divagations du début-XXI°siècle

Se Débarrasser des Encombrants

Petites Histoires de Pachyderme

Peu de temps après son arrivée dans l'immeuble, Citoyen Je Sais Tout, descendit sur le trottoir un canapé dont il ne voulait plus. Sa compagne avait déserté le logement et la ville même, et il décida qu'il n'en avait plus besoin. Placé à la vue de tous, il espérait, sans trop s'en soucier que quelqu'un en aurait besoin et l'emmènerait… Le clic-clac était en tissu, aux couleurs passées : on se doutait qu'il avait beaucoup servit et à plusieurs personnes… Le meuble resta plus de trois mois debout contre le mur de l'immeuble : personne n'en avait voulu, personne n'en voudrait… Les poussières de la ville s'y accumulèrent, bien fixées par les pluies régulières à défaut d'abondantes. Lui faut ensuite adjoint un meuble de salle de bains, puis une chaise à trois pieds, descendus par d'autres voisins qui trouvaient le procédé fort pratique. Le cycle était enclenché, car il inaugurait une longue série de dépôts mobiliers dans la rue : chacun laissait ses reliefs à la charge du voisinage.
À force de signalement, la mairie "dépêcha" un camion pour enlever lts meubles…
Mais à peine trois semaines plus tard, d'autres voisins laissèrent une lampe, un matelas, une table basse  défoncée, un réfrigérateur, puis un autre… on eut aussi un lave-linge, des sèchoirs à linge démantibulés, de gros cartons d'emballage qu'on avait la flemme de plier dans les poubelles.…

Plusieurs années plus tard, du nouveau mobilier arriva chez CJST : des copains s'expatriaient et redistribuaient. Aussitôt une commode, un fauteuil prirent place sur le trottoir pour laisser l'espace aux nouveaux élèments.

Cela exaspérait le v oisinage, enfin certains voisins puisque les autres se délestaient…

Monsieur Je Fais RIen, le grand copain français de Citoyen Je Sais Tout, avait une autre méthode : il mettait son surplus dans les espaces communs de l'immeuble. Il attendait, mine de rien que l'agence de gestion fasse le ménage aux frais du voisinage. Ont eut une table basse  en bois en bon état, une batterie de voiture, un pneu, une corbeille de bureau, une centrale vapeur, etc… tout ce qu'il avait récolté pour l'expédier au bled et qui n'avait pas trouvé preneur.
Le pire fut les deux dernières années de la location de MJFR : il changeait de sous-locataire régulièrement et il virait alors une partie du mobilier tous les trimestres. Lit, matelas, canapé, autres meubles en pièces détachés pris on ne sait où et qu'il remplaçait jusqu'à échoués en sous-sol.
À chaque fois c'était quelques deux cents euros de déplacement et d'enlèvement.

Un jour CJST descendit avec une grande lampe articulée ; Jardinière était à sa fenêtre en train de prendre le soleil ; alors qu'il déposa l'objet vers une autre entrée, un peu plus loin de la sienne :
-c'est pour le décor ? lui lança t-elle de loin…
Pris sur le fait, CJST fit mine de rien et alla jusqu'au conteneur de déchats où il plaça l'objet encombrant. Ce fut la seule fois où il se fit prendre. La lampe partit pour l'usine d'incinération alors qu'il avait une voiture et aurait pu la porter à une recyclerie… N'est pas éducateur qui peut !

à suivre…
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Inverti*

Petites histoires chez Pachyderme…

Par devant il était tout sucre, en coulisse il était le hérault médisant du pâté de ville, tout en vinaigre… Il colportait, mentait, s'infiltrait, mais en fait regrettait l'armée, son esprit de corps, sa vocation et son image organisée. Militaire contrarié, il se voulait droit dans ses bottes, strict, fier, modèle svelte et hypocrite à souhait.
Il était passé à la télévision locale comme médiateur de sécurité, seul moyen qu'il avait trouvé pour être proche des forces de l'ordre.
À chaque commémoration, il sortait son drapeau tricolore à la fenêtre.

