Mughlaqa*

Petites Histoires chez Pachyderme

Mughlaqa saluait parfois les passants depuis ses fenêtres du rez-chaussée, elle faisait un brin de causette avec les voisins, parfois elle fermait tout et elle-même : elle ne voulait plus voir personne.

Elle connaissait beaucoup de monde. Elle avait un fils handicapé moteur, très gentil et souriant, qui vivait en fauteuil roulant. Grâce à lui, beaucoup de gens parlaient à Mughlaqa pour demander des nouvelles de son fils quand il était en pension.
Il avait commencé à parler vers douze ans, par double syllabes : il disait "boire", chocolat était "colat", "téo" pour "météo", "rmir" pour "dormir" et sa mère décodait, comme toutes les mères du monde…

Elle avait travaillé longtemps pour l'hôpital du coin et n'avait pas supporté la nouvelle méthode de travail qui minutait chaque geste. Le lien avait les collègues était devenu un luxe et les employés avaient même du mal à fumer une cigarette pendant leur temps de pause. Il fallait toujours courir : courir chercher les dossiers des patients, courir apporter le matériel aux infirmiers, courir transmettre un courrier de médecin, courir nettoyer un dégât, courir d'une consultation à l'autre. Elle tint un temps, puis démoralisée tomba malade. Elle fut arrêtée quelques semaines, puis quelques mois, puis repris le travail enfin, mais transférée dans un autre service où elle ne se reconnut pas, elle retomba malade et fut mise en invalidité. Elle ferma ses fenêtres et sa porte : elle se mura dans le sombre et le silence. La maladie que le travail avait canalisée les années précédentes, s'aggrava…  et la société compta un handicapé de plus !

à suivre…
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RV de 11h

Petites Histoires de Pachyderme

"Tous les jours vers 11heures quelqu'un sonne à mon interphone : est-ce vous ?" demanda Pachyderme à la Godiche.
Godiche lui répondit, "si j'avais besoin de vous parler je monterai les étages, je n'irai pas à la porte de l'immeuble pour vous sonner !"
-C'est bien ce que je pensais…"
Depuis qu'il était en congé maladie, Pachyderme s'ennuyait ferme. Il s'était cassé le pied et en avait pour plusieurs mois enfermé entre ses huit murs. Il se prélassait donc le matin tard, pour avoir des journées plus courtes. Or régulièrement on sonnait à son nom et personne ne répondait quand il décrochait. Alors il échafaudait un scénario :
-Ils continuent.…"
-??"
-ils me surveillent ! ”

 à suivre…
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Voisines de Palier

Petites histoires chez Pachyderme…

La Jardinière et la Véroleuse étaient voisines directes. Elles semblaient s'entendre comme larons en foire : elles nourrissaient les chats du pâté d’immeubles.
Elles
échangeaient des banalités de bon aloi, se prêtaient leurs ustensiles, se passaient les consignes, se portaient des plats cuisinés quand l’une ou l’autre était en basse de moral : une entraide locale. Leur vie commune s'arrêtait là : chacune avait une voiture, était autonome et vaquait à ses occupations ; dehors elles étaient en concurrence. en fait, elles étaient assez jalouses l’une de l’autre.
Aucune des deux n'avaient de compagnon. La Jardinière levait des étrangers en mal de femme. La Véroleuse n'y arrivait pas, surtout parce que ce n'était pas dans son optique.

Véroleuse travaillait à l’autre bout de la ville et gagnait peu. Elles étaient presque aussi pauvres l’une que l’autre, mais l’une dépensait et l’autre vivait selon ses moyens : Véroleuse préférait s’occuper des chats et ne partait pas en vacances. L'autre faisait l'exubérante…

Tant qu'elles avaient peu et pas assez pour déborder l'autre, elles s'entendaient. Dès que l'une gagnait quelque chose, l'autre s'exacerbait…

L'amitié était aussi difficile pour l'une que pour l'autre : en fait elles n'y croyaient pas.

 à suivre…
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Mères-Chats

Petites Histoires chez Pachyderme

Jardinière et Véroleuse se fréquentaient régulièrement, car elles avaient des points communs et qu’elles étaient voisines de palier.
La première fonctionnait en mode ouverte° : tout était bon. La seconde en mode exclusivité : c’est moi et toi contre les autres.

