Il était assis à la fenêtre, le nez au dessus du vide, la queue oscillant lentement dans la pièce, les oreilles dressées, se tournant vers l'avant, puis vers l'arrière, attentives à ce qui se passait à l'intérieur de l'appartement, comme à ce qui survenait dans les cours. À son attitude, on aurait pensé qu'il était philosophe, mais pas du tout.

Il dominait son empire : cinq cours à s'occuper, surveiller les allées et venues, vérifier l'identité des intrus ou supposés, 3 murs d'enceinte à contrôler, plus les explorations des alentours du domaine. Passer d'un appartement à l'autre, converser avec certains habitants qui savaient miauler, observer les autres, se faire caresser, recevoir des offrandes, tel était l'emploi du temps du Perché, mais c'était sans compter les nombreuses pauses. Caché sous un buisson, sur un mur, ou à même la terre en fonction des saisons : il méditait. La nuit il vadrouillait au delà de son périmètre. Il traversait les avenues alentours, sans aucune notion du dangereux trafic routier.

À l'heure du petit déjeuner de Pachyderme, la ville était éveillée, mais l'intensité des mouvements ne se faisait que plus tard. Les oiseaux considéraient les espaces verts comme leur territoire. Ils passaient d'arbre en arbre, certains trouvant des fruits, des graines, d'autres cherchant des insectes. Les merles passaient des arbres fruitiers au sol qu'ils grattaient pour récupérer des vers de terre. Ceux-là étaient plus nerveux, car les prédateurs au sol étaient plus nombreux. Les corneilles se juchaient dans le grand pin et y faisaient du remue-ménage avec leurs ailes et leur croassement pour signifier que là étaient leur siège. Les moineaux piaillaient dans les sureaux à qui mieux-mieux. Les mésanges, comme timides ne s'aventuraient vers les aliments que lorsque tout était "normal" ; les rouge-gorges étaient furtifs. Deux tourterelles passaient en visite, mais plus tard dans la matinée. Rien que du banal pour une ville. Mais c'était un feuilleton quotidien pour le chat Perché sur son promontoire.

Pachyderme était ravi de ces scènes matinales, où le jour était encore vierge de ses affres habituelles. Il aimait cette harmonie et l'animation sonore qu'il écoutait depuis sa table de petit déjeuner.

Au milieu de la matinée, en été, les oiseaux partaient se réfugier dans d'autres aires de la ville : probablement dans les parcs. On ne les revoyait plus avant le soir. L'hiver ils restaient plus présents dans la mosaïque verdoyante que formaient les jardins vus du ciel.

 à suivre…

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