Caraïbéen Rebelote

Petites histoires chez Pachyderme…

"Je le trouvais petit, mais efficace", sussura la Jardinière
Mais il lui fallut se rendre à l'évidence, il n'avançait pas…

Caraïbéen avait une voix tonitruante qui faisait certainement partie de sa générosité. Dés qu'il s'excitait et quelqu'en fut le sujet, une voix d'acteur dramatique en colère sortait de son corps. Au téléphone, avec  des copains, avec sa fille ou son ex, la puissance de son coffre impressionnait, faisait peur. Petit, mais costaud, puissant et sonore, on s'attendait à un chef d'entreprise.

Or trois mois après la récupération des meubles des voisins de gauche et de droite, certains étaient encore en pièces détachés : "demain un ami à moi, qui sait faire cela bien, vient et nous allons les monter". ìl répéta cela à plusieurs semaines d'interval, plusieurs fois, et les meubles restaient empilés par morceaux dans divers coins de l'appartement.

Entre temps Caraïbéen et Pachyderme s'étaient fâchés. Ou plutot, l'Antillais avait pris la mouche ou une mouche, pour on ne sait quelle raison, il menