Pourquoi Coureur ?

Petites Histoires chez Pachyderme

Le Coureur était effectivement sportif, il en avait toutes les panoplies : athlète, marin d'eau douce, motard, pétanqueur, etc…  Il se mettait dans des compétitions, gagnait sur de bonnes places.

Quand il fut à nouveau célibataire (et peut-être même avant, mais pas dans le voisinage), il partit à la chasse. Il chassa les jeunettes, les blondinettes, les sportives, les belles plantes, des bien-roulées et des décolletés plongeants.
Il se mit en ménage avec certaines, et cela dura un peu… voire une fois : deux ans et demi. Mais aucune ne restait avec lui. On assista même à certaines scènes de mise à la porte, sans élégance ou de séparation assez lâche.
Le fils unique avait l'habitude de faire ce qu'il lui plaisait, sans entrave et sans embage.

Dans la foulée, il reprenait la pêche et ramenait de belles sirènes pour un soir ou une fin de semaine.
Un soir il entraîna Pachyderme avec lui. Il allèrent dans un bar, genre point-de-rencontre, où chacun fait ce qu'il veut et où chacun sait pourquoi il est là. Coureur fit la conversation avec plusieurs spécimens du genre féminin, Pachyderme qui n'avait aucune expérience et était plutot timide suivait. Un peu sourd, il essayait de suivre les conversations en participant par des phrases banales. Après minuit, Coureur avait rabattu deux jolies femmes consentantes (mais non professionnelles) et ils revinrent à la maison du Coureur. Après un petit verre amical, histoire de ne pas passer à l'horizontal sans autre forme de politesse, Coureur monta dans sa chambre avec l'une d'elle et dit à la paire qui restait qu'il y avait une chambre pour eux à côté.… Il paraît que Coureur est un bon amant et que les femmes en étaient contentes : il sait faire plaisir à sa partenaire…

Pendant ce temps, Pachyderme qui avait des problèmes d'érection, décida d'approfondir la conversation… L'amatrice attendait pourtant son tour, essaya de le mettre à l'aise, mais rien n'y fit. Alors Pachyderme parla de dieu, et la femme rejoint le couple au premier étage : Pachyderme rentra en face…

 à suivre…
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Coureur*

Petites Histoires chez Pachyderme

Coureur habitait en face de chez Pachyderme, dans une villa de rue sans facture orginale, si ce n'est la couleur du crépi et un petit trompe-l'œil en angle qui imitait des pierres chaînées et qu'il avait hérité de ses grand-parents.
Il se trouvait agréable, beau gosse, compétent et bourgeois (sans osé l'avoué). Il gagnait bien sa vie, mais investissait très vite son salaire dans tout un tas de matériel technique et dans ses vacances avec petit bateau à moteur : comme il dépensait tout, cela lui donnait l'impression de ne pas gagner beaucoup.
Comme il habitait une villa, il ne parlait pas avec les gens de l'immeuble en face. Ici on ne mêlangeait pas les propriétaires et les locataires, les habitants des maisons et ceux des appartements. Les premiers refusaient tout contact avec les seconds : ils les ignoraient, ne répondaient pas à leur salut, restaient entre eux.

Coureur avait été marié avec une drôle de femme décolorée qui n'avait aucune allure et aucune raison de vivre. Elle vivait de son mari.… Il avait aussi eu une fille, unique, qui ne venait que très rarement chez son père, à tel point que personne ne s'en souvenait. Elle était pourtant assez imbue d'elle-même et en ce sens allait bien avec la fille de la Sans-Gêne, sa voisine. Mais elles avaient bien dix ans de différence et ne se croisaient jamais. Enfin on peut dire que ce genre de société invitait ce genre de progéniture.

Un matin de juin, alors que le couple se préparait à partir en vacances avec son bateau (sans la fille), on vit la drôle de femme décolorée, assise telle la petite sirène sur le bateau qui sortait de la cour. Son air pin-up mal entretenue et assez quelconque laissa le voisinage pantois.

Un jour on retrouva la drôle de femme décolorée au supermarchet du coin en train de remplir les rayons. On sut que la séparation était en route.

 

 à suivre…
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Roi Siamois

Petites Histoires chez Pachyderme

Godiche vivait avec un roi du Siam, que certains voisins nommait Rajah…
Il était beige avec les pointes chocolatés, ses yeux étaient bleu-myosotis, il était agile, observateur, intelligent, autoritaire : il faisait la loi dans les cours, mais était tout doux en rentrant à la maison !

Rajah vivait sa vie la journée, car il sortait le matin vers 7h après avoir mangé. Il revenait dans la journée avaler un bout, puis retournait à ses affaires. Le soir vers 22h il réapparaissait pour s'alimenter sérieusement. Ensuite il brassait dans la maison et attendait que Godiche se soit lavé les dents pour se glisser dans le lit à côté d'elle. Il se blottaissait contre elle dès qu'elle dormait et la suivait lorsqu'elle se tournait.

Question nourriture, il était assez exigeant, n'avalant que du frais, appréciait les légumes en plus des protéïnes. Les bonbons lui semblaient accessoires, un pis-aller en attendant ses repas habituels. Il aimait de préférence la perdrix et le thon, ne dédaignait pas le bœuf en petites quantités.

De manière chronique, il chantait l'opéra après le crépuscule.
De temps en temps il s'absentait 48h, pour revenir encore plus câlin.

Le Siamois et Godiche s'aimaient beaucoup…

à suivre…
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le Caraïbéen*

Petites histoires chez Pachyderme…

"Je le trouvais petit, mais efficace", sussura la Jardinière
Mais il lui fallut se rendre à l'évidence, il n'avançait pas…

Il était arrivé en juillet, en début de mois, dans  l'appartement du rez-chaussée, et mi-juillet Pachyderme qui voyait mal et entendait mal, mais avait les yeux et les oreilles à l'affût de toute information, Pachyderme observa que le nouveau voisin dormait à même le sol. Certes, il faisait chaud, très chaud déjà et on allait approcher de la canicule séculaire, mais dormir par terre lui semblait par trop ascétique.

Le Caraïbéen vivait les portes, les fenêtres ouvertes… la musique s'échappait généreusement de son appartement et tout le monde en profitait. Quand on passait la porte de l'immeuble, sa porte d'appartement restait ouverte : aussi on arrivait directement chez lui ! La réserve étant de mise dans cette ville, cette nouvelle invasion des communs, même mélodieuse commença à agacer les voisins.
Le Caraïbéen n'était pas seulement généreux en son, mais également en vivres. Travaillant dans un restaurant pour un grand organisme de transport international, son chef redistribuait régulièrement les produits non écoulés en fin de cycle à son personnel. Alors le Caraïbéen les redistribuait aux voisins quand il y en avait de trop : jus de fruits, crustacés, poissons, fromages, etc…
Il était aussi généreux de sa personne et laissait voir ses muscles qu'il caressait devant tous les gens qu'il croisait. Certes il était musclé, petit et musclé, le corps souple d'un danseur et la voix sonore d'un acteur ! 
Un beau spécimen en avait conclu la Jardinière qui était toujours à l'affût d'un mâle pour monter au ciel.

Donc il ne fallut pas longtemps à Pachyderme pour se rendre compte que le nouveau voisin n'avait pas de meubles… Il engagea la conversation avec lui et lui proposa des meubles qu'il avait en double : placard, étagères, matelas, descendirent les escaliers pour s'installer dans le petit appartement de son nouveau copain.
Pachyderme était tout content, afin quelqu'un avec qui parler, afin un plus pauvre que lui, ils s'entendaient sur la musique, sur le quartier, sur le temps des loisirs : Pachyderme n'était plus seul !
Quand il rentrait, il pouvait tailler la bavette avec le Caraïbéen qui était aussi bavard que seul…

à suivre…
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Histoires de Chats

Petites Histoires de Pachyderme

Perché n'était pas le seul chat du voisinage. S'il passait beaucoup de temps chez Pachyderme, il restait aussi dans les cours de l'immeuble. Il y avait des bosquets d'arbutes, des arbres, des plantes basses, de l'herbe… un environnement diversifié et protègé par un haut mur clos. On pouvait sortir dans la rue, par le nouvel immeuble à porche. Autrefois tout était clos.

