racontait le livre, il le gardait pour lui et n'aurait pas pu participer à un club de lecture comme il y en avait dans la ville. Il lisait pour lui, il ne savait pas partager.

Il allait à tous les match de foot de l'équipe de sa ville. Son frère pariait sur les sports, pas lui.

Son frère vivait chichement d'avoir mal gouverné sa vie, lui vivait confortablement, sans dépenses inutiles toutefois.

Benêt ne parlait pas, il déversait… il se déversait. Au plus fort de son discours, quand il quittait sa sellette, il citait son frère-jumeau. Il n'avait opinion sur rien, il répétait. Il ne se renseignait sur rien, il reproduisait.

Quand sa tante mourut, il en parla encore pendant un an, tant ce sujet était une ritournelle. Ne vous trompez pas, il ne l'aimait pas, elle l'agaçait. Il ne voulait rien lui devoir, mais ne savait pas lui dire non. Il faut dire qu'elle était tyranique. Elle était assez obsédante pour son entourage (voisins ou famille) et elle savait occuper son monde.

Benêt était divorcé et avait deux enfants-adultes : un fils et une fille. C'est sa fille qui le prenait pour un benêt. Elle savait profiter de lui, lui soutirer service et argent, sans gratitude, comme un dû. Il suivait, pliait, il la prenait pour une princesse. Princesse lui faisait la liste des cadeaux à lui offrir et les boutiques où les trouver. Lors des fêtes, elle lui ordonnait quoi amener.

Il s'aérait tous les jours. Tous les deux jours il allait au supermarché pour croiser du monde. Il mangeait la même chose tous les deux jours. Il allait dans la vieille ville deux ou trois fois par semaine selon les saisons. Il y avait ses habitudes, ses restaurants où on ne le considérait même pas. Mais il voyait du monde, croisait des touristes avec qui il échangeait des banalités de bon aloi, toujours les mêmes ! Mais comme ce n'était jamais les mêmes personnes, cela l'occupait fort civilemenet.

Il était doux, agréable, et vide.

à suivre…

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Agenda de l'Anti-Poufiasse

Petites Histoires de Pachyderme

Avant sa maladie, l'Anti-Poufiasse avait un emploi du temps bien organisé.

Le mardi elle faisait le repassage le matin et allait dans une association l'après-midi, le mercredi elle allait voir ses copines, le jeudi elle allait se promener, le vendredi elle faisait ses courses, le samedi elle faisait le ménage, puis sortait avec des amis, le dimanche elle invitait… le lundi elle rangeait, nettoyait et faisait la lessive.

Lui proposer une sortie le mardi était voué à l'échec, car elle était déjà occupée. Si elle était malade le vendredi, elle cherchait quelqu'un pour lui faire ses courses, si on lui proposait de passer la voir un vendredi, cela ne se faisait pas.

À 17h30 au plus tard, elle était chez elle. Elle regardait alors un jeu à la télévision. Le matin, elle mettait la radio, une station populaire où l'on râlait beaucoup et où on avait un avis sur tout… Elle s'en gavait hochant la tête d'approbation à chaque intervention. Elle n'analysait pas, elle ne comparaît pas : elle s'imbibait et se confortait.

Entre ses activités, elle surveillait les allées et venues dans l'immeuble, dans la rue. Écoutant, épiant, passant la tête par la fenêtre. On ne sait pas si elle notait ou si elle mémorisait… ou si elle oubliait vite et reconstituait !

Quand elle rencontrait Dragon-4° ou que celle-ci frappait à sa porte, elle faisait son rapport : qui était sorti avec qui, qui était allé chez qui, qui recevait des visites régulières : "qui faisait quoi". L'autre était très satisfaite, car elle tenait son monde droit ; elle en avait certains à l'œil…

 

à suivre…

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Samhain/Samoïn

*Quand va-t-on utiliser les noms d'origine du 1° novembre ?

•Le 1°novembre est une vieille fête européenne qui marque le début de la saison froide. Il a été christianisé en "Tous les Saints" au VIII°siècle.

"À Rome, cette Tous Saints existait certainement dès le Ve siècle. Elle est déplacée une première fois à la date du 13 mai en l'an 610, par le pape Boniface-IV. Ce jour là, il fait transporter dans l'ancien temple païen du Panthéon toutes les reliques des martyrs des catacombes romaines. Le Panthéon devient l'église "Sainte-Marie et des Martyrs".

