la Sauterelle

Petites histoires de Pachyderme…

Elle était arrivée chez son amoureux, qui lui-même était assez nouveau dans l'immeuble. Ils ne logeaient pas dans la même entrée d'immeuble que Pachyderme, mais juste à côté.

La Sauterelle était longiligne, brune et vive, sûre d'elle  et de ses envies… avec une allure assurée. Elle s'imposa plus qu'elle n'arriva.
Elle s'était tout de suite fait remarquer par les voisins latéraux à cause de la mélodie qu'elle émettait lors des ébats amoureux et qui passaient les murs. Cela durait une heure trente à deux heures… La mélodie était si significative qu'on savait ce qui se passait, mais les horaires n'étaient pas réguliers, donc impossible de prévoir de partir en attendant, ou de reporter des visites quand cela pouvait être gênant.

Justement un nouveau voisin de Pachyderme, de l'autre côté du mur de la mélodie, était un Méditerranéen tranquille, discret, un tantinet maniaque, réservé et puceau. Quoique déjà adulte depuis un certain temps, et ayant roulé sa bosse professsionnellement, socialement, il n'appréciait pas d'être envahi que ce soit par l'ouïe, la présence ou le sans-gêne.

Un jour qu'il recevait la visite de ses parents, des personnes âgées, conventionnelles, strictes, les galipettes de l'autre côté du mur commencèrent. Personne ne savait quoi faire : tout le monde était embarrassé. Le Méditerranéen discret, mis de la musique, mais les aïgüs voisins dépassaient les décibels des haut-parleurs.

Il convint donc de réagir, mais se sachant impulsif, il demanda conseil à la Godiche qui était là depuis longtemps, et donc connaissait l'immeuble et la société locale.

Godiche écouta, pris la mesure du désagrément, reconnut avoir également entendu le concert à plusieurs reprises, tout en expliquant que des voisins qui s'engueulaient avec un vocabulaire vulgaire et un ton agressif tous les soirs, comme cela avait été le cas il y a quelques années, étaient tout aussi compliqué. Au moins ceux-là s'aimaient… Elle convint que c'était gênant, voir sans-gêne, mais fit remarquer que ce n'était que quelques fois par mois. Elle tempéra donc au mieux, imaginant difficilement une action contre l'amour chez soi…

 à suivre…
© = texte soumis à copyrig

 

 

 

 

 

Posté par divaguer à 13:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


Économie Parallèle chez MJFR

Petites histoires de Pachyderme…

Régulièrement Monsieur Je Fais Rien vidait sa cave des multiples appareils, matériaux, ustensils qu'il avait récupérés durant l'année, au gré de ses chantiers, visites, prospections… Il en chargeait sa voiture à bloc, à bloc dans tous les interstices et sur le toit. Le véhicule, un Pijot, doublait de poids et de hauteur, et il partait pour le bled, outre-Méditerranée…

Là, il revendait à un prix intéressant sa récolte, il y avait de tout ce dont les gens avaient besoin et qui rapportait : lavabo, radiateur, centrale vapeur, table, batterie, TV, ventilateur, à croire que là-bas ils manquaient de tout ! Cela lui payait le voyage…

Plusieurs fois, il partit avec une voiture qu'il revendit aussi sur place, mais ça c'était sur commande pré-payée.

Quand ce qu'il avait collecté n'était pas réservé, il le laissait dans les parties communes de l'immeuble, au sous-sol : à charge aux voisins de faire évacuer les reliquats, à leurs frais !

 à suivre…

 © = texte soumis à copyrig

Posté par divaguer à 18:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Avant Goût d'Automne

Petites histoires de Pachyderme…

Tous les ans, fin août / début septembre, c'était le même scénario. : d'un seul coup le climat se rafaîchissait.
Les nuages arrivaient, s'installaient, faisaient chuter la température d'une dizaine de degrés. Il arrivait qu'il pleuve bien que depuis trois ans la pluie fût rare sur la ville. On ressortait une veste, un pull, des chaussettes ; les chaussures fermées étaient de mise pour quelques jours. On fermait les fenêtres, ajoutait une couverture dans le lit.
On arrêtait les glaces, on refaisait de la soupe, de la viande chaude et des légumes. Mais on avait du mal a passé des salades de toute sorte à des plats d'automne…

Quatre jours plus tard, l'été reprenait son cours, avec quelques degrés de moins. Les canicules n'étaient plus redoutées. Cela donnait aux enfants l'idée de la fin des vacances : le climat invitait à la rentrée des classes !

Les va-et-vient dans les escaliers se multpliaient. La porte de l'immeuble se clipait fréquemment. Les locataires revenaient. On n'entendait plus la vie des gens par les fenêtres… fermées.
Le crépuscule débutait vers 20h30 : on se rapprochait de l'automne !

Perché recommençait à rester à la maison plus longtemps : après son déjeuner, il demandait des caresses, de l'attention. Par temps de chaleur, il mangeait, buvait, puis s'éclipsait dans les cours, où il passait la journée sous un buisson, le ventre contre la terre.

Pachyderme attendait avec impatience cette fin de vacances : il allait enfin être occupé avec l'extérieur. Les activités des associations allaient reprendre, les gens seraient rentrés, il ne serait plus seul dans son logement, dans sa vie…

 

 à suivre…

 

© = texte soumis à copyrig

 

Posté par divaguer à 12:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

Pachyderme et la Canicule

Petites histoires de Pachyderme…

On en était au 29ième jour de canicule de l'année sur la ville.
Pachyderme avec ses 120kg avait encore plus de mal à monter ses deux étages à pied que d'ordinaire. Les fenêtres de la montée d'escalier avaient beau être ouvertes, l'air était rare. Le rez-chaussée et l'entre-sol restaient frais grâce à la bignone qui escaladait la façade. Mais vingt marches multipliés par quatre, cela fait beaucoup d'effort pour son corps lourd et gras, et pour son cœur qui s'épuise.

Chez lui, il ouvrait bien ses fenêtres en Est/Ouest la nuit, mais la chaleur de la façade de l'immeuble de mâchefer et celle du goudron de la rue se conjuguaient pour faire un four. La température flèchissait seulement vers 4 heures du matin pour deux heures environ.
Les matins étaient chauds très vite et il fallait tout fermer. Les volets métalliques des fenêtres n'étaient d'aucun aide et il n'osait pas mettre de carton devant les vitres comme le faisait un des voisins. L'appartement devenait un étouffoir à 31°C, quand, dehors il faisait plus de 40°C à l'Ouest. Seule la cuisine descendait à 29°C grâce aux arbres de la cour qui servaient à la fois d'écran et de puits de verdure.
Les habitants qui ne travaillaient pas, restaient donc chez eux dans la pénombre de 10 heures du matin à la nuit. On manquait d'air. La ville était sous une chappe de plomb. Les corps étaient pesants. Les gens transpiraient aux moindres mouvements. Les cerveaux fonctionnaient au ralenti, ne supportant pas plus de deux idées à la fois.

Pachyderme suait à flots. Il ne sortait plus que la nuit, se réfugiant dans le square à côté de l'immeuble. Et encore heureux qu'il y eut des arbres, des plantes et du gazon dans ce coin. Des couples y venaient, des enfants jouaient jusqu'à mimuit bien sonné, les parents étaient épuisés. Même dans ce jardin, l'air semblait confiné.

Quand le vent du Nord soufflait un peu, les hautes pressions allègeaient l'atmosphère. Quand le vent du Sud-Ouest arrivait, même ayant passé les montagnes, il restait lourd, amenant des souffles d'air chaud par sacades. Mais ce que les habitants redoutaient le plus, était le vent du midi. En plus de sa force pesante, il roulait par bourrasques chaudes et les basses pressions mettaient un couvercle sur la ville. Une chaleur de plomb envahissait les rues et les jardins, et tout le monde était mal.

On attendait la pluie avec une impatience vaine, car la météorologie n'en prévoyait aucunement.
Les frènes perdaient leurs feuilles jaunies. À la deuxième semaine, c'est le plus jeune qui sacrifia ses feuilles. Puis ce fut celui de l'allée qui ne supporta plus l'effort. La dernière semaine, le plus ancien se rendit. Le marronnier résista mieux : il était aussi plus vieux.

Pachyderme restait prostré dans son appartement, l'oxygène semblait lui manquer. Il ne savait pas si sa pression artérielle était en hausse ou en baisse, mais il se sentait défaillir. Impossible de s'intéresser à quoique ce soit. Il allait de son lit à sa douche toutes les heures.
Il avait pensé installer un lit dans sa cave, car elle avait un soupirail donnant dans la cour. Il y faisait donc frais. Mais il n'y avait pas d'électricité et passer sa journée dans un enclos sombre le rebutait. Il se mit donc en mode attente de survie.
Toutefois, après quelques jours de ce régime, il sentit un mal de tête insidieux et pressant… la migraine était née. La boîte cranienne semblait trop petite : une tension trop forte là-dedans. Il y avait de quoi se taper la tête contre les murs.  Il lui fallait attendre la nuit pour que la migraine s'atténue. La vie lui était difficile. Il ne se sentait que douleur et lourdeur. Les journées étaient mornes et longues, sans avenir, sans présent. Le passé n'était que brouillard. Mais dehors le soleil dardait.

Puis ce fut la date de visite estivale de sa fille. Comme d'habitude il loua une voiture afin d'aller la chercher dans ses montagnes. Il lui fallait faire de gros efforts pour se remuer, mais pour la petite il faisait de son mieux. Il se demandait bien ce qu'il pourrait lui proposer pendant ces vacances.…
Aurait-il repenser la situation, qu'il serait aller la chercher une semaine plus tard, quand la météo annonçait l'accalmie.
Au bout de deux jours de séjour chez son père, le plaisir de le revoir émoussé, la gamine s'ennuya, se sentit mal, rêva de la piscine de ses cousines : le troisième jour, Pachyderme la ramena chez sa mère, où non seulement elle pouvait s'organiser la journée sous une température plus supportable, mais encore avait des copines pour passer le temps…

Pachyderme se retrouva donc seul dans la canicule, sous un soleil aveuglant, enveloppé de sa misère…

  à suivre…

© = texte soumis à copyrig

 

 

Posté par divaguer à 18:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

Complot contre Pachyderme

Petites histoires de Pachyderme…

Dès son emménagement, et malgré sa pauvreté, Pacyderme avait préparé son nouvel appartement. Il avait repeint la cuisine, découpé et monté des étagères, installé un plan d'ordinateur, placé des portes dans un renfoncement pour en faire un placard… et installé une alarme !

Tout content de son nouveau logis, il invita d'anciens copains… Puis il partit voir sa fille dans une ville de montagne à quelques centaines de kilomètres de là. Il louait une voiture le vendredi après-midi, pour revenir le dimanche soir et passer une longue fin de semaine avec la petite.

À peine avait-il pris la route, que dans l'immeuble, un son bizarre de cricket strident se fit entendre… qui s'amplifiait.
Les voisins peu habitués, se retrouvèrent dans l'escalier, puis se regroupèrent interloqués et stressés devant la porte de Pachyderme : la porte était fermée, Pachyderme ne répondait pas à la sonnette et personne n'avait son numéro de téléphone.
La sirène était apparemment partie pour ne plus s'arrêter. Impossible de s'isoler dans une seule pièce d'aucun appartement sans l'entendre… C'était le premier locataire à avoir un tel dispositif. Ici les gens étaient modestes et leurs biens n'exigeaient aucune protection particulière.

Au bout  de trente minutes ou plus, une voiture s'arrêta dans la rue, et ses occupants voulurent entrer dans l'immeuble : ils n'avaient aucun pass…  À la faveur d'une sortie, ils pénétrèrent dans l'escalier et se présentèrent à la porte de Pachyderme !

-Qu'est-ce que vous voulez demandèrent les voisins ?

-Nous sommes de la société de surveillance et nous savons que l'alarme s'est déclenchée ici, nous venons voir !

-Mais cela fait une demi-heure que cela sonne et vous arrivez maintenant ?? Un voleur a le temps de revenir deux fois et de repartir tranquille avec vous !

Les deux agents de sécurité vérifièrent que la porte était bien close ; et s'apprêtaient à repartir…

-Pourquoi cette sirène ?" demandèrent les voisins nouvèlement arrivés.

Les agents interrogèrent les présents : "avaient-ils vu ou entendu un va-et-vient ? un rodeur ?"

La Godiche n'avait rien remarqué et il n'y avait personne chez Pachyderme, vu qu'elle habitait en dessous et qu'elle entendait chaque pas de déplacement de tous les voisins qui avaient logé dans cet appartement.

-Alors il s'agit d'un chat ! "

À cette époque Pachyderme n'avait pas encore recueilli Perché et n'avait aucun animal.

-ou d'un oiseau qui est entré dans l'appartement et qui a déclenché l'alarme."

Chez Pachyderme les fenêtres étaient toujours fermées, sauf quand il faisait le ménage. Et tout le monde vérifia que toutes ses baies étaient closes… pourquoi l'alarme s'était-elle mise en route ?

-Bon ben maintenant, il faut nous arrêter ce vacarme, parce que ça porte sur les nerfs !

-Mais nous n'avons pas les clés de l'appartement, seul le résident peut arrêter le dispositif !

-Mais vous servez à quoi ? Vous n'avez pas un système de manœuvre à distance ?

-Non, il faut qu'on appelle la centrale, qui doit appeler le client qui doit…

Ils semblaient aussi aptes à leur mission qu'à être papes !

-Alors dépêchez-vous et arrêtez cette sirène, parce que s'il est parti pour la fin de semaine on ne va pas dormir avec cela !

Citoyen Je Sais Tout proposa d'appeler la police…

 à suivre…

 © = texte soumis à copyrig

Posté par divaguer à 15:26 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :


Pachyderme Bricole

Petites histoires de Pachyderme…

Un samedi matin, la Godiche entendit remuer derrière sa porte d'appartement. Cela persista. Elle comprit que quelqu'un farfouillait dans la gaine électrique ; mais comme c'était la fin de semaine et qu'elle ne voulait pas être dérangée dans sa tranquillité, elle se contenta de regarder par le judas : elle reconnut Pachyderme, de profil, qui soufflait et râlait. Elle finit par ouvrir la porte et demanda à ce voisin, non sans l'avoir salué tout de même :

-Que faîtes vous ?

-J'ai plus d'internet !

-et vous trouvez internet dans la gaine électrique ?!

-Il y a quelqu'un qui utilise ma connection internet et aujourd'hui elle est en panne !

-Mais vous savez bien que je n'ai pas internet ? Je ne serai pas branchée sur la vôtre sans autorisation !

-Ah mais c'est pas vous ! Je sais très bien qui c'est !

-Et vous vous y connaissez ?

-non mais je regarde, pourquoi ces deux fils sont coupés ?

-mmh !

-Je suis gentil, mais quand je suis énervé je peux être très méchant…

-Vous savez, je ne crois pas qu'on puisse se connecter à votre internet ou votre ordinateur sans votre mot de passe !

-Y'en a qui sont malins…

-c'est peut-être une coupure momentanée ?!

-Vous comprenez, au 3° ils font leurs coups en douce, mais je sais que c'est eux !

-Le Sportif ? mais il a le câble…

-Non pas lui, ses copains !

-ah bon ? Mais ils seraient venus à mon étage pour farfouiller dans les fils électriques ?

-La Louée a des copains bizarres et avec le Sportif, il font leurs coups ensemble…

-Bon essayez de ne pas me couper mon électricité ou mon interphone, svp !

Elle referma la porte, en ayant assez entendu. Elle pensa : "Je ne suis pas sûre que la Louée ait internet ; seulement un téléphone mobile. Pourquoi se met-il martel en tête, Pachyderme ?" Elle vagua à ses occupations, puis entendit Pachyderme taper sur le couvercle de la gaine. Elle attendit qu'il parte, se demandant s'il allait interpeller la Louée… Non il rentra chez lui, fulminant.

Elle vérifia ses connections dans l'appartement, tout semblait en ordre…

Quelques jours plus tard, elle croisa Pachyderme sur le trottoir :

-Alors et votre internet ?

-C'est revenu !

-Vous avez compris pourquoi ?

-Non, mais je vais surveiller, je suis sûr qu'on m'espionne, que certains entrent dans mon ordinateur !

-Mais vous n'avez pas de mot de passe ?

-Si !

-Alors comment voulez-vous qu'on entre dans votre ordinateur ?

-Y'en a qui sont plus malins que nous…

-oui, c'est vrai, mais en quoi pourriez-vous les intéresser ? Vous ne tenez pas d'information importante ?!