Derrière une partie du mur, il y avait un square carré ! De la pelouse, des arbres, des arbustes floraux, des jeux d'enfants, et des tas de gens qui s'asseyaient au fur et à mesure des heures du jour et de la nuit.

Dans une villa mitoyenne, il y avait deux chiens, peu aimables : à ne pas fréquenter. En marchant sur le mur Perché et les autres chats surplombaient les mini-cours des appartements du rez-chaussée de derrière. Ils y voyaient aussi ce qui se passait dans les pièces. Ils allaient chez certains des quatre-vingt voisins de l'immeuble : ceux du rez-chaussée. Ils savaient donc beaucoup d'histoires…

Perché dominait tout son monde, en chef. Il mettait tous les nouveaux félins au pli. Il éduquait les jeunes, frayait avec les femelles, chassait certains mâles par des effets de gorge rauques et puissants. Ses poils se hérissaient alors, il ne dédaignait pas la bagarre agressive si l'interlocuteur était rétif ou récidiviste. Avec les autres il échangeait les nouvelles sur les tuteurs, les enfants et les autres habitants.

Avec les humains, il était agréable, poli et sociable. Il entrait dans certains appartements, se lovait sur un fauteuil, pouvait y passer quelques heures, endormi, voire les oreilles dressées aux bruits et aux conversations. Puis il réclamait une caresse et demandait à sortir. Il faisait alors le tour de son périmètre. Quand il sentait quelque creux à l'estomac, il rentrait chez Pachyderme où une gamelle de bonbons pour chats l'attendait en permanence. Cela l'aidait à attendre les repas prévus.

Les soirs Pachyderme et Perché se racontaient leur journée.…

à suivre…
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Toussaint

Petites Histoires chez Pachyderme

C'était bientôt la Toussaint : la période des grands déplacements familiaux et des morts sur les routes.
Pachyderme avait ses morts, mais n'allait pas sur leur tombe : problème de locomotion ? de soldes mémoriels ? problème financier ? Maintenant qu'il avait le temps de la retraite, il n'avait pas l'habitude de ces rendez-vous calendaires. Son frère non plus par ailleurs, donc il restait seul…

Le mois d'octobre avait été un des plus chauds de l'histoire météorologique nationale : 23°C pratiquement tous les jours (avec des nuits fraîches toutefois). Pachyderme circulait en chemise tous les jours ; certains jours même il vêtait un pantacourt et marchait en sandales.
Depuis le début du mois, le soleil était au rendez-vous chaque jour, chaud ; la lumière du jour se faisait plus tardive, plus oblique, plus tamisée, mais cela ne sentait pas l'automne, donc pas la Toussaint. Il n'avait pas vraiment plu depuis début août et la canicule de septembre n'avait pas arrangé les sols et jardins. Les feuilles des arbres étaient tombées depuis l'été, les sols étaient chauds, la vue dégagée, dorée… Les moustiques perduraient ainsi que les mouches. L'été s'éternisait sur le pays.
Les oiseaux voletaient autour de l'immeuble bien que les migrateurs aient déjà fait leur voyage depuis plusieurs semaines, les passereaux piaillaient dans les cours et les jardins alentours. La Godiche les nourrissait abondamment tous les jours, des deux côtés de l'immeuble. Des écureuils avaient été de nouveau aperçus, alors que deux nouveaux chats étaient apparus… comment faire règner l'harmonie dans la nature ?


Autre bon côté de ce climat, il n'y avait pas besoin de chauffer les appartements : économie d'électricité, épargne financière.
Toutefois, Pachyderme ne vivait pas les fenêtres ouvertes : quelle que soit la saison, ses fenêtres étaient constamment fermées, sauf vingt minutes par jour pour aérer des deux côtés, comme on le lui avait appris quand il était jeune. Il vivait confiné, rangé.
Il avait encore grossi, car il compensait ses problèmes financiers par la nourriture, bon marché, grasse et salée. Comme il aimait aussi le sucre, cela n'arrangeait rien. Il mangeait à peu près la même chose toute l'année, comme s'il n'y avait pas de saison.
Il ne marchait pas beaucoup : l'été parce qu'il faisait trop chaud et qu'il se fatiguait vite, l'hiver parce qu'il faisait froid et que les gens ne flânaient pas, donc il n'y avait rien à faire, le printemps et l'automne parce qu'il n'avait pas l'habitude et qu'il ne voyait pas ce qu'il y avait à regarder, parce que flâner sans but lui semblait vain, se promener sans copain, lui semblait ridicule.

Aux trois derniers jours du mois, le climat changea. La température était descendue à 17°C la semaine précédante et du jour au lendemain, on passa à 7°C : on aurait dit que l'hiver grillait la politesse à l'automne.
Pachyderme enfila son blouson, rangea ses sandales et ses chemisettes, mais pour le reste rien ne changea. Il vit que la météo prévoyait un réchauffement la veille de la Toussaint, alors il ne chauffa pas, endurant la fraîcheur de l'appartement, sortant de chez lui pour des endroits chauffés, s'enfilant sous son duvet le soir.

Toussaint passa sans qu'il s'en rendit compte…

 

 à suivre…
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la Sauterelle

Petites histoires de Pachyderme…

Elle était arrivée chez son amoureux, qui lui-même était assez nouveau dans l'immeuble. Ils ne logeaient pas dans la même entrée d'immeuble que Pachyderme, mais juste à côté.

La Sauterelle était longiligne, brune et vive, sûre d'elle  et de ses envies… avec une allure assurée. Elle s'imposa plus qu'elle n'arriva.
Elle s'était tout de suite fait remarquer par les voisins latéraux à cause de la mélodie qu'elle émettait lors des ébats amoureux et qui passaient les murs. Cela durait une heure trente à deux heures… La mélodie était si significative qu'on savait ce qui se passait, mais les horaires n'étaient pas réguliers, donc impossible de prévoir de partir en attendant, ou de reporter des visites quand cela pouvait être gênant.

Justement un nouveau voisin de Pachyderme, de l'autre côté du mur de la mélodie, était un Méditerranéen tranquille, discret, un tantinet maniaque, réservé et puceau. Quoique déjà adulte depuis un certain temps, et ayant roulé sa bosse professsionnellement, socialement, il n'appréciait pas d'être envahi que ce soit par l'ouïe, la présence ou le sans-gêne.

Un jour qu'il recevait la visite de ses parents, des personnes âgées, conventionnelles, strictes, les galipettes de l'autre côté du mur commencèrent. Personne ne savait quoi faire : tout le monde était embarrassé. Le Méditerranéen discret, mis de la musique, mais les aïgüs voisins dépassaient les décibels des haut-parleurs.

Il convint donc de réagir, mais se sachant impulsif, il demanda conseil à la Godiche qui était là depuis longtemps, et donc connaissait l'immeuble et la société locale.