C'était aussi un fanatique de chats : ces animaux placides qui, l'œil à peine ouvert vous observait sans en avoir l'air, vous espionnait d'une oreille et paraissaient absents, mais souvent tapis non loin, sournois, doux et indépendants, mais vifs à la riposte. La Dragonne-IV/4 l'aidait d'ailleurs à nourrir les chats de la rue, bêtes à moitié sauvages, prolifiques et dégénérés.

L'inverti avait une devise : "mieux vaut s'accoquiner que subir". Il fit donc ami-ami avec la Véroleuse qui l'introduisit auprès de Sans-Gêne. Ils formaient une bande avec des tentacules qui le préservaient des retours de bâtons.

Quand on voulait savoir quelque chose, il suffisait de ne pas lui poser la question à laquelle on voulait une réponse… c'était l'inverti.

 à suivre…
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Julie ne s'en Fait pas

Petites Histoires de Pachyderme

-"Bonjour Madame !" lança Godiche à la mère de Julie… en descendant à la cave…
-"Bonjour ! L'agent d'EdF est-il déjà passé svp ?"
-"Je ne crois pas, avez-vous regardé dans la boîte aux lettres s'il a laissé une carte-réponse ?"
-"Bonne idée avant que je monte : je n'ai pas pu venir plus tôt parce que j'étais chez le médecin…"
-"Pourquoi Julie ne laisse-t-elle pas son index à la porte, sur l'avis de passage, cela vous éviterait de l'attendre !"
-"Ah mais elle préfère que l'agent puisse voir lui-même !"
-"Et vous allez poireauter jusqu'à ce qu'il vienne ?"
-"oh c'est pas bien grave si je ne l'ai pas manqué !"
Je vois bien ma mère se déranger de sa banlieue pour ouvrir la porte à EdF, pensa la Godiche… En plus ses parents habitent plus loin que les miens…

Quand Julie fut hospitalisée, sa mère venait tous les jours nourrir le chat. Godiche s'offrit donc de monter pour lui épargner les trajets. Mais finalement, le chat partit chez ses parents.

Julie partait en vacances tous les étés. Sa mère venait lui arroser ses plantes tous les deux jours… Alors, elle mettait le double d'eau pour qu'elles tiennent 48h… Cela débordait sur les stores des voisins du dessous… de l'eau avec de la terre, des élèments végétaux.
La Jardinière lui dit à son retour : "Vous croyez que vos plantes ont appr!s à nager ?"
-"???"
-"la prochaine fois mettez vos plantes dans l'escalier, on les arrosera pendant votre absence !"
Mais Julie ne fut pas capable de garder ses plantes jusqu'à l'année suivante. C'était trop à s'occuper.
Elle rentrait le soir, se douchait, donner à manger à son chat qui était resté seul toute la journée… Elle mettait des vêtements qui la mettaient ene valeur, se maquillait, se parait, puis redescendait. On entendait le claquement de ses talons sur les marches en ciment. Elle revenait vers une heure ou deux heures du matin, épuisée de sa journée de travail et de sa soirée en boîte avec ses amis. Quelques heures plus tard elle partait travailler. Quand aurait-elle arrosé des plantes ? D'ailleurs elle ne savait pas faire !

On croyait que Julie était fille unique.
Mais un jour, elle monta les escaliers avec un joli bambin à la bouille ronde et aux yeux semblables aux siens…
-"Il est mignon ce petit !" lui dit Godiche
-"C'est mon neveu !" répondit fièrement la Tante…
-"Vous en avez d'autres sur ce modèle ?"
-"non mon frère n'a pas encore d'enfant…"

à suivre…
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Histoires de Pachyderme

Petites Histoires chez Pachyderme

Pachyderme était un peu sourd, càd dur de la feuille. Il avait aussi des problèmes de mémoire, dans le sens où, il ne retenait pas ce qu'il apprenait, pas plus ce qu'on lui disait : deux minutes après avoir été entendu, il ne se souvenait même plus du sujet abordé ou si le thème lui restait, il oubliait le contenu…
Cela le rendait malheureux. Il avait donc du mal à se faire des camarades, car il donnait l'impression de ne pas s'intéresser aux gens. Comment demander des nouvelles, si l'on ne sait pas à propos de quoi !

