le Chat de Pachyderme*

Petites histoires de Pachyderme

Il était assis à la fenêtre, le nez au dessus du vide, la queue oscillant lentement dans la pièce, les oreilles dressées, se tournant vers l'avant, puis vers l'arrière, attentives à ce qui se passait à l'intérieur de l'appartement, comme à ce qui survenait dans les cours. À son attitude, on aurait pensé qu'il était philosophe, mais pas du tout.

Il dominait son empire : cinq cours à s'occuper, surveiller les allées et venues, vérifier l'identité des intrus ou supposés, 3 murs d'enceinte à contrôler, plus les explorations des alentours du domaine. Passer d'un appartement à l'autre, converser avec certains habitants qui savaient miauler, observer les autres, se faire caresser, recevoir des offrandes, tel était l'emploi du temps du Perché, mais c'était sans compter les nombreuses pauses. Caché sous un buisson, sur un mur, ou à même la terre en fonction des saisons : il méditait. La nuit il vadrouillait au delà de son périmètre. Il traversait les avenues alentours, sans aucune notion du dangereux trafic routier.

À l'heure du petit déjeuner de Pachyderme, la ville était éveillée, mais l'intensité des mouvements ne se faisait que plus tard. Les oiseaux considéraient les espaces verts comme leur territoire. Ils passaient d'arbre en arbre, certains trouvant des fruits, des graines, d'autres cherchant des insectes. Les merles passaient des arbres fruitiers au sol qu'ils grattaient pour récupérer des vers de terre. Ceux-là étaient plus nerveux, car les prédateurs au sol étaient plus nombreux. Les corneilles se juchaient dans le grand pin et y faisaient du remue-ménage avec leurs ailes et leur croassement pour signifier que là étaient leur siège. Les moineaux piaillaient dans les sureaux à qui mieux-mieux. Les mésanges, comme timides ne s'aventuraient vers les aliments que lorsque tout était "normal" ; les rouge-gorges étaient furtifs. Deux tourterelles passaient en visite, mais plus tard dans la matinée. Rien que du banal pour une ville. Mais c'était un feuilleton quotidien pour le chat Perché sur son promontoire.

Pachyderme était ravi de ces scènes matinales, où le jour était encore vierge de ses affres habituelles. Il aimait cette harmonie et l'animation sonore qu'il écoutait depuis sa table de petit déjeuner.

Au milieu de la matinée, en été, les oiseaux partaient se réfugier dans d'autres aires de la ville : probablement dans les parcs. On ne les revoyait plus avant le soir. L'hiver ils restaient plus présents dans la mosaïque verdoyante que formaient les jardins vus du ciel.

 à suivre…

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Protestations en France

La France compte environ 26 à 28 millions d'actifs professionnellement. Environ 3 millions sont au chômage sous diverses catégories.

Mardi 12 septembre 60 000 personnes au moins (400 000 selon les organisations syndiclales) ont défilé dans les rues pour protester contre les nouvelles dispositions législatives concernant les conditions de travail.

Pourquoi si peu de travailleurs se sentent-ils concerner par les manifestations de protection des conditions de travail ?

-les réformes sont-elles bonnes et acceptables pour les employés concernés ?

-les formes de protestation sont-elles inadaptées ?

-les gens en ont-ils marre de tout et donc laissent tout passer ?

Quand on gagne peu d'argent avec son salaire, est-il probable que l'on fasse grève pour aller manifester dans les rues ?

Pourquoi ne pas défiler le dimanche ?

Pourquoi ne pas mettre en avant d'autres formes d'action ?

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le Salon de la Mère Sans-Gêne

Petites Histoires de Pachyderme

La Mère Sans-Gêne était à la retraite depuis quelques années, et avait ainsi plus de temps pour ses occupations favorites : du sport tous les matins. Elle rentrait de la piscine à 9h30 ou 10h : on entendait les freins de son vélo couiner de loin ; elle n'y mettait pas d'huile, car ainsi le son du vélo la précédait, annonçant tels des hérauts sa venue ! 

Elle occupait le terrain.

