Économie Parallèle chez MJFR

Petites histoires de Pachyderme…

Régulièrement Monsieur Je Fais Rien vidait sa cave des multiples appareils, matériaux, ustensils qu'il avait récupérés durant l'année, au gré de ses chantiers, visites, prospections… Il en chargeait sa voiture à bloc, à bloc dans tous les interstices et sur le toit. Le véhicule, un Pijot, doublait de poids et de hauteur, et il partait pour le bled, outre-Méditerranée…

Là, il revendait à un prix intéressant sa récolte, il y avait de tout ce dont les gens avaient besoin et qui rapportait : lavabo, radiateur, centrale vapeur, table, batterie, TV, ventilateur, à croire que là-bas ils manquaient de tout ! Cela lui payait le voyage…

Plusieurs fois, il partit avec une voiture qu'il revendit aussi sur place, mais ça c'était sur commande pré-payée.

Quand ce qu'il avait collecté n'était pas réservé, il le laissait dans les parties communes de l'immeuble, au sous-sol : à charge aux voisins de faire évacuer les reliquats, à leurs frais !

 à suivre…

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Complot contre Pachyderme

Petites histoires de Pachyderme…

Dès son emménagement, et malgré sa pauvreté, Pacyderme avait préparé son nouvel appartement. Il avait repeint la cuisine, découpé et monté des étagères, installé un plan d'ordinateur, placé des portes dans un renfoncement pour en faire un placard… et installé une alarme !

Tout content de son nouveau logis, il invita d'anciens copains… Puis il partit voir sa fille dans une ville de montagne à quelques centaines de kilomètres de là. Il louait une voiture le vendredi après-midi, pour revenir le dimanche soir et passer une longue fin de semaine avec la petite.

À peine avait-il pris la route, que dans l'immeuble, un son bizarre de cricket strident se fit entendre… qui s'amplifiait.
Les voisins peu habitués, se retrouvèrent dans l'escalier, puis se regroupèrent interloqués et stressés devant la porte de Pachyderme : la porte était fermée, Pachyderme ne répondait pas à la sonnette et personne n'avait son numéro de téléphone.
La sirène était apparemment partie pour ne plus s'arrêter. Impossible de s'isoler dans une seule pièce d'aucun appartement sans l'entendre… C'était le premier locataire à avoir un tel dispositif. Ici les gens étaient modestes et leurs biens n'exigeaient aucune protection particulière.

Au bout  de trente minutes ou plus, une voiture s'arrêta dans la rue, et ses occupants voulurent entrer dans l'immeuble : ils n'avaient aucun pass…  À la faveur d'une sortie, ils pénétrèrent dans l'escalier et se présentèrent à la porte de Pachyderme !

-Qu'est-ce que vous voulez demandèrent les voisins ?

-Nous sommes de la société de surveillance et nous savons que l'alarme s'est déclenchée ici, nous venons voir !

-Mais cela fait une demi-heure que cela sonne et vous arrivez maintenant ?? Un voleur a le temps de revenir deux fois et de repartir tranquille avec vous !

Les deux agents de sécurité vérifièrent que la porte était bien close ; et s'apprêtaient à repartir…

-Pourquoi cette sirène ?" demandèrent les voisins nouvèlement arrivés.

Les agents interrogèrent les présents : "avaient-ils vu ou entendu un va-et-vient ? un rodeur ?"

La Godiche n'avait rien remarqué et il n'y avait personne chez Pachyderme, vu qu'elle habitait en dessous et qu'elle entendait chaque pas de déplacement de tous les voisins qui avaient logé dans cet appartement.

-Alors il s'agit d'un chat ! "

À cette époque Pachyderme n'avait pas encore recueilli Perché et n'avait aucun animal.

-ou d'un oiseau qui est entré dans l'appartement et qui a déclenché l'alarme."

Chez Pachyderme les fenêtres étaient toujours fermées, sauf quand il faisait le ménage. Et tout le monde vérifia que toutes ses baies étaient closes… pourquoi l'alarme s'était-elle mise en route ?

-Bon ben maintenant, il faut nous arrêter ce vacarme, parce que ça porte sur les nerfs !

-Mais nous n'avons pas les clés de l'appartement, seul le résident peut arrêter le dispositif !

-Mais vous servez à quoi ? Vous n'avez pas un système de manœuvre à distance ?

-Non, il faut qu'on appelle la centrale, qui doit appeler le client qui doit…

Ils semblaient aussi aptes à leur mission qu'à être papes !