Pourtant quand on discutait avec lui, il donnait l'impression de tout savoir sur tout et tout le monde…
Serait-ce son chat qui l'informait ? Était-ce les réseaux sociaux qui le tenaient au courant ?
C'était un peu plus compliqué en fait !

Comme il n'entendait qu'environ la moitié de ce qui se disait et qu'il ne retenait que partie de ce qu'il comprenait : il inventait le reste… Et ça il le mémorisait ! 
Il ajoutait des bouts de conversation à des observations personnelles, il mêlait des bribes de discussions et il imaginait la suite…
Quand ensuite il parlait avec ses interlocuteurs, ils le trouvaient très au fait, ou se trouvaient fort ahuris.…
C'est ainsi que
-l'Anguille ne pouvait pas boire un coup avec les voisins parce qu'elle avait un compagnon, alors qu'elle déménageait sa mère,
-la fille-adolescente du Caraïbéen ne mangeait pas dans la cour avec son père et Pachyderme, parce qu'elle n'avait pas le droit d'être avec des hommes, alors que à son âge on préfère les émissions d'ado à dîner avec des vieux,
-la Godiche avait travaillé dans le Golfe ou en Arabie Saoudite, alors qu'elle n'avait jamais quitté l'Europe,
-les appartements vides ont reçu leurs nouveaux locataires, ils sont venus la fin de semaine de Pâques, alors que le carrelage n'est pas terminé, il n'y a pas l'électricité et les peintures ne sont pas faites…
-des voisins se mettaient à déherber la cour-II, ils s'essayaient au jardinage, ils vont faire un potager et vendre leur production aux autres voisins…
-une petite voiture brûle dans la rue un soir…  la banlieue descend en ville, d'autres seront incendiées, alors que c'est une défaut bien connu de la boîte électrique qui a mis le feu…
-l'immeuble avait été spolié à des Juifs pendant la II°Guerre-Mondiale, alors qu'il s'agissait d'un appartement de l'angle,
-etc…

Il racontait ses histoires d'un air tranquille de celui qui sait, et embrouillait son monde…

à suivre…
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Arrosages

Petites Histoires chez Pachyderme

L'arrosage ne se faisait que pendant les temps de sècheresse, comme les derniers printemps et l'été ; une année il fallut arroser aussi l'automne, tellement le climat était sec, sinon aucune plante n'aurait pris ou n'aurait survécu. En automne on n'arrosait alors qu'une fois par semaine, en été c'était tous les jours !

Véroleuse, Jardinière, Godiche, Garce s'occupaient de l'arrosage de leur cour, chacune à sa manière…
Garce n'arrosait que ses plantes, devant chez elle, avec un arrosoir, car elle prenait l'eau chez elle…
Godiche arrosait les plantes en pots et les arbustes avec des seaux qu'elle remplissait au robinet commun…
Jardinière arrosait un peu tout avec des bouteilles de deux litres qu'elle approvisionnait de chez elle.…
Véroleuse avait acheté un tuyau jaune qu'elle branchait dans sa cuisine, elle arrosait abondamment pour rafraîchir…
Inverti arrosait tout, un peu. Il empruntait le tuyau à Véroleuse, car ils s'entendaient très bien : c'était à qui avait le plus beau jardin. Il avait semé du gazon dans son secteur et avait fait de la cour un vrai tapis de golf.

De temps à autre dans les cours, il y avait des arrosages, mais on s'y ennuyait ferme, car  l'animosité, la concurrence, règnaient, et à part les banalités, les gens avaient peu de choses en commun et peu de choses à se dire, ni à partager. Les têtes à têtes étaient plus fructueux, aussi ne mangeait-on ni ne guinchait-on pas ensemble.
Les nouveaux arrivants essayaient de mettre des rendez-vous de convivialité, mais cela ne prenait pas. Au bout du second, les emplois du temps ne coïncidaient plus, les évitements se faisaient jour…


Lors des arrosages du premier type, les chats observaient le rituel d'un œil ; certains s'enfuyaient ; Rajah, lui participait : il se postait devant les plantes à arroser, puis grattait la terre mouillée… Perché se demandait s'il allait être dérangé par l'eau, regardait placidement : "changerait-il éventuellement de place ?" se demandant s'il allait lui rester une place sèche pour se rouler dans la terre. Nefertary jouait avec le tuyau qui remuait ; Nefertiti s'amusait des gouttes…

Il paraît étonnant que cet apport d'eau ne fût pas source de discorde.