Dernièrement elle balayait le trottoir, non qu'elle fût d'une propreté impeccable, mais pendant la 1/2 heure que cela lui prenait, elle saluait certains passants, engageait la conversation avec ses habitués… se faisait voir dans ses tenues courtes, légères et colorées. Elle agrippait  une personne de la rue au passage. Là, tout le pâté de maisons était passé en revue. Si son interlocuteur était bon, cela pouvait durer une heure : ils s'échangeaient les observations, les ragots, faisaient des hypothèses qui, si tôt énoncées et relevées par l'autre, devenaient informations. Ce qu'ils ne savaient était déduit ou inventé. Quand un bon coup était élaboré elle riait en cascade, ce qui se répercutait sur le mur de fond que faisait l'immeuble comme dans un théâtre romain : Pachyderme qui était un peu sourd savait alors que le scénario de commérages était en route.

Bizarrement tout se passait dehors, sur le trottoir, jamais personne ne rentrait chez elle… Elle faisait salon devant chez elle. Il ne manquait plus que la chaise installée sur le trottoir pour institutionnaliser le scénario !

Si l'interlocuteur n'avait pas le temps, elle trouvait une banalité à dire, dans le souci d'être conviviale. Si c'était un homme, elle trouvait à le valoriser et riait en cascades sonores claires et hautes. On savait alors qu'elle était en conversation.

Elle se donnait en spectacle : la rue était son théâtre.

 à suivre…

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la Mère Sans-Gêne*

Petites Histoires de Pachyderme

La Mère Sans-Gène habitait dans une maison d'en face le logement de Pachyderme.

Elle se déplaçait toujours en vélo, elle était sportive, fine, tout en muscles ; elle s'habillait court de vêtements aux couleurs vives ; on l'avait toujours connue avec des cheveux poivre & sel ; du coup on ne lui donnait pas d'âge. Du temps où elle travaillait, elle était occupée hors du quartier, hors du pâté de maisons, une grande partie de la journée, elle ne s'adonnait donc aux commérages que les soirs après le travail ou les fins de semaine. Elle se levait tôt tous les jours, était vaillante et dynamique. Plusieurs de ses fenêtres donnaient sur la rue, de sorte qu'elle était au courant de qui passait, qui sortait de l'immeuble d'en face, qui parlait avec qui, comment un tel ou une telle était habillé, comment il ou elle sortait : elle en déduisait alors où il/elle allait et pouvait répondre si quelqu'un le cherchait dans la rue !

Elle lisait beaucoup tout en regardant le téléviseur, tard dans la nuit… peut-être ne couchait-elle pas dans sa chambre, mais dans son salon où la lumière restait allumée toute la nuit : elle ne fermait jamais ses volets, même au rez-chaussée côté rue (quelque chose aurait pu lui échapper).

Elle ne saluait ou ne répondait pas aux saluts de tout le monde : elle avait constitué son cercle de sociabilité, constitué de personnes sensibles à ses manières de faire et à ses racontarts : elle parlait alors d'une voix claire et sonore. Pour le reste elle s'exprimait à voix basse, puis ricanait dès un coup parti. Elle recalait tous les récalcitrants, dédaignait les caractères trop forts, répugnait aux Méditerranéens, surtout s'ils venaient du sud. Elle ne saluait pas le Pachyderme, elle ne le regardait même pas. Il n'existait pas. Il se sentait un moins que rien : une personne qui occupe le terrain, qui connaît tout le monde, ne le voyait pas ! C'est comme s'il n'était pas reconnu socialement…

Tous les soirs, elle versait ses ordures dans une des poubelles de l'immeuble : cela lui évitait d'utiliser et de nettoyer la sienne. Officiellement elle "n'apprécie pas les poubelles dehors… donc la sienne ne décorait pas la rue !" Elle était bien rangée dans son vestibule… Un jour, elle décida de tailler les plantes de son jardin : glycine, fusain, laurier, cerisier, chèvrefeuille, tout y passa. Sans gène, elle remplit toutes les poubelles vertes de la rue, sauf la sienne…

 à suivre…
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Pachyderme et le Climat

Petites Histoires de Pachyderme

L'été avait eu ses canicules, maintenant coutumières en ce début de XXI°siècle.

Tout à coup, fin août, la fraîcheur était tombée sur la région, et l'on passa des 37°C à 25, puis 20 ; la nuit, du 25°C le mardi, on se réveilla tôt le jeudi matin, car la température descendit à 15°C. Comme tous les ans, l'automne prévenait qu'il faudrait profiter des dernières semaines d'été… Mais du fait de la canicule, les feuilles des arbres avaient sèché dès juillet et étaient tombées. Dès lors avec le climat frisquet, le paysage urbain était automnal… et les humeurs moroses !