-Alors dépêchez-vous et arrêtez cette sirène, parce que s'il est parti pour la fin de semaine on ne va pas dormir avec cela !

Citoyen Je Sais Tout proposa d'appeler la police…

 à suivre…

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Pachyderme Bricole

Petites histoires de Pachyderme…

Un samedi matin, la Godiche entendit remuer derrière sa porte d'appartement. Cela persista. Elle comprit que quelqu'un farfouillait dans la gaine électrique ; mais comme c'était la fin de semaine et qu'elle ne voulait pas être dérangée dans sa tranquillité, elle se contenta de regarder par le judas : elle reconnut Pachyderme, de profil, qui soufflait et râlait. Elle finit par ouvrir la porte et demanda à ce voisin, non sans l'avoir salué tout de même :

-Que faîtes vous ?

-J'ai plus d'internet !

-et vous trouvez internet dans la gaine électrique ?!

-Il y a quelqu'un qui utilise ma connection internet et aujourd'hui elle est en panne !

-Mais vous savez bien que je n'ai pas internet ? Je ne serai pas branchée sur la vôtre sans autorisation !

-Ah mais c'est pas vous ! Je sais très bien qui c'est !

-Et vous vous y connaissez ?

-non mais je regarde, pourquoi ces deux fils sont coupés ?

-mmh !

-Je suis gentil, mais quand je suis énervé je peux être très méchant…

-Vous savez, je ne crois pas qu'on puisse se connecter à votre internet ou votre ordinateur sans votre mot de passe !

-Y'en a qui sont malins…

-c'est peut-être une coupure momentanée ?!

-Vous comprenez, au 3° ils font leurs coups en douce, mais je sais que c'est eux !

-Le Sportif ? mais il a le câble…

-Non pas lui, ses copains !

-ah bon ? Mais ils seraient venus à mon étage pour farfouiller dans les fils électriques ?

-La Louée a des copains bizarres et avec le Sportif, il font leurs coups ensemble…

-Bon essayez de ne pas me couper mon électricité ou mon interphone, svp !

Elle referma la porte, en ayant assez entendu. Elle pensa : "Je ne suis pas sûre que la Louée ait internet ; seulement un téléphone mobile. Pourquoi se met-il martel en tête, Pachyderme ?" Elle vagua à ses occupations, puis entendit Pachyderme taper sur le couvercle de la gaine. Elle attendit qu'il parte, se demandant s'il allait interpeller la Louée… Non il rentra chez lui, fulminant.

Elle vérifia ses connections dans l'appartement, tout semblait en ordre…

Quelques jours plus tard, elle croisa Pachyderme sur le trottoir :

-Alors et votre internet ?

-C'est revenu !

-Vous avez compris pourquoi ?

-Non, mais je vais surveiller, je suis sûr qu'on m'espionne, que certains entrent dans mon ordinateur !

-Mais vous n'avez pas de mot de passe ?

-Si !

-Alors comment voulez-vous qu'on entre dans votre ordinateur ?

-Y'en a qui sont plus malins que nous…

-oui, c'est vrai, mais en quoi pourriez-vous les intéresser ? Vous ne tenez pas d'information importante ?!

-Moi cela m'aurait arranger de me brancher sur votre internet, parce que c'est cher une connection, mais vous voulez pas !

Pachyderme était dans ses pensées, elle le salua et partit.

Quelque temps plus tard, elle voulut ouvrir la porte de l'immeuble à une personne qui venait la voir, elle appuya sur le bouton de l'interphone qui gouverne la dite-porte… mais cela ne fonctionna pas !

Pour le coup, "je sais de qui cela vient", se dit-elle !

 à suivre…

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Éconduit

Petites histoires de Pachyderme…

Un jour il y eut une discussion/remontrance/dispute de plus chez la Louée.

Le lendemain, un type que certains avaient déjà vu, s'acharnait sur l'interphone pour entrer dans l'immeuble… Il profita d'une sortie de "Citoyen Je Sais Tout" pour se faufiler jusqu'à l'appartement de la Louée. Elle n'ouvrit pas. Comme il insistait, elle appela la police ! La police vint… mais il n'y avait rien à voir, il s'était éloigné, puis il revint à l'immeuble. Elle dit qu'elle avait peur. Il remonta dans l'immeuble alors que la Godiche arrivait avec son pain. La police revint en civil, mais elle ne voulut pas leur ouvrir…. Enfin, l'homme réapparu avec un copain. D'après certains observateurs, ils sentaient l'alcool.