à suivre…
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Garce*

Petites Histoires chez Pachyderme

La Garce habitait au rez-de-chaussée, dans l'aile nord de l'immeuble qui formait un L. Elle n'avait jamais eu l'air sympathique avec sa manie de regarder par en dessous et de ne pas voir les gens. Elle faisait aussi des coups tordus aux voisins, et en transférait la responsabilité aux autres.
Elle fréquentait la paroisse, avait ses œuvres, et semblait très appréciée par certains.
Elle cultivait une petite partie de la cour que partageaient quatre montées d'escaliers, mais elle ne supportait pas qu'on y aille. Elle y mettait ses fleurs et son linge sur ses propres fils de sèchage. Il y avait un autre étendage au milieu pour tout le monde, mais elle essayait de dissuader les voisins d'y pendre leur lessive.

Un après-midi d'été alors qu'il faisait chaud, la Godiche proposa à Autiste de prendre l'air dans cette cour qui était abritée du soleil. Popeye était tout content d'être dehors, et Rajah les rejoignit. On étala une grande couverture pour y installer l'enfant handicapé et les deux femmes s'assirent sur les deux seules chaises de jardin qui existaient et que quelqu'un avait laissé au bénéfice de tous après son départ de l'immeuble. Les deux femmes discutaient, doucement, chantèrent un peu avec l'enfant, changèrent de place en même temps que le soleil se déplaçât dans le carré de cour, mais restaient vers le fond sous les arbres.
La Garce observa le manège à plusieurs reprises, depuis sa fenêtre, alors qu'elle recevait des visiteurs. L'après-midi dura juqu'à 17h/18h. Elle finit par fermer sa fenêtre tout en opinant de la tête….

Dans la semaine qui suivit, la table et les chaises de jardin disparurent.
On s'étonna.
Un voisin regarda dans les caves et découvrit les deux chaises de jardin entreposées au sous-sol de la Garce : la table avait disparu. Godiche et Mughlaqa interrogèrent les habitants. Puis Mughlaqa eut l'idée d'aller voir le donateur du mobilier qui avait déménagé à quelques rues de là : la Garce était passée par son magasin pour lui dire de récupérer ses meubles de jardin qui ne pouvaient plus rester dans la cour !
Quand on l'interrogea afin de savoir pourquoi elle avait agi ainsi, elle dit qu'elle n'y était pour rien…

à suivre…
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Pachyderme Niqué

Petites Histoires chez Pachyderme

Pachyderme demanda à la Godiche de lui prêter sa clé de la cour pour en faire un double, car il ne savait ce qu'il avait fait du sien.
"Ça tombe bien lui répondit-elle, j'en ai justement un fait pour un voisin qui n'est pas venu le chercher !"
-"Je préfère faire le mien chez un copain, car c'est moins cher : il me le fait à 9€, alors que vous, vous l'avez fait à 13€ !"
-"ah bon, je me serais fait avoir dans ce quartier de riches !"
-"non c'est les prix de ces clés spéciales, mais celui à qui j'ai demandé est un copain, il va me faire un prix !"
-"dommage !' dit la Godiche, celle-ci me reste sur les bras…
Elle lui tendit une clé pour qu'il fasse sa copie pas chère.
-"j'y vais cet après-midi, je vous la ramène ce soir." et il repartit en roulant des épaules : il allait faire une bonne affaire…