Un siècle plus tard, cette fête est transférée définitivement au 1er novembre par le pape Grégoire-III, qui dédicaça en ce jour une chapelle de Saint-Pierre de Rome en l'honneur de tous les saints." extrait de Croire de la Croix 

•Pour la contreverse lire un article du Nouvel-Obs de 2012

Capture d’écran 2017-10-29 à 20

les fêtes du calendrier celtique (les illustrations sont fantaisistes)

 

 

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Antécédents de Perché

Petites histoires de Pachyderme

Perché avait été trouvé un matin d'automne, juché sur le mur de fond des cours, caché sous un hou centenaire. Il n'osait pas bouger et semblait avoir peur de tout. Pachyderme, faisant son tour matinal dans la cour avait observé le comportement inhabituel des autres chats. Pourquoi se rendaient-ils sous le hou si souvent, mais ne passaient pas.

Au bout de trois jours Pachyderme déplaça une chaise de jardin et y monta afin de se rendre compte. Il découvrit une boule de poils dorés, apeurée. Quand il avança la main pour la tranquiliser la boule recula d'un bon. Un chat de plus se dit Pachyderme qui en avait vu d'autres. Les jours suivants le chat était toujours là. Il ne semblait pas descendre de son observatoire/cachette.

Le cinquième jour, Pachyderme lui apporta de la nourriture. Le Chat Perché attendit qu'il descende de la chaise et se retire pour prendre de sa gueule la gamelle et la poser en lieu moins exposé. Il avala le tout comme quelqu'un qui n'a pas mangé depuis longtemps. Pachyderme lui apporta aussi de l'eau pour le réhydrater. Le petit félin amaigri n'en fit pas cas tout de suite. Pachyderme lui apporta de la nourriture ainsi, 2 à 3 fois par jour en fonction de son travail. Perché mangeait tout évidemment, rendait la gamelle propre, toute lèchée.

Au bout de quelque temps, Pachyderme, lui mit l'eau sous la table du jardin, puis sa gamelle de pâté. Perché attendait que tout soit calme et descendait manger. Puis on le vit passer dans le jardin avec les autres chats, tout en retournant se réfugier sur le mur, sous le hou.

Pachyderme mena une petite enquête : d'où venait ce chat ? Il apprit par un habitant qui soignait quatre chats du voisinage, que des habitants avaient déménagé il y a peu et que le chat venait peut-être de chez eux… Il ne savait pas son nom. On le nomma donc Perché.

Le Chat Perché passa ainsi plusieurs semaines sur le mur. Il voyait les autres chats aller et venir dans les cours, enjamber les fenêtres, se frotter aux jambes des humains, mais ne s'approchait pas. Peu à peu Pachyderme entreprit lentement, patiemment d'avancer une main pour caresser Perché. Perché avait peur au début, il ne le connaissait pas suffisamment. Puis il laissa l'humain approcher.

D'autres chats venaient à la fenêtre de Pachyderme. Ils recevaient une caresse, mangeaient quelques bonbons pour félins domestiques. Ils étaient câlins. Ils ne s'installaient pas, ils passaient…

Un jour Perché, suivant les autres, monta aussi sur la fenêtre pour voir. Quand il aperçut Pachyderme, il s'enfuit à toutes pattes… Mais il revint. Pachyderme lui donna de la nourriture et de l'eau sur sa fenêtre. Perché vint s'alimenter tous les jours. Puis il entra chez Pachyderme, s'enfuit, revint. Il acceptait les caresses sur la fenêtre, puis s'enhardit à l'intérieur de l'appartement. Il devint familier. Il avait besoin de se faire adopter semble-t-il… Il était doux, gentil, craintif.

Pachyderme observait cet animal esseulé comme il aurait aimé que l'on l'observât. Il le laissait aller et venir, lui ouvrait la fenêtre pour qu'il rentre. Il le caressait, le câlinait. Perché l'attendait certains soirs, certains matins. Il demandait à sortir le soir pour sa vie nocturne, il revenait quand il entendait Pachyderme s'animer dans l'appartement. Ainsi se fit une vie à presque deux…

à suivre…

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L'Anti-Poufiasse

 Petites histoires de Pachyderme

L'Anti-Poufiasse habitait l'allée à côté de Pachyderme.