Jardinière et Véroleuse parlaient avec tout le monde, chacune de leur côté.
Jardinière et Véroleuse se réfugiaient chez les chats. La première en avait trois qui dormaient avec elle, mais en nourrissait cinq, la seconde en nourrissait une batterie et les hébergeait comme dans un HLM, chacun sa niche, niches empilées les unes à côté et sur les autres, au nombre de dix-neuf. Elle se consolait de se sentir abandonnée en recueillant les chats abandonnés. Ainsi elle était moins seule et cela l’occupait du petit matin, au levé et avant de partir au travail, et à nouveau le soir quand elle alimentait les gamelles vespérales, puis quand elle rassemblait son monde pour le coucher de la meute. Le reste du temps les félins vaquaient dans les cours, sur les murs, les fenêtres…

Jardinière décida d’aménager le devant de la cour sous ses fenêtres, afin d’avoir un peu de tranquilité, d’intimité et de verdure à disposition. Véroleuse se dit
« Bonne idée, on va faire la cour ».
Elles firent le ménage dans la végétation laissée en abandon, bêchèrent à qui mieux mieux, identifièrent les arbres intéressants comme les pruniers, le laurier-cerise, laissèrent pousser un figuier, un baguenaudier sur le côté, mirent un rosier devant, des altæas dans le fond. Elles surveillèrent, arrosèrent, taillèrent, la cour devint jardin plusieurs années.
Une fois, elles recueillirent un sapin avec des racines qu’elles installèrent devant le mur du fond. Bien leur en prit, car quelques années plus tard un immeuble fut construit en arrière et le sapin masquait le vis à vis.

Les chats naviguaient dans les cours, montaient sur le mur de séparation, allaient voir d’autres voisins et se pointaient aux heures de gamelle à 6h30 et à 18h30 chez Véroleuse, les autres attendaient le lever et le retour de la Jardinière pour être nourris. Mais ils avaient l’habitude et se savaient pris en compte. Tout allait bien…

Quand les deux commères aménagèrent leur cour, elles perturbèrent les habitudes des félins qui migrèrent dans les cours voisines : Ils crottaient, pissaient, phéromonaient partout. Les voisins s’en émurent une fois, deux fois, trois fois… mais elles niaient le problème.

Godiche et Gudule ne savaient que faire, elles non plus : elles ne pouvaient plus profiter de leur propre jardin dans lequel elles se retrouvaient souvent dès que le climat le leur permettait. Une année de canicule, les odeurs montaient jusque dans les étages et cela devint intenable.
Gudule prit un petit seau d’arrosage qu’elle laissait dans le jardin et ramassa toutes les crottes de chat qu’elle trouva : le seau fut vite plein. Les deux comparses bêchèrent les “toilettes félines”, mirent un produit donné par le père de Gudule et attendirent le soir, puis la nuit. Gudule fit le guet dans le fond de la cour, contre le mur d’enceinte et fit signe à Godiche : celle-ci enjamba le muret et se rendit, comme cela se faisait couramment, dans le jardin des voisines de palier. Elle répartit les crottes sous leurs fenêtres. Puis repartit discrètement…

Le lendemain Godiche et Gudule occupèrent leur cour de leur mieux pour faire comprendre aux chats qu’ils n’y avaient plus leur place. Elles y restaient aussi les soirs d'été suivants. Pachyderme, lui, leur envoyait des oignons qu'il avait sous la main afin de les éloigner ! Chacun sa méthode et on put dormir les fenêtres ouvertes…

 à suivre…
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°ouverte : devrait s'accorder avec mode, mais je préfère mettre le féminin pour l'accorder avec la personne, afin de heurter la description

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Véroleuse*

Petites Histoires chez Pachyderme

Elle n’avait pas son pareil pour semer la zizanie, colporter des rumeurs, monter les gens contre les autres, diviser les amis.
Elle se prit d’amitié avec l’Inverti et monta un gang d’inimitié. Gare à qui s’y opposait. Elle se lia avec la Mère Sans-Gêne et ils refirent leur monde.

Elle savait tout sur tout le monde grâce à ses chats qui couraient partout, et ce qu’elle ne savait pas, elle l’inventait. Pour être sûre que cela porte, elle racontait d'abord ses histoires à ses coreligionnaires qui reprenaient les choses à leur sauce : tout devenait réel.

Elle était petite, lourde et renfrognée, un pot à tabac que l’on trouvait toujours sur ses pas quznd on ne voulait pas.  Elle vous abordait tout en politesse, vous racontait ses histoires tout en vous sondant. Puis elle allait raconter à ses comparses ce qu’elle avait cru apprendre sur vous ou de vous… Il y en avait pour une heure pleine.
Si vous l’évitiez, la fois suivante, vous étiez catalogué comme hostile et les provocations commençaient.

Chaque matin de bonne heure, avant de partir au travail, elle sortait son chien et le faisait aboyer sous les fenêtres de qui lui déplaisait.
Le soir, elle guettait par les fenêtres des renseignements que ses chats ne lui avaient pas apportés… Les fins de semaine, elle traînait à heure déterminée du marché pour rencontrer le maximum de gens : elle capitalisait ainsi son audience en tenant le haut du pavé. Elle occupait surtout le trottoir et son temps : elle était inévitable et inimitable !

 à suivre…
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Économie Parallèle chez MJFR

Petites histoires chez Pachyderme…

Régulièrement Monsieur Je Fais Rien vidait sa cave des multiples appareils, matériaux, ustensils qu'il avait récupérés durant l'année, au gré de ses chantiers, visites, prospections… Il en chargeait sa voiture à bloc, à bloc dans tous les interstices et sur le toit. Le véhicule, un Pijot, doublait de poids et de hauteur, et il partait pour le bled, outre-Méditerranée…

Là, il revendait à un prix intéressant sa récolte, il y avait de tout ce dont les gens avaient besoin et qui rapportait : lavabo, radiateur, centrale vapeur, table, batterie, TV, ventilateur, à croire que là-bas ils manquaient de tout ! Cela lui payait le voyage…

Plusieurs fois, il partit avec une voiture qu'il revendit aussi sur place, mais ça c'était sur commande pré-payée.

Quand ce qu'il avait collecté n'était pas réservé, il le laissait dans les parties communes de l'immeuble, au sous-sol : à charge aux voisins de faire évacuer les reliquats, à leurs frais !

 à suivre…
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Complot contre Pachyderme

Petites histoires de Pachyderme…

Dès son emménagement, et malgré sa pauvreté, Pacyderme avait préparé son nouvel appartement. Il avait repeint la cuisine, découpé et monté des étagères, installé un plan d'ordinateur, placé des portes dans un renfoncement pour en faire un placard… et installé une alarme !

Tout content de son nouveau logis, il invita d'anciens copains… Puis il partit voir sa fille dans une ville de montagne à quelques centaines de kilomètres de là. Il louait une voiture le vendredi après-midi, pour revenir le dimanche soir et passer une longue fin de semaine avec la petite.

À peine avait-il pris la route, que dans l'immeuble, un son bizarre de cricket strident se fit entendre… qui s'amplifiait.
Les voisins peu habitués, se retrouvèrent dans l'escalier, puis se regroupèrent interloqués et stressés devant la porte de Pachyderme : la porte était fermée, Pachyderme ne répondait pas à la sonnette et personne n'avait son numéro de téléphone.
La sirène était apparemment partie pour ne plus s'arrêter. Impossible de s'isoler dans une seule pièce d'aucun appartement sans l'entendre… C'était le premier locataire à avoir un tel dispositif. Ici les gens étaient modestes et leurs biens n'exigeaient aucune protection particulière.

Au bout  de trente minutes ou plus, une voiture s'arrêta dans la rue, et ses occupants voulurent entrer dans l'immeuble : ils n'avaient aucun pass…  À la faveur d'une sortie, ils pénétrèrent dans l'escalier et se présentèrent à la porte de Pachyderme !

-Qu'est-ce que vous voulez demandèrent les voisins ?

-Nous sommes de la société de surveillance et nous savons que l'alarme s'est déclenchée ici, nous venons voir !

-Mais cela fait une demi-heure que cela sonne et vous arrivez maintenant ?? Un voleur a le temps de revenir deux fois et de repartir tranquille avec vous !

Les deux agents de sécurité vérifièrent que la porte était bien close ; et s'apprêtaient à repartir…

-Pourquoi cette sirène ?" demandèrent les voisins nouvèlement arrivés.

Les agents interrogèrent les présents : "avaient-ils vu ou entendu un va-et-vient ? un rodeur ?"

La Godiche n'avait rien remarqué et il n'y avait personne chez Pachyderme, vu qu'elle habitait en dessous et qu'elle entendait chaque pas de déplacement de tous les voisins qui avaient logé dans cet appartement.

-Alors il s'agit d'un chat ! "

À cette époque Pachyderme n'avait pas encore recueilli Perché et n'avait aucun animal.

-ou d'un oiseau qui est entré dans l'appartement et qui a déclenché l'alarme."

Chez Pachyderme les fenêtres étaient toujours fermées, sauf quand il faisait le ménage. Et tout le monde vérifia que toutes ses baies étaient closes… pourquoi l'alarme s'était-elle mise en route ?

-Bon ben maintenant, il faut nous arrêter ce vacarme, parce que ça porte sur les nerfs !

-Mais nous n'avons pas les clés de l'appartement, seul le résident peut arrêter le dispositif !

-Mais vous servez à quoi ? Vous n'avez pas un système de manœuvre à distance ?

-Non, il faut qu'on appelle la centrale, qui doit appeler le client qui doit…

Ils semblaient aussi aptes à leur mission qu'à être papes !

-Alors dépêchez-vous et arrêtez cette sirène, parce que s'il est parti pour la fin de semaine on ne va pas dormir avec cela !

Citoyen Je Sais Tout proposa d'appeler la police…

 à suivre…

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Pachyderme Bricole

Petites histoires de Pachyderme…

Un samedi matin, la Godiche entendit remuer derrière sa porte d'appartement. Cela persista. Elle comprit que quelqu'un farfouillait dans la gaine électrique ; mais comme c'était la fin de semaine et qu'elle ne voulait pas être dérangée dans sa tranquillité, elle se contenta de regarder par le judas : elle reconnut Pachyderme, de profil, qui soufflait et râlait. Elle finit par ouvrir la porte et demanda à ce voisin, non sans l'avoir salué tout de même :

-Que faîtes vous ?

-J'ai plus d'internet !

-et vous trouvez internet dans la gaine électrique ?!

-Il y a quelqu'un qui utilise ma connection internet et aujourd'hui elle est en panne !

-Mais vous savez bien que je n'ai pas internet ? Je ne serai pas branchée sur la vôtre sans autorisation !

-Ah mais c'est pas vous ! Je sais très bien qui c'est !

-Et vous vous y connaissez ?

-non mais je regarde, pourquoi ces deux fils sont coupés ?

-mmh !

-Je suis gentil, mais quand je suis énervé je peux être très méchant…

-Vous savez, je ne crois pas qu'on puisse se connecter à votre internet ou votre ordinateur sans votre mot de passe !

-Y'en a qui sont malins…

-c'est peut-être une coupure momentanée ?!

-Vous comprenez, au 3° ils font leurs coups en douce, mais je sais que c'est eux !

-Le Sportif ? mais il a le câble…

-Non pas lui, ses copains !

-ah bon ? Mais ils seraient venus à mon étage pour farfouiller dans les fils électriques ?

-La Louée a des copains bizarres et avec le Sportif, il font leurs coups ensemble…

-Bon essayez de ne pas me couper mon électricité ou mon interphone, svp !

Elle referma la porte, en ayant assez entendu. Elle pensa : "Je ne suis pas sûre que la Louée ait internet ; seulement un téléphone mobile. Pourquoi se met-il martel en tête, Pachyderme ?" Elle vagua à ses occupations, puis entendit Pachyderme taper sur le couvercle de la gaine. Elle attendit qu'il parte, se demandant s'il allait interpeller la Louée… Non il rentra chez lui, fulminant.

Elle vérifia ses connections dans l'appartement, tout semblait en ordre…

Quelques jours plus tard, elle croisa Pachyderme sur le trottoir :

-Alors et votre internet ?

-C'est revenu !

-Vous avez compris pourquoi ?

-Non, mais je vais surveiller, je suis sûr qu'on m'espionne, que certains entrent dans mon ordinateur !

-Mais vous n'avez pas de mot de passe ?

-Si !