L'atmosphère de la ville avait alors changé en quelques heures. Du pas prélassé de vacancier, les citadins pressaient l'allure, tout en retrouvant une veste, un gilet voire un imperméable ou un parapluie, les nus-pieds étaient poussés quelques jours et l'on sortait les chaussures fermées. La rentrée s'annonçait.

Rentrée au travail, rentrée des écoles, rentrée dans les associations : rentrées dans les activités sociales et professionnelles.… Les emplois du temps changeaient donc ; les modes de vie aussi. L'été des salades et fruits laissait place à la période des plats cuisinés. Il fallait modifier les achats des courses, utiliser les casseroles, se mettre à table… repartir sur des repas structurés. La ville enflait du point de vue sonore (!) tôt le matin, et le trafic se densifiait aux heures de pointe. C'étaient les rentrées… 

Non seulement les heures se remplissaient, mais les rues abondaient de gens de toute sorte. Les enfants les égayaient à heures régulières.

Les média étoffaient leurs programmes progressivement, la rentrée littéraire, cinématographique emboîtait le pas à la cadence urbaine.

Pachyderme déprimait chaque fois… La parenthèse estivale prenait fin… Il ne fallait plus se bercer de promesses, reporter ses rêves d'activité éventuelle… il lui faudrait passer à l'action, ne plus traîner : l'atmosphère l'incitait à se bouger. Il devait activer son cerveau, répondre aux sollicitations, bouh… comme disaient les média… l'été est fini !

Il en fit part à sa voisine du dessous, qui le rassura comme chaque fois qu'il lui ouvrait ses pensées :

-Mais, c'est comme cela chaque année, la fraîcheur dure quelques jours, puis les beaux jours ensoleillés reprennent le dessus jusqu'en octobre… On n'est pas à Paris, où ils sonnent l'automne dès qu'ils reprennent le travail !"

 

 à suivre…

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Environnement de Pachyderme

Petites Histoires de Pachyderme

Pachyderme habitait une banlieue mixte d'une grande ville française de métropole.

Il avait été transféré d'un appartement insalubre du centre-ville qui lui allait bien (bien que sans salle de bain et sans eau chaude, peu cher), dans un appartement social privé avec tout le confort. Ceci moyennant le quadruplement de son loyer, sans possibilité d'Allocation Logement puisqu'il vivait seul et travaillait au SMIG.

Avant il se rendait à pied à son travail ; dorénavant il était obligé de se payer un abonnement de transport collectif public (55€).

L'immeuble dans lequel il vivait comportait peu d'étages, peu d'appartements (10 au total). Il avait un seul attrait : sa cour qu'une voisine avait transformé en jardin au bout de plusieurs années de persévérance. Il y avait plein d'arbres et le matin quand il déjeunait il se délectait du sifflement et des piaulements des oiseaux.

Il se contenta de son sort… pris les choses comme des fatalités…

 

à suivre…

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la Formation de CJST

Petites Histoires de Pachyderme

"Citoyen Je Sais Tout"

Il avait fait un apprentissage et une formation d'éducateur. Il avait râté son diplôme, mais savait bien utiliser ce qu'il avait appris pour tout détourner à son profit. À son entourage, pourtant, il se présentait comme éducateur, ses voisins le prenait pour tel, comme ses personnes qui raconte une histoire et en vive une autre… comme ces personnes qui usurpe un curriculum et donne le change en réflexion et en allure professionnelle.

Il avait travaillé comme gratte-dossiers pour un organisme de gestion pour personnes en difficultés. Mais il faisait la leçon à tout le monde, prenait son chef en défaut, montrait aux personnes dont il avait le budget en charge comment détourner les règlements… il se sentait malin…

Un jour il envoya une lettre recommandée au service des transports publics de sa ville pour récuser un contrôle de "titre de paiement" qu'un jeune n'avait pas pu fournir, en jouant sur le règlement et l'oubli de validation… Il conclut : "voilà comment il faut se débrouiller !" Une autre fois, il expliqua comment retourner une action de la régie qui réclamait à un locataire des loyers impayés : il fallait se rendre insolvable ! On avait besoin de lui : il aidait les gens… il se sentait demandé, important : il était content de lui.