Citoyen Je Sais Tout qui ne travaillait pas à cette époque, et qui se prétendait éducateur, crut bon de dire aux voisins "je me crois au boulot". C'est là qu'on vit qu'il ne faisait rien…

Pour en finir, la Louée, balança tous les effets de son locataire par la fenêtre : un drap resta pendu à une balustrade, les pulls, les chaussettes et chaussures pleuvaient, les bulletins de salaire étaient éparpillés sur le trottoir, on retrouva un avis d'imposition dans le caniveau… on sut son nom, sa profession, son adresse officielle, mais jamais pourquoi il s'était fourvoyé jusqu'ici !

à suivre…

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le Sous-Loueur*

Petites histoires de Pachyderme…

Le Sous-Loueur était un malin. Avant de passer la Méditerranée, il avait bien étudié la question, recueilli les témoignages de ceux qui en revenaient, des familles de ceux qui y étaient installés. Il savait qu'un jour il irait outre-mer, au Nord…

Il était jeune, svelte, déterminé, intelligent, réflèchi et voulait se sortir d'un pays exsangue, corrompu et sans avenir. Son père était pourtant directeur d'école, sa mère attentive à l'éducation de ses enfants. Mais il ne voyait pas d'avenir là.

Un soir, il prit son sac, acheta un ticket, monta dans le bus et partit. Au port, il resta quelques jours chez un vague parent, acheta un billet et disparut. Il avertit sa famille une fois arrivé à Marseille. Il dormit chez le cousin d'un copain. Il attendit une opportunité pour monter dans une agglomération plus au Nord où il logea chez un copain de sa ville.

Il travailla au noir dans un premier temps. Au bout d'un mois, toujours clandestin, il postula pour un foyer-hôtel (comme on disait pour les foyers-logements pour jeunes). Cette nouvelle étape accomplie, il passa à la suivante.

Il s'était informé sur les lieux de rencontres : il apprit que les jeunes tournaient en rond dans le centre commercial du centre-ville pour trouver fortune amoureuse.

Il s'y rendit, une fois, deux fois, trois fois, avec ses nouveaux copains, aux heures les plus propices.

Cette fois-ci, il repéra une jeune blonde, aux yeux verts, bien ronde… Il l'invita à boire un verre. Pas farouche, et peut-être même candidate, elle lui raconta sa vie, elle logeait chez une cousine, cela n'allait pas…. À la seconde rencontre, elle alla chez lui. Il dormit par terre sur une couverture, elle dans le lit. Au troisième soir, elle emménagea dans sa chambre et s'offrit à lui. Il avait pris soin de lui dire ce qu'il attendait d'elle : un permis de séjour…

à suivre…

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La Louée*

Petites histoires de Pachyderme…

La Louée était arrivée avec la nouvelle administration de l'immeuble. Elle était prioritaire. Elle était mince, avec de longs cheveux sombres qu'elle laissait pendre dans son dos. De dos d'ailleurs on la prenait pour une jeune fille. De face, on voyait bien qu'elle avait vécu.

En fait "elle vivait" encore !

Chaque mois, chez elle, dans son F1, arrivait un nouvel homme. Plus jeune qu'elle en général, très discret vis à vis des voisins, c'est pour cela qu'on ne comprit pas tout de suite.…

Elle arriva en début de printemps. Elle disait bonjour à tout le monde, mais ne s'attardait pas.

Elle avait des canaris dans sa cuisine, et on les entendait chanter quand la fenêtre était ouverte. C'était charmant. Ce qui l'était moins c'était les reliefs de leur repas que l'on trouvait régulièrement dans la cour. Puis ce furent les pots de fleurs qui tombaient et qu'elle ne venait jamais ramasser.

Elle partait tous les soirs vers 19h, rentrait de nuit, voir tôt le matin et allait son train de vie. Les habitants menant la leur, on n'en fit pas cas…

Peu de temps après son arrivée, les fenêtres ouvertes grâce à un printemps chaud, on entendit des discussions fermes et longues, des espèces de litanies sonores dont on n'entendait pas distinctement les mots, un fois, deux fois en peu de jours. L'homme descendait, revenait le soir, puis le lendemain, puis on ne le revit plus.

Histoires de ménage n'intéressent pas les voisins. Mais un mois plus tard, la même scène avec un autre homme se reproduisit. Puis encore une fois avec un autre… Ces hommes n'avaient pas la clé, ni de l'immeuble, ni de l'appartement. Ils sonnaient à l'interphone. Ce même été, apparu un homme étrange, grand, gros, avec un chien de la taille d'un veau… Dans l'appartement, on aurait qu'ils menaient un conciliabule.