On l'avait surnommée ainsi, car elle traitait tout le monde de Poufiasse ! C'était plus simple…

Elle avait quelques 90ans et se portait bien ; courait à ses rendez-vous hebdomadaires, surveillait l'immeuble, surtout les locataires. Elle prêtait main forte au Dragon-4° qui menait tout le monde à la baguette.

Anti-Poufiasse la secondait de son mieux, se sentant utile pour le bien de tous.

 

Depuis plusieurs années, elle avait un comportement étrange, que les voisins ne comprirent pas, car ce n'était pas permanent.

Quand on la croisait, elle marmonait "on ne savait quoi" : prières, reproches, commentaires.… ? Parfois on l'entendait crier ou implorer. Mais cela ne durait pas… Puis il y eut des sortes de lamentations de chez elle, qu'on entendait quand ses fenêtres étaient ouvertes, mais aussi de l'intérieur de l'immeuble à travers les cloisons.

Puis elle se mit à taper, le jour, la nuit, sur les murs avec le manche de son balai et prononçait des incantations. Pachyderme, dont elle était contigüe, en était réveillé à 23h ; cela durait 1h à 2h.

Un après-midi, alors qu'un cambriolage avait eu lieu dans l'allée, la veille, elle était descendue en déshabillé blanc, transparent, court et témoignait de ce qui se passait dans l'immeuble : des messes noires. Elle tournait et retournait dans l'entrée de l'immeuble, en pantouffles, ne se décidant pas à remonter chez elle. Elle avait tout vu, tout entendu ! Il y avait des allées et venues.…

Elle écrivit à la régie pour la prévenir de ces méfaits et attendait tous les jours une réponse, ce pourquoi elle était descendue à la boîte aux lettres.

Puis elle se mit à jeter ses déchets par la fenêtre de la cour.

Son neveu venait toutes les semaines pour la voir. Il la tranquillisait, lui faisait la conversation. Il ne remarqua rien jusqu'à ce que le Dragon-4°exigea qu'il nettoya la cour !

Puis Dragon-4° voulant se débarrasser de ce sujet encombrant, fit signer une pétition pour l'éjecter de son appartement, dont l'Anti-Poufiasse était propriétaire… Pachyderme, n'y tenant plus de ses nuits sans sommeil, signa !

Dragon-4° alla même jusqu'à porter plainte contre elle au commissariat de police ! Pachyderme approuva.

En fait l'Anti-Poufiasse était atteinte d'une maladie d'Alzheimer…

 

à suivre…

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Spectacle pour Perché

 Petites histoires de Pachyderme

Le Chat Perché de Pachyderme était au spectacle : les moineaux étaient en plein repas sur le bord de la fenêtre Ouest. Accroché à une branche du lilas banzaï, penché sur la mangeoire, caché dans le pétunia, attendant son tour sous les graminées, ils étaient là, occupés à s'alimenter. Perché était là aussi, tendu comme la corde d'un arc, les oreilles dressées, la queue actionnée comme un métronome, les yeux fascinés presque hypnotisant… Il poussait de petits cris réguliers…  Entre lui et les moineaux : la vitre. Tous les matins, les pioupioux allègres l'allertaient derrière le volet. Il était près, la vie commençait, la fraîcheur du matin incitait à se bouger : il y avait du spectacle et tous ses instincts de chasseurs étaient en éveil. Puis les moineaux s'envolaient… et il attendait qu'ils revinssent !

Puis l'heure passait, c'est à dire, la chaleur montant dans la ville, les moineaux changeaient de lieu. Perché alors changeait d'activité… il allait se promener dans les cours où d'autres aventures l'attendaient dans la journée.

Les moineaux revenaient dans l'après-midi à diverses heures selon la saison. Ils passaient, triaient les dernières graines de blé, laissaient le millet… Mais Perché à ce moment-là soit n'était pas encore là, soit avait entamé sa sieste… Couché sur le côté, les pattes sur les yeux comme pour s'isoler de la lumière, il profitait du lieu et de sa sûreté. Un chat heureux pensait Pachyderme qui n'en avait pas la capacité… 

 

à suivre…

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La Gueularde & Fils

Petites histoires de Pachyderme

La Gueularde n'habitait pas le même immeuble que Pachyderme, mais au bout de la rue, pour ne pas dire qu'elle habitait la rue !

Elle aurait été placée là avec son fils de 19 ou 20 ans pour désengorger un quartier chaud socialement. Du coup elle échauffa toute la rue dès son emménagement, par ses manières de vivre, d'être. Elle ne parlait pas, elle clamait, sans effort. Elle ne savait pas converser, ni être discrète : en fait, elle soumettait de la voix, des gestes, des propos, par ses manières. Sa voix était son premier instrument de domination. De son logement, par la fenêtre ou de loin de son canapé, elle dominait la rue et guettait de l'oreille et de l'œil qui passait, qui allait, qui discutait ; elle se fit rapidement un/son répertoire de gens qu'elle interpellait ou harcellait.

Bref en un mois, elle se fit une réputation dans un coin de ville qui n'avait connu pareils comportements.

Sur le trottoir, elle avait un avis sur tout et tous,

elle s'imposa faisait la loi, sa loi, apostrophant les uns, poursuivant les autres, dénonçant certains, vitupérant… Avec une autre commère du moment, elles s'alliaient pur faire des tours à des couples, à des femmes, elles faisaient peur aux enfants, aux fragiles.

Son fils était du même gabarit : on l'entend de tout le pâté de maisons et on le surnomma donc le Gueurlard. Il n'était pas très intelligent, plutot limité, beau gosse, grand et bien bâti. Il se croyait irrésistible, invulnérable et doué. Il amena des copains de son ancien quartier et commença son cirque sur le trottoir : Ils occupaient la place, pour passer il fallait les contourner, descendre du trottoir entre les voitures. Il n'agressait pas de prime abord, il saluait pour tater le terrain… plus tard, il demanderait quelque chose. Ces coréligionnaires ricanaient bêtement, suivaient le mouvement. À la phase suivante, il engageait la conversation en modulant la voix et en cherchant comment abuser de la personne. Cela commença à fonctionner, surtout avec les jeunes femmes. Elles ne voyaient pas de mal à répondre, à rendre service. Mais aux passages suvants, il devenait plus pressant.

Sa petite bande faisait aussi des virées, avec des mobilettes stridentes qui tournaient et repassaient en sens interdit, envahissaient les rues voisines comme des gosses essayant leurs nouvelles bicyclettes, par des rondes sonores, répétées et énervantes : ils occupaient le terrain. Puis lassés enfin de leur tours stériles, ils s'échappaient sur un ordre du chef et allaient se faire voir ailleurs. Ils retournaient dans l'ancien quartier, où les gens excédés les apostrophaient ou les fuyaient. Puis ils allaient dans des galeries commerçantes, essayaient de soudoyer quelques employés pour avoir des articles : ils n'avaient pas d'argent pour payer. Parfois, ils volaient, mais pas très malins se faisaient repérer.

La bande était mince et pas maligne, mais s'essayait à la fourberie de gros calibre. Certains nouveaux ne restèrent pas : pas assez d'envergure ? de charisme ?

Le Gueulard s'essaya aux affaires : trafic de cigarettes,d'animaux, de drogue, de voitures. Ils démontaient des voitures qu'ils essayaient de réparer sur le trottoir. Pour passer, il fallait alors enjamber les morceaux de carlingue, les batteries et les autres pièces détachées en faisant attention de ne pas rouler dessus.

La Gueurlarde admirait son fils plein d'initiatives, le soutenait, le promouvait. Elle invectivait les gens qui se plaignait et rabrouait la police qui venait pour les trafics…

à suivre…

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L'Automne avec Pachyderme

Petites histoires de Pachyderme

L'automne était arrivé tôt cette année, dès la fin août la fraîcheur du climat avait surpris les habitants en sandales et aux bras nus. L'amplitude thermique voisinait les 18°C avec un vent frais et de la pluie intermittente.

On n'avait pas encore allumé le chauffage, on se contentait encore des chandails et vestes, des chaussettes et des foulards.