-Moi cela m'aurait arranger de me brancher sur votre internet, parce que c'est cher une connection, mais vous voulez pas !

Pachyderme était dans ses pensées, elle le salua et partit.

Quelque temps plus tard, elle voulut ouvrir la porte de l'immeuble à une personne qui venait la voir, elle appuya sur le bouton de l'interphone qui gouverne la dite-porte… mais cela ne fonctionna pas !

Pour le coup, "je sais de qui cela vient", se dit-elle !

 à suivre…

 © = texte soumis à copyrig

 

 

 

 

 

Posté par divaguer à 20:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Éconduit

Petites histoires de Pachyderme…

Un jour il y eut une discussion/remontrance/dispute de plus chez la Louée.

Le lendemain, un type que certains avaient déjà vu, s'acharnait sur l'interphone pour entrer dans l'immeuble… Il profita d'une sortie de "Citoyen Je Sais Tout" pour se faufiler jusqu'à l'appartement de la Louée. Elle n'ouvrit pas. Comme il insistait, elle appela la police ! La police vint… mais il n'y avait rien à voir, il s'était éloigné, puis il revint à l'immeuble. Elle dit qu'elle avait peur. Il remonta dans l'immeuble alors que la Godiche arrivait avec son pain. La police revint en civil, mais elle ne voulut pas leur ouvrir…. Enfin, l'homme réapparu avec un copain. D'après certains observateurs, ils sentaient l'alcool.

Citoyen Je Sais Tout qui ne travaillait pas à cette époque, et qui se prétendait éducateur, crut bon de dire aux voisins "je me crois au boulot". C'est là qu'on vit qu'il ne faisait rien…

Pour en finir, la Louée, balança tous les effets de son locataire par la fenêtre : un drap resta pendu à une balustrade, les pulls, les chaussettes et chaussures pleuvaient, les bulletins de salaire étaient éparpillés sur le trottoir, on retrouva un avis d'imposition dans le caniveau… on sut son nom, sa profession, son adresse officielle, mais jamais pourquoi il s'était fourvoyé jusqu'ici !

à suivre…

 © = texte soumis à copyrig

 

Posté par divaguer à 18:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

le Sous-Loueur*

Petites histoires de Pachyderme…

Le Sous-Loueur était un malin. Avant de passer la Méditerranée, il avait bien étudié la question, recueilli les témoignages de ceux qui en revenaient, des familles de ceux qui y étaient installés. Il savait qu'un jour il irait outre-mer, au Nord…

Il était jeune, svelte, déterminé, intelligent, réflèchi et voulait se sortir d'un pays exsangue, corrompu et sans avenir. Son père était pourtant directeur d'école, sa mère attentive à l'éducation de ses enfants. Mais il ne voyait pas d'avenir là.

Un soir, il prit son sac, acheta un ticket, monta dans le bus et partit. Au port, il resta quelques jours chez un vague parent, acheta un billet et disparut. Il avertit sa famille une fois arrivé à Marseille. Il dormit chez le cousin d'un copain. Il attendit une opportunité pour monter dans une agglomération plus au Nord où il logea chez un copain de sa ville.

Il travailla au noir dans un premier temps. Au bout d'un mois, toujours clandestin, il postula pour un foyer-hôtel (comme on disait pour les foyers-logements pour jeunes). Cette nouvelle étape accomplie, il passa à la suivante.

Il s'était informé sur les lieux de rencontres : il apprit que les jeunes tournaient en rond dans le centre commercial du centre-ville pour trouver fortune amoureuse.

Il s'y rendit, une fois, deux fois, trois fois, avec ses nouveaux copains, aux heures les plus propices.

Cette fois-ci, il repéra une jeune blonde, aux yeux verts, bien ronde… Il l'invita à boire un verre. Pas farouche, et peut-être même candidate, elle lui raconta sa vie, elle logeait chez une cousine, cela n'allait pas…. À la seconde rencontre, elle alla chez lui. Il dormit par terre sur une couverture, elle dans le lit. Au troisième soir, elle emménagea dans sa chambre et s'offrit à lui. Il avait pris soin de lui dire ce qu'il attendait d'elle : un permis de séjour…

à suivre…

 © = texte soumis à copyrig

 

Posté par divaguer à 18:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

La Louée*

Petites histoires de Pachyderme…

La Louée était arrivée avec la nouvelle administration de l'immeuble. Elle était prioritaire. Elle était mince, avec de longs cheveux sombres qu'elle laissait pendre dans son dos. De dos d'ailleurs on la prenait pour une jeune fille. De face, on voyait bien qu'elle avait vécu.

