*Nombre de Français vivent sous un calendrier de travail très particulier ; qu'il s'agisse des média audio-visuels, de la presse, des associations, des établissements scolaires, et certaines administrations,  du monde politique : le nombre d'heures travaillées s'éparpille entre des impondérables.

•Dans un reportage, un guide chinois cynique expliquait à des touristes de même langue qui visitaient la capitale, ce qu'était la vie des Français : "en hiver ils sont malades, donc ne vont pas travailler. Quand arrive le beau temps du printemps, ils font grève et manifestent. En été ils sont en vacances normales. En septembre ils sont perturbés par la rentrée des vacances, des classes, des projets, des dossiers. Mais arrivent à nouveau les vacances d'automne, puis les fêtes de fin d'année.  En tout ils ont travaillé quelques mois".

•Examinons la cadence réelle : qui a côtoyé certains milieux s'est rendu compte qu'il ne fallait pas compter faire quelque chose pendant certaines périodes :

En septembre, on commence par quelques semaines d'activité intense : les emplois du temps sont faits, organisés, la vie peut prendre un rythme de croisière. Il fait encore beau : c'est l'automne. En octobre il faut se mettre au travail… jusqu'à la Toussaint. Tout se bouscule, il faut faire vite avant les visites aux ancêtres : donc le mois travaillé est d'environ 3 semaines. Invariablement un agent qui répond au public normalement est absent, les parents d'élèves sont débordés, les associations lèvent le pied une semaine avant cette fête importante.

En novembre, il devient opportun de faire tout ce qui avait été prévu en automne, car de Toussaint à la st-Nicolas, plusieurs fêtes perturbent l'activité : selon les années, il y a le pont de la Toussaint ou du 11-Novembre, qui s'ajoutent aux vacances…

On carbure à plein, tant et si bien, que tout tombe le même jour ou le même soir. Tout est en route et il faut suivre… mais

Dès le mois de décembre, c'est la Trève des Confiseurs, les gens ont la tête dans leurs repas de fête, les cadeaux à préparer, les tenues à prévoir, les voyages ou aller-retour à effectuer : tenir une réunion pendant cette période est assuré d'un déficit de participants.

On enchaîne sur janvier avec ses vœux de tous à tous, galettes des rois, festivités se poursuivent, puis succèdent les épidémies : rhum, grippe, angine, gastro, bronchite, et les congés-maladie ou jours de carence, empêchent tout travail d'équipe avec des responsables. Puis arrivent les vacances de Carnaval, 15 jours pour les uns, souvent une semaine pour beaucoup et les m@ls de retour annonce que la personne à joindre revient un peu plus tard.

Arrive une grosse période de travail : mars. Les maladies sont vaincues, les congés sont oubliés, tout peut reprendre. On travaille alors dardard partout… car arrive les évasions de printemps : 15 jours de vacance et il faut tout caser avant… et oui, car après Pâques en fonction des années, vient le joli mois de mai et une série de jours fériés, pont qui vous fait saliver comme une annoncé d'été. Dans les entreprises il faut liquider les jours de congés de l'année précédente. En combinant bien les jours fériés, les RTT on ne travaille que quelques jours dans le mois…

Juin est un mois de plein activité à nouveau : il faut tout termine avant l'été et les congés estivaux habituels. Les réunions, les missions, les comptes se bousculent. Parfois il faut être à 3 endroits à la fois au même moment. Les jours sont les plus longs du mois, donc on fait double journée, non de travail, mais de travail et loisirs… C'est donc très intense dans la vie des gens.

À l'été on lève le pied. Les collègues ne sont pas tous là, il manque des élèments pour travailler, il faut attendre leur retour… Mais à leur retour, c'est vous qui êtes parti… on verra donc en septembre.

Septembre est un mois intense : il faut tout remettre sur pied, tout en même temps, pour tout le monde, après des semaines de langueur ou d'errance. Comme on ne peut pas tout faire en même temps, on se met au plus urgent, et on remet le reste au mois suivant…

Qui veut organiser une réunion, une manifestation ou une fête sans connaître ces repères et ces impondérables est voué à des complications, voire des échecs !

Quand vous voulez programmer quelque chose, de bonne foi et en connaissance de cause, il se trouve inévitablement un jour dans le mois "repéré comme mois de travail" où d'autres organisations auront arrêté le même jour et la même heure et l'on se retrouve avec 3 rendez-vous en même temps ! Si vous positionnez la rencontre pendant une période relâche : c'est bien simple, il n'y aura personne !

On a fait le tour du calendrier de travail français : environ 5 mois de travail réel ! On peut dire que nous avons un doux pays… Un paradis pensent certains de nos voisins…

Attention, cela ne veut pas dire que tous les secteurs sont touchés. Il y a des gens qui travaillent tout le temps, plus que les 35heures effectives… ils compensent la douceur de vivre des autres et font monter la moyenne…