Chaque jour, nombre de bouteilles de verre partait à la poubelle.

La jeune voisine de palier croisant l'homme, calme, mais imposant, sentant l'alcool, eut des craintes.  Elle avait entendu elle-aussi partie des discussions tard dans la nuit, depuis sa propre chambre. Plusieurs fois, elle se faufila hors de chez elle quand elle pensa avoir le champ libre. Elle n'était pas tranquille. Elle demandait à ses amis de venir la chercher pour descendre de chez elle. Elle chercha sur internet le type de chien, et en déduisit un modèle yankee interdit à la reproduction. Elle prit peur.

La Godiche, jamais en mal d'une conversation, entreprit de parler à cette femme sans âge, finalement. Elle lui demanda si elle travaillait loin.

-Non, je ne travaille pas, dit la femme sans ambage.»

-ah bon, mais je vous vois sortir tous les jours à 19h quand je rentre !»

-Non, non, je sors quand je suis prête ! Moi, j'ai une vie pépère…»

Un autre jour, elle croisa un homme avec une longue et mince malette qui voulait entrer dans l'allée sans que l'on lui ouvrit de l'interphone :

-où allez-vous ? » demanda la Godiche

-je vais voir une amie » dit doucement l'homme.

-ah oui ? et qui ?»

-elle veut être discrète… »

-Et bien si elle ne vous ouvre pas, c'est soit qu'elle n'est pas là, soit qu'elle ne veut pas vous voir !". Et elle ne libéra pas la seconde porte.

Mais c'était déjà le troisième de la saison…

à suivre…

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Godiche*

Petites histoires de Pachyderme

La Godiche correspondait quelque peu à la chanson de Sandrine Kiberlain… mais en plus, elle était blète ; pourtant on avait du mal à lui donner un âge certain. Certains jours de fatigue, on aurait pu la caler sur soixante-cinq ans, mais d'autres jours, où alerte, elle sortait de l'immeuble pimpente et en couleurs vives, on lui en donnait cinquante à peine…

Elle était bâtie comme une bouteille "Perrier" ; elle riait souvent, mais savait aussi tacler : ce pourquoi elle était redoutable.

à suivre…

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le Sportif*

*Petites histoires de Pachyderme

Le sportif habitait au-dessus de Pachyderme. Il était très propre. Son appartement, fort dépouillé ne contenait que l'essentiel. Il l'aérait tous les jours pendant au moins une heure quel que soit le climat.

C'était un jeune adulte. Il avait attéri là par hasard, car il avait un travail dans le quartier d'à côté et il y allait en vélo. Cela lui évitait maintenant de traverser une partie de l'agglomération… Il était svelte, musclé. Il se tenait propre et bien coiffé, malgré une casquette vissé sur le tête.

Mais peu de temps après son emménagement son contrat se termina. Il se désintalla de la vie active. Il se levait vers 14h, ce qui ne dérangeait personne. Il se douchait et s'habillait pendant que les draps prenaient l'air à la fenêtre. Les voisins s'en fichaient. Il faisait une première sortie vers 15h pour mener ses affaires, tout en vélo-VTT, où que ce fut, les écouteurs sur les oreilles. Puis il rentrait vers 18h, voire 19h. À 22h il redescendait son vélo qui était trop beau pour attendre dehors. Il se bagarrait avec la porte intérieure sans ménagement.

À cette heure-là, il allait s'acheter une pizza chez un préparateur rapide, une boisson gazeuse et remontait sa bicyclette à l'étage, non sans heurter rampes ou murs. Parfois comme il avait plus de courses, il laissait sa bicyclette dans l'entrée de l'immeuble - de travers de préférence - car le mur devait être trop difficile à viser. il grimpait les escaliers en vitesse, puis repartait chercher son véhicule.

On ne sait ce qu'il faisait ensuite, à part manger. Il était alors calme. Parfois, il amenait des copains, voire une copine en cours et on les entendait discuter ou batifoller. Puis vers 1h du matin, voire 2h, il commençait son entraînement : altères, rameur, abdominaux, boxe, pendant deux heures. Vers 4h, il allait se coucher dans ses draps frais. 

Malheureusement Pachyderme, se levait à 6h30. L'embrouille commença donc quelques semaines après l'arrivée du sportif dans l'immeuble.

à suivre…

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Perché & Pachyderme

Petites Histoires de Pachyderme

Perché dormait rarement la nuit chez Pachyderme.