Évidemment le soir venu, Pachyderme ne ramena pas la clé…
Il réapparut à sa porte le lendemain vers midi…
-Alors il vous l'a faite à 9€ ?!"
-"oui, c'est un bon copain !" et il lui tendit une clé pour la lui rendre…
Quand elle sentit la clé sous sa main, elle la trouva neuve…
-"Vous me rendez la vôtre !" dit-elle à Pachyderme, "vous vous êtes trompé, la mienne est plus émoussée…"
-"Je ne sais pas, elles sont pareilles…"
-"Et bien on va voir !"
Elle l'invita à la suivre jusqu'au rez-chaussée. Elle précisa :
-"La targette en haut est un peu dure, mais il suffit de la pousser un peu vers le bas…"
Elle enfila la nouvelle clé dans la serrure, et tourna. Quand elle voulut ouvrir la porte, la serrure était toujours fermée…
-"Tiens dit-elle quelqu'un ne l'a pas fermée hier soir !"
Elle tourna dans l'autre sens, la serrure restait en positon fermée à double tour…
-"Essayez donc ?" lui fit-elle en l'invitant ainsi à constater par lui même. Il tourna dans un sens, dans un autre… rien n'y fit, la porte ne s'ouvrait pas… 
-"Donc c'est bien votre clé qui ne fonctionne pas ! Allez donc me chercher la mienne svp !"
Pachyderme était stupéfait…
-"Putain de sa race, il m'a niqué le mec !"
-"Voilà pourquoi mon double fonctionne, il est plus cher, mais il est fiable !"
-"Je me suis fait avoir de 9€ ! Le mec m'a niqué !"

Pachyderme remonta avec sa fausse clé, rouvrit sa porte, éteignit la sirène d'alarme et trouva la clé de la Godiche. Il lui redescendit.
À l'examen des deux, on sentait bien une neuve et une déjà utilisée. D'ailleurs l'ancien double avait perdu de sa dorure sur le dos.
-"J'ai perdu 9€… je me suis fait niqué…"
-"Mais peut-être ne l'a-t-il pas fait exprès ?" c'est peut-être juste un ajustement, puisque votre double entre, mais ne fonctionne pas…"
-"oui, je vais retourner le voir, il y a une petite différence de hauteur…"  expliqua-t-il en les examinant de près.
-"si ça ne fonctionne pas, il vous la remboursera certainement !"
-"Faîtes m'en faire un double, vous, je vous donne l'argent… Vous irez m'en faire un double dans les prochains jours… enfin quand vous pourrez !"
-"Si vous voulez… mais pas aujourd'hui, je ne sors plus et demain je suis occopée, donc la semaine prochaine !"
Il chercha son porte-monnaie et sorti un billet de dix euros et dans la poche trouva deux euros.
-"j'ai pas les 13€." avoua-t-il
-"Vous me les donnerez quand je vous rapporterai la clé !" concilia-t-elle.

Pachyderme remonta à son étage, tout mari des dépenses inutiles qu'il avait engagées.
Godiche se demanda
-"Pourquoi veut-il une clé maintenant ? Il ne va jamais dans la cour et cela fait plus d'un an qu'on a fermé la porte à clé !"
En effet Pachyderme ne venait jamais seul dans l'espace commun, il s'y trouvait trop seul. En plus l'été le bâtiment emmagasinait la chaleur dans la journée et l'accumulait. De sorte qu'il y faisait chaud même le soir, quand le soleil était déjà passé de l'autre côté de l'immeuble depuis plusieurs heures. Pachyderme ne quittait jamais son appartement sans actionné la sirène anti-vol, même quand il allait chez un voisin à trois mètres, il la mettait en route : alors descendre son petit déjeuner, s'installer sur la table du jardin, noter qu'il manquait quelque chose, remonter les deux étages avec ses cent vingt kilogrammes, désamorcer la sirène, prendre ce qu'il était venu chercher, réactionner la sirène, fermer sa porte dans les trente secondes, redescendre, lui était trop lourd. Donc il se contentait de prendre ses repas la fenêtre ouverte donnant sur les arbres…

Le lendemain, il frappa à la porte de la Godiche :
-"Vous avez pu faire mon double ?" lui demanda-t-il
-"ben non, je vous avais dit la semaine prochaine, je vous avais dit que j'avais à faire…"
-"Dommage, j'aurai aimé l'avoir…"
-"Ben prenez celle-ci, au moins elle fonctionne !"
-"Mais vous ?"
-"J'en ai une autre ! Je m'en ferai faire une à l'occasion, pour moi…"

Pachyderme repartit avec une clé fonctionnelle, mais ne descendit pas dans la cour les jours suivants…

à suivre…
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Mughlaqa*

Petites Histoires chez Pachyderme

Mughlaqa saluait parfois les passants depuis ses fenêtres du rez-chaussée, elle faisait un brin de causette avec les voisins, parfois elle fermait tout et elle-même : elle ne voulait plus voir personne.

Elle connaissait beaucoup de monde. Elle avait un fils handicapé moteur, très gentil et souriant, qui vivait en fauteuil roulant. Grâce à lui, beaucoup de gens parlaient à Mughlaqa pour demander des nouvelles de son fils quand il était en pension.
Il avait commencé à parler vers douze ans, par double syllabes : il disait "boire", chocolat était "colat", "téo" pour "météo", "rmir" pour "dormir" et sa mère décodait, comme toutes les mères du monde…

Elle avait travaillé longtemps pour l'hôpital du coin et n'avait pas supporté la nouvelle méthode de travail qui minutait chaque geste. Le lien avait les collègues était devenu un luxe et les employés avaient même du mal à fumer une cigarette pendant leur temps de pause. Il fallait toujours courir : courir chercher les dossiers des patients, courir apporter le matériel aux infirmiers, courir transmettre un courrier de médecin, courir nettoyer un dégât, courir d'une consultation à l'autre. Elle tint un temps, puis démoralisée tomba malade. Elle fut arrêtée quelques semaines, puis quelques mois, puis repris le travail enfin, mais transférée dans un autre service où elle ne se reconnut pas, elle retomba malade et fut mise en invalidité. Elle ferma ses fenêtres et sa porte : elle se mura dans le sombre et le silence. La maladie que le travail avait canalisée les années précédentes, s'aggrava…  et la société compta un handicapé de plus !

à suivre…
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Radio & Télévisions Françaises

*et la presse en France… ?

À quelques exceptions près, les radio et les télévisions nationales françaises sont gravement atteintes de tropisme parisien. Tout est décrit, analyser à partir d'un seul angle de vue : la capitale. Et pas n'importe quelle capitale : Paris. La ville par excellence, du savoir, de l'arrogance, du monde français. On parle des provinces ou des régions quand il y a un évènement, de préférence dramatique, ou encore important pour les Parisiens.

Même en ce moment où dans toute la France se sont levés des mouvements de manifestation, démocratiques au départ, la principale information sans cesse mise en avant est : les dégâts faits à Paris. Le point de vue local n'y est abordé que de point de vue anecdotique.

Périodiquement et régulièrement on parle de la France,
-lors des péripéties climatiques,
-du salon de l'agriculture,
-des vacances,
Depuis Paris c'est œuvre démocratique, depuis le reste de la France, c'est toujours vu de Paris.
Or la France, c'est tout le reste du pays, Paris ne ressemble qu'à lui même, n'intéresse que lui-même, s'autogénérant et donnant la nausée au reste du pays. Nous sommes les restes !

Mais en fait, qui s'étonne à Paris que certaines métropoles soient sous un pic de pollution sans mesure de protection ? Mais si Paris est en ciculation discriminée, cela fait des info, des débats, des explications, des interventions…  Est-ce cela la république ?

 

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RV de 11h

Petites Histoires de Pachyderme

"Tous les jours vers 11heures quelqu'un sonne à mon interphone : est-ce vous ?" demanda Pachyderme à la Godiche.
Godiche lui répondit, "si j'avais besoin de vous parler je monterai les étages, je n'irai pas à la porte de l'immeuble pour vous sonner !"
-C'est bien ce que je pensais…"
Depuis qu'il était en congé maladie, Pachyderme s'ennuyait ferme. Il s'était cassé le pied et en avait pour plusieurs mois enfermé entre ses huit murs. Il se prélassait donc le matin tard, pour avoir des journées plus courtes. Or régulièrement on sonnait à son nom et personne ne répondait quand il décrochait. Alors il échafaudait un scénario :
-Ils continuent.…"
-??"
-ils me surveillent ! ”

 à suivre…
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