Les flaneries au soleil à la pause de midi étaient écourtées, on se pressait le soir pour rentrer après les courses. On vivait à nouveau avec les fenêtres fermées… Il fallait allumer l'éclairage plus tôt, les réverbères suivant l'arrivée du crépuscule insinuait que la nuit arrivait. Les soirées se faisaient à l'intérieur, souvent devant le téléviseur ou avec un livre, une couverture sur les jambes et la robe de chambre sur le dos.… Les couvertures couvraient les lits et nombre de personnes dormaient volets et fenêtres closes la nuit.

Le soir, on refaisait de la soupe, on mangeait aussi chaud à midi. Les ustensiles changeaient : on mitonnait, on bouillait ; finis les repas froids préparés à la va-vite, et légers ; il fallait à nouveau du consistant. On mangeait plus de viande, moins de thon, sardines, maquereaux, d'œufs, de cœur, de saucisses de toute sorte et des autres charcuteries. On passait aux viandes cuites y compris les poissons. On délaissait les légumes frais d'été (tomates, poivrons, aubergines, courgettes, radis), pour plus de légumineuses, de féculants. Venait le temps des poires et des pommes, des carottes et des navets plus des poireaux… L'arrière saison était là !

Voilà l'automne en France, parfois en octobre, parfois en septembre. De belles journées d'arrière saison étaient attendues, mais cette année, il n'y avait que fraîcheur et menace de pluie. Les oiseaux ne s'attardaient pas jusqu'au crépuscule, ils disparaissaient avant 18h.

Pachyderme commença à tourner en rond : ses escapades dans le square limitrophe pour voir du monde s'écourtaient et s'espaçaient dans la semaine. Pas envie, non qu'il eut froid vraiment grâce à son embonpoint, mais son moral suivait le gris du ciel. Moins de gens flanaient, donc moins d'opportunité de converser.

Lui, s'habillait toute l'année de gris et de noir. Il mettait des couches supplémentaires à la mauvaise saison. Jamais on ne l'avait vu avec du rouge ou du bleu, encore moins du vert. Quant à sa nourriture, c'était charcuterie et fromage + pain, pommes, toute l'année. Tiens cette semaine il avait acheté du raisin de saison !

Il songeait qu'avec cet automne précoce, on entrait dans une période morose et intérieure de huit mois. Comment s'occuper hors du travail ? Il n'était pas ouvert aux opportunités, craignait les groupes, n'avait pas de passion et se retrouvait tout seul. L'automne était l'heure de se trouver en face de lui-même une fois de plus.

 

à suivre…

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Le Petit Paradis de Pachyderme

Petites histoires de Pachyderme

Pachyderme avait son Petit Paradis sur terre : c'était la cour de l'immeuble.

Une voisine y avait fait des plantations au cours des années passées : des arbustes ou des lianes y fleurissaient régulièrement, des arbres apportaient de la verdure tout au long des trois saisons de feuilles et de la fraîcheur l'été. Il y avait une allée dallée, une table et deux bancs, des allées vagabondes qui faisaient le tour du jardin. C'était joli, gai, agréable et Pachyderme y faisait son petit tour le soir en rentrant du travail et quand sa petite fille venait le voir quelques fois.

Certes c'était la fin de la ville et les jardins y étaient nombreux. Mais les cours à côté, dans le reste de l'immeuble n'étaient pas aussi bien entretenues. Des entreprises "de jardinage" y étaient mandatées par des régies d'immeubles inconséquentes et incompétentes, pour 200€ le passage. Dans l'une des cours, 4 passages étaient prévus à l'année : par un printemps sec, les entreteneurs de jardin étaient venus en mars, avril, mai, juin pour tondre ! Les saletés tombées des fenêtres étaient restées, l'herbe était jaune et rare, mais ils avaient travaillé une heure ; donc une facture avait été envoyée… 4 fois !

Dans une autre cour, une voisine avait planté des iris, des rosiers et des danseuses. Les autres entreteneurs de jardin avaient tout tondu ! Y compris les mauvaises herbes, qui elles repartaient drues ! 250€

Dans l'autre cour, ils venaient de faire le ménage : les tables et chaises de jardin avaient disparu, ainsi qu'un vieux rosier, le dernier prunier. Les spirés et les annettes, les pervenches et les iris avaient succombé. Par contre la potentille foisonnait ainsi que la renouée du japon.

Perché était très pertubé par ces interventions barbares. Pachyderme constatait impuissant ; la jardinière fulminait…

 

 à suivre…

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