Godiche écouta, pris la mesure du désagrément, reconnut avoir également entendu le concert à plusieurs reprises, tout en expliquant que des voisins qui s'engueulaient avec un vocabulaire vulgaire et un ton agressif tous les soirs, comme cela avait été le cas il y a quelques années, étaient tout aussi compliqué. Au moins ceux-là s'aimaient… Elle convint que c'était gênant, voir sans-gêne, mais fit remarquer que ce n'était que quelques fois par mois. Elle tempéra donc au mieux, imaginant difficilement une action contre l'amour chez soi…

 à suivre…
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Économie Parallèle chez MJFR

Petites histoires chez Pachyderme…

Régulièrement Monsieur Je Fais Rien vidait sa cave des multiples appareils, matériaux, ustensils qu'il avait récupérés durant l'année, au gré de ses chantiers, visites, prospections… Il en chargeait sa voiture à bloc, à bloc dans tous les interstices et sur le toit. Le véhicule, un Pijot, doublait de poids et de hauteur, et il partait pour le bled, outre-Méditerranée…

Là, il revendait à un prix intéressant sa récolte, il y avait de tout ce dont les gens avaient besoin et qui rapportait : lavabo, radiateur, centrale vapeur, table, batterie, TV, ventilateur, à croire que là-bas ils manquaient de tout ! Cela lui payait le voyage…

Plusieurs fois, il partit avec une voiture qu'il revendit aussi sur place, mais ça c'était sur commande pré-payée.

Quand ce qu'il avait collecté n'était pas réservé, il le laissait dans les parties communes de l'immeuble, au sous-sol : à charge aux voisins de faire évacuer les reliquats, à leurs frais !

 à suivre…
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Avant Goût d'Automne

Petites histoires de Pachyderme…

Tous les ans, fin août / début septembre, c'était le même scénario. : d'un seul coup le climat se rafaîchissait.
Les nuages arrivaient, s'installaient, faisaient chuter la température d'une dizaine de degrés. Il arrivait qu'il pleuve bien que depuis trois ans la pluie fût rare sur la ville. On ressortait une veste, un pull, des chaussettes ; les chaussures fermées étaient de mise pour quelques jours. On fermait les fenêtres, ajoutait une couverture dans le lit.
On arrêtait les glaces, on refaisait de la soupe, de la viande chaude et des légumes. Mais on avait du mal a passé des salades de toute sorte à des plats d'automne…

Quatre jours plus tard, l'été reprenait son cours, avec quelques degrés de moins. Les canicules n'étaient plus redoutées. Cela donnait aux enfants l'idée de la fin des vacances : le climat invitait à la rentrée des classes !

Les va-et-vient dans les escaliers se multpliaient. La porte de l'immeuble se clipait fréquemment. Les locataires revenaient. On n'entendait plus la vie des gens par les fenêtres… fermées.
Le crépuscule débutait vers 20h30 : on se rapprochait de l'automne !

Perché recommençait à rester à la maison plus longtemps : après son déjeuner, il demandait des caresses, de l'attention. Par temps de chaleur, il mangeait, buvait, puis s'éclipsait dans les cours, où il passait la journée sous un buisson, le ventre contre la terre.

Pachyderme attendait avec impatience cette fin de vacances : il allait enfin être occupé avec l'extérieur. Les activités des associations allaient reprendre, les gens seraient rentrés, il ne serait plus seul dans son logement, dans sa vie…

 

 à suivre…

 

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Pachyderme et la Canicule

Petites histoires de Pachyderme…

On en était au 29ième jour de canicule de l'année sur la ville.
Pachyderme avec ses 120kg avait encore plus de mal à monter ses deux étages à pied que d'ordinaire. Les fenêtres de la montée d'escalier avaient beau être ouvertes, l'air était rare. Le rez-chaussée et l'entre-sol restaient frais grâce à la bignone qui escaladait la façade. Mais vingt marches multipliés par quatre, cela fait beaucoup d'effort pour son corps lourd et gras, et pour son cœur qui s'épuise.