L'humain n'appréciait pas. Il avait peur des réactions du chat.

Quand il bougeait la nuit sous les couvertures, le chat prenait cela pour un jeu ou une souris et se précipitait sur le pied remuant pour l'attraper. Pachyderme avait peur.

De toute façon, le soir, après son dernier repas, Perché se présentait devant la fenêtre, le museau presque contre la vitre : cela voulait dire : "je sors !". La vie diurne, passée à roupiller et à manger confortablement était finie, il passait à sa vie nocturne, mais on ne savait pas de quoi elle était faite…

Pourtant, certains jours, Perché se promenait dans le tènement et passait à leur fenêtre, parfois entrait chez les gens, observait, écoutait, repérait : ainsi, il savait beaucoup de choses sur tout le monde !

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Des Amours…

Petites Histoires de Pachyderme

Et la reine du pâté d'habitations s'éprit de celui qui se prenait pour le roi : le Gueulard ! Il était son premier amour… Elle était son trophée. Il se pavanait, elle exultait : un homme s'intéressait à elle, cette jolie ado, ego-centrique et orgueilleuse : cela les légitimait tous les deux dans leur rôle.

Ce fut une éclosion de sensualité dans la rue et les abords. ils s'embrassaient éperdument, ils se donnaient à voir : lui à sa bande, elle à ses copines… Les voisins étaient leur public. Elle se prenait pour une femme, alors que ses copines n'étaient encore que des filles. Il se prenait pour un caïd et roulait des mécaniques (à tous les sens du terme), dominant le monde de son regard et de sa voix quand il appelait sa reine depuis le trottoir ou depuis sa fenêtre presque en face. Elle répondait flattée qu'il ait besoin d'elle et que son amoureux se manifesta impérialement et souvent…

Les mères, elles s'ignoraient. L'enfant de l'autre n'était aucunement bienvenu chez chacune.

Les rencontres se faisaient donc dans la rue. Puis, attendant que la mère fût partie, ils s'introduisaient dans le logement libre et s'enfermaient dans la chambre. Elle était toute dévouée à son amoureux. Il était arrivée à une étape de sa vie, il se voulait homme et seigneur, et la belle adolescente blonde et fine le confirmait dans son statut. Mais la Reine avait l'habitude de faire marcher son monde, et que son monde tourne autour d'elle. Le Gueulard n'était pas arrivé à ce stade pour obéir et vénérer une femelle.… Les prises de becs étaient donc fréquentes et hautes en décibels, chacun voulant que l'autre s'occupa et combla son ego. Ils se séparèrent maintes fois, pour se retrouver au vue de tous avec toutes la frénésie de leur jeunesse traumatisée.

Chaque fois qu'il y avait séparation, les mères essayaient, discrètement et séparément de ramener sa progéniture au bercail. Mais en vain, l'attraction était telle, qu'ils revenaient l'un à l'autre.

Le Gueulard voulut aussi s'installer dans la maison de sa belle… Il se comportait en seigneur, se faisait servir, il voulait être comblé.… Il en prit tellement l'habitude quand la Sans-gène n'était pas là, qu'il s'oublia et s'installa dans le salon, commandant ce dont il avait envie. La Mère Sans-Gène observa la scène et attendit d'être seule avec sa fille pour lui demander, si être traitée de la sorte était une satisfaction, si elle devait être soumise ou libre, etc… La Reine trouva des excuses à son seigneur, éludant le problème.

Mais la scène eut tôt fait de se reproduire : la Mère Sans-Gène reprit sur le champ le pseudo seigneur et lui dit "pas de ça chez moi !", lui énonçant les valeurs des Gauloises ! Il fut mis à la porte manu-militari. La Reine pleurait, l'appelant, criant. Mais la Sans-Gène maintient sa position et sa fille… mineure. Celle-ci s'enfuit, mais la maison du Gueulard, en l'occurence de la Gueularde, était occupée par celle-ci. Les deux amoureux se retrouvèrent dans la rue, au vue et au su du public fatigué de ce vaudeville.

Un peu plus tard, Gueulard s'imposa chez la Sans-Gène, en mettant dans la tête de la Reine que tout allait bien se passer, qu'il serait courtois, que sa mère ne pouvait s'opposer, etc… Ils se faufilèrent dans la chambre, la Mère Sans-Gène dans sa maison ! Trouvant que le manège fonctionnait bien, ce fut une habitude. Mais le loup dans la bergerie a beau se déguiser, il reste un loup.

 

à suivre…

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