-Alors comment voulez-vous qu'on entre dans votre ordinateur ?

-Y'en a qui sont plus malins que nous…

-oui, c'est vrai, mais en quoi pourriez-vous les intéresser ? Vous ne tenez pas d'information importante ?!

-Moi cela m'aurait arranger de me brancher sur votre internet, parce que c'est cher une connection, mais vous voulez pas !

Pachyderme était dans ses pensées, elle le salua et partit.

Quelque temps plus tard, elle voulut ouvrir la porte de l'immeuble à une personne qui venait la voir, elle appuya sur le bouton de l'interphone qui gouverne la dite-porte… mais cela ne fonctionna pas !

Pour le coup, "je sais de qui cela vient", se dit-elle !

 à suivre…

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Éconduit

Petites histoires de Pachyderme…

Un jour il y eut une discussion/remontrance/dispute de plus chez la Louée.

Le lendemain, un type que certains avaient déjà vu, s'acharnait sur l'interphone pour entrer dans l'immeuble… Il profita d'une sortie de "Citoyen Je Sais Tout" pour se faufiler jusqu'à l'appartement de la Louée. Elle n'ouvrit pas. Comme il insistait, elle appela la police ! La police vint… mais il n'y avait rien à voir, il s'était éloigné, puis il revint à l'immeuble. Elle dit qu'elle avait peur. Il remonta dans l'immeuble alors que la Godiche arrivait avec son pain. La police revint en civil, mais elle ne voulut pas leur ouvrir…. Enfin, l'homme réapparu avec un copain. D'après certains observateurs, ils sentaient l'alcool.

Citoyen Je Sais Tout qui ne travaillait pas à cette époque, et qui se prétendait éducateur, crut bon de dire aux voisins "je me crois au boulot". C'est là qu'on vit qu'il ne faisait rien…

Pour en finir, la Louée, balança tous les effets de son locataire par la fenêtre : un drap resta pendu à une balustrade, les pulls, les chaussettes et chaussures pleuvaient, les bulletins de salaire étaient éparpillés sur le trottoir, on retrouva un avis d'imposition dans le caniveau… on sut son nom, sa profession, son adresse officielle, mais jamais pourquoi il s'était fourvoyé jusqu'ici !

à suivre…

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Sous-Loueur*

Petites histoires de Pachyderme…

Le Sous-Loueur était un malin. Avant de passer la Méditerranée, il avait bien étudié la question, recueilli les témoignages de ceux qui en revenaient, des familles de ceux qui y étaient installés. Il savait qu'un jour il irait outre-mer, au Nord…

Il était jeune, svelte, déterminé, intelligent, réflèchi et voulait se sortir d'un pays exsangue, corrompu et sans avenir. Son père était pourtant directeur d'école, sa mère attentive à l'éducation de ses enfants. Mais il ne voyait pas d'avenir là.

Un soir, il prit son sac, acheta un ticket, monta dans le bus et partit. Au port, il resta quelques jours chez un vague parent, acheta un billet et disparut. Il avertit sa famille une fois arrivé à Marseille. Il dormit chez le cousin d'un copain. Il attendit une opportunité pour monter dans une agglomération plus au Nord où il logea chez un copain de sa ville.

Il travailla au noir dans un premier temps. Au bout d'un mois, toujours clandestin, il postula pour un foyer-hôtel (comme on disait pour les foyers-logements pour jeunes). Cette nouvelle étape accomplie, il passa à la suivante.

Il s'était informé sur les lieux de rencontres : il apprit que les jeunes tournaient en rond dans le centre commercial du centre-ville pour trouver fortune amoureuse.

Il s'y rendit, une fois, deux fois, trois fois, avec ses nouveaux copains, aux heures les plus propices.

Cette fois-ci, il repéra une jeune blonde, aux yeux verts, bien ronde… Il l'invita à boire un verre. Pas farouche, et peut-être même candidate, elle lui raconta sa vie, elle logeait chez une cousine, cela n'allait pas…. À la seconde rencontre, elle alla chez lui. Il dormit par terre sur une couverture, elle dans le lit. Au troisième soir, elle emménagea dans sa chambre et s'offrit à lui. Il avait pris soin de lui dire ce qu'il attendait d'elle : un permis de séjour…

à suivre…

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