Il ne fut pas long à se faire licencier,mais recourut aux prud'hommes pour être réhabiilité, et fut ré-engagé le temps de finir son contrat… et ne fut pas renouvelé.

Depuis il errait de son lit à son ordinateur, de son fauteuil à sa chaise de cuisine ; un soir par semaine, il partait chez MacDo de son allure non-challente comme s'il allait en visite, le soir suivant poussait chercher une pizza de la même allure, le 3°soir il mangeait des tapas et ainsi de suite. Un soir de la semaine il cuisait des pâtes. Pourtant un soir il expliqua à un copain, combien il fallait équilibrer ses repas…

Il aimait à se vanter de ses compétences, de son savoir-faire et de ses connaissances. Mais au bout de trois ans il était toujours sans travail… mais ne se demandait jamais pourquoi : il n'aurait plus pu se pavaner.

 

à suivre…

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un Voisin de Pachyderme : CJST*

Petites Histoires de Pachyderme

Il avait l'allure d'un touriste même quand il marchait dans son quartier ; en fait, il se prenait pour un prince…

C'est Citoyen Je Sais Tout !

en abrégé CJST…

Au début de l'histoire, il avait environ 25 ans. Maintenant il avait la trentaine.

Une fois il cumula 2 emplois : un mi-temps de responsable d'internat et d'assistant-éducateur les fins de semaine. Mais cela lui faisait trop. Il arrêta donc l'un, alors qu'un mois plus tard son 2°contrat se terminait…

Il avait gardé dans sa tête, le rythme des jours de travail : il allait au supermarché de temps à autre, surtout les jours fériés…

Il ne faisait rien de la journée… de ses nuits il regardait des matchs de football, non que ce sport l'intéressât beaucoup, mais cela lui permettait de réunir des copains, d'exister, d'exulter, de brailler, et ainsi d'emmerder sa voisine.…

On a les plaisirs qu'on peut !

Un jour le Pachyderme sonna chez lui avec une tarte aux pommes de sa confection : il voulait qu'ils soient amis. CJST regarda la tarte aux pommes et répondit "Vous voulez m'acheter ?"

 

à suivre…

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Petites Histoires de Pachyderme

Petites Histoires de Pachyderme

Il venait de récolter une prune avec une voiture qu'on lui avait prêtée gentiment…

Pour une fois qu'on était gentil avec lui !

Il allait chercher sa fille à quelques centaines de kilomètres de chez lui. Tout heureux de voir la Petite, de la sortir, de l'entendre raconter sa vie, ses projets ; il accélèrait sur une descente de l'autoroute où il se sentait en sécurité, sans voiture alentour, pour arriver plus vite…

Lui qui était toujours dans le rouge à la banque, se trouva fort déconvenu de cette amende pour laquelle il n'avait pas le budget.

Il se sentit poursuivi par le sort et mis le problème sur le compte de sa longue liste d'avanies personnelles qu'il collectionnait depuis sa naissance. Mais cela ne l'aidait pas à payer…

Il en parla à sa voisine du dessous, toujours aimable et attentive ; il en parla au voisin d'en face, quoique toujours tourné sur lui-même ; il en parla à sa collègue de boulot, à toute l'équipe ; il en parla à la voisine de l'angle de la rue, elle aussi ruinée par le sort, il en parla à… à tout le monde, mais tous étaient autistes.

Il paya au plus tôt pour ne pas être taxé d'un supplément et alla manger à la soupe populaire… pour une semaine de bonheur…

 

à suivre…

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résultats réels 2°tour élections présidentielles 2017

2° tour des élections présidentielles françaises 2017
répartition des votes des 47M d'électeurs :
°25% d'abstention (~12M)
°11,47% de votes blancs ou nuls (~4,7M) d’ordinaire, seuls 4 à 6 % des électeurs font ce choix pour un scrutin comparable.
°2/3 de votes en faveur de E.Macron (~20,8M) = 43,63 %
°1/3 de votes pour le Front-National (~10,6M) = 22,38 %

(Les résultats nationaux donnés officiellement ne prennent pas en compte les votes blancs et nuls)
< En savoir plus voir le Monde du 8 mai 2017 >

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