En fait "elle vivait" encore !

Chaque mois, chez elle, dans son F1, arrivait un nouvel homme. Plus jeune qu'elle en général, très discret vis à vis des voisins, c'est pour cela qu'on ne comprit pas tout de suite.…

Elle arriva en début de printemps. Elle disait bonjour à tout le monde, mais ne s'attardait pas.

Elle avait des canaris dans sa cuisine, et on les entendait chanter quand la fenêtre était ouverte. C'était charmant. Ce qui l'était moins c'était les reliefs de leur repas que l'on trouvait régulièrement dans la cour. Puis ce furent les pots de fleurs qui tombaient et qu'elle ne venait jamais ramasser.

Elle partait tous les soirs vers 19h, rentrait de nuit, voir tôt le matin et allait son train de vie. Les habitants menant la leur, on n'en fit pas cas…

Peu de temps après son arrivée, les fenêtres ouvertes grâce à un printemps chaud, on entendit des discussions fermes et longues, des espèces de litanies sonores dont on n'entendait pas distinctement les mots, un fois, deux fois en peu de jours. L'homme descendait, revenait le soir, puis le lendemain, puis on ne le revit plus.

Histoires de ménage n'intéressent pas les voisins. Mais un mois plus tard, la même scène avec un autre homme se reproduisit. Puis encore une fois avec un autre… Ces hommes n'avaient pas la clé, ni de l'immeuble, ni de l'appartement. Ils sonnaient à l'interphone. Ce même été, apparu un homme étrange, grand, gros, avec un chien de la taille d'un veau… Dans l'appartement, on aurait qu'ils menaient un conciliabule.

Chaque jour, nombre de bouteilles de verre partait à la poubelle.

La jeune voisine de palier croisant l'homme, calme, mais imposant, sentant l'alcool, eut des craintes.  Elle avait entendu elle-aussi partie des discussions tard dans la nuit, depuis sa propre chambre. Plusieurs fois, elle se faufila hors de chez elle quand elle pensa avoir le champ libre. Elle n'était pas tranquille. Elle demandait à ses amis de venir la chercher pour descendre de chez elle. Elle chercha sur internet le type de chien, et en déduisit un modèle yankee interdit à la reproduction. Elle prit peur.

La Godiche, jamais en mal d'une conversation, entreprit de parler à cette femme sans âge, finalement. Elle lui demanda si elle travaillait loin.

-Non, je ne travaille pas, dit la femme sans ambage.»

-ah bon, mais je vous vois sortir tous les jours à 19h quand je rentre !»

-Non, non, je sors quand je suis prête ! Moi, j'ai une vie pépère…»

Un autre jour, elle croisa un homme avec une longue et mince malette qui voulait entrer dans l'allée sans que l'on lui ouvrit de l'interphone :

-où allez-vous ? » demanda la Godiche

-je vais voir une amie » dit doucement l'homme.

-ah oui ? et qui ?»

-elle veut être discrète… »

-Et bien si elle ne vous ouvre pas, c'est soit qu'elle n'est pas là, soit qu'elle ne veut pas vous voir !". Et elle ne libéra pas la seconde porte.

Mais c'était déjà le troisième de la saison…

à suivre…

 © = texte soumis à copyrigh

 

 

 

 

 

Posté par divaguer à 18:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

Godiche*

Petites histoires de Pachyderme

La Godiche correspondait quelque peu à la chanson de Sandrine Kiberlain… mais en plus, elle était blète ; pourtant on avait du mal à lui donner un âge certain. Certains jours de fatigue, on aurait pu la caler sur soixante-cinq ans, mais d'autres jours, où alerte, elle sortait de l'immeuble pimpente et en couleurs vives, on lui en donnait cinquante à peine…

Elle était bâtie comme une bouteille "Perrier" ; elle riait souvent, mais savait aussi tacler : ce pourquoi elle était redoutable.

à suivre…

 © = texte soumis à copyright

 

Posté par divaguer à 18:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,