Chez lui, il ouvrait bien ses fenêtres en Est/Ouest la nuit, mais la chaleur de la façade de l'immeuble de mâchefer et celle du goudron de la rue se conjuguaient pour faire un four. La température flèchissait seulement vers 4 heures du matin pour deux heures environ.
Les matins étaient chauds très vite et il fallait tout fermer. Les volets métalliques des fenêtres n'étaient d'aucun aide et il n'osait pas mettre de carton devant les vitres comme le faisait un des voisins. L'appartement devenait un étouffoir à 31°C, quand, dehors il faisait plus de 40°C à l'Ouest. Seule la cuisine descendait à 29°C grâce aux arbres de la cour qui servaient à la fois d'écran et de puits de verdure.
Les habitants qui ne travaillaient pas, restaient donc chez eux dans la pénombre de 10 heures du matin à la nuit. On manquait d'air. La ville était sous une chappe de plomb. Les corps étaient pesants. Les gens transpiraient aux moindres mouvements. Les cerveaux fonctionnaient au ralenti, ne supportant pas plus de deux idées à la fois.

Pachyderme suait à flots. Il ne sortait plus que la nuit, se réfugiant dans le square à côté de l'immeuble. Et encore heureux qu'il y eut des arbres, des plantes et du gazon dans ce coin. Des couples y venaient, des enfants jouaient jusqu'à mimuit bien sonné, les parents étaient épuisés. Même dans ce jardin, l'air semblait confiné.

Quand le vent du Nord soufflait un peu, les hautes pressions allègeaient l'atmosphère. Quand le vent du Sud-Ouest arrivait, même ayant passé les montagnes, il restait lourd, amenant des souffles d'air chaud par sacades. Mais ce que les habitants redoutaient le plus, était le vent du midi. En plus de sa force pesante, il roulait par bourrasques chaudes et les basses pressions mettaient un couvercle sur la ville. Une chaleur de plomb envahissait les rues et les jardins, et tout le monde était mal.

On attendait la pluie avec une impatience vaine, car la météorologie n'en prévoyait aucunement.
Les frènes perdaient leurs feuilles jaunies. À la deuxième semaine, c'est le plus jeune qui sacrifia ses feuilles. Puis ce fut celui de l'allée qui ne supporta plus l'effort. La dernière semaine, le plus ancien se rendit. Le marronnier résista mieux : il était aussi plus vieux.

Pachyderme restait prostré dans son appartement, l'oxygène semblait lui manquer. Il ne savait pas si sa pression artérielle était en hausse ou en baisse, mais il se sentait défaillir. Impossible de s'intéresser à quoique ce soit. Il allait de son lit à sa douche toutes les heures.
Il avait pensé installer un lit dans sa cave, car elle avait un soupirail donnant dans la cour. Il y faisait donc frais. Mais il n'y avait pas d'électricité et passer sa journée dans un enclos sombre le rebutait. Il se mit donc en mode attente de survie.
Toutefois, après quelques jours de ce régime, il sentit un mal de tête insidieux et pressant… la migraine était née. La boîte cranienne semblait trop petite : une tension trop forte là-dedans. Il y avait de quoi se taper la tête contre les murs.  Il lui fallait attendre la nuit pour que la migraine s'atténue. La vie lui était difficile. Il ne se sentait que douleur et lourdeur. Les journées étaient mornes et longues, sans avenir, sans présent. Le passé n'était que brouillard. Mais dehors le soleil dardait.

Puis ce fut la date de visite estivale de sa fille. Comme d'habitude il loua une voiture afin d'aller la chercher dans ses montagnes. Il lui fallait faire de gros efforts pour se remuer, mais pour la petite il faisait de son mieux. Il se demandait bien ce qu'il pourrait lui proposer pendant ces vacances.…
Aurait-il repenser la situation, qu'il serait aller la chercher une semaine plus tard, quand la météo annonçait l'accalmie.
Au bout de deux jours de séjour chez son père, le plaisir de le revoir émoussé, la gamine s'ennuya, se sentit mal, rêva de la piscine de ses cousines : le troisième jour, Pachyderme la ramena chez sa mère, où non seulement elle pouvait s'organiser la journée sous une température plus supportable, mais encore avait des copines pour passer le temps…

Pachyderme se retrouva donc seul dans la canicule, sous un soleil aveuglant, enveloppé de sa misère…

  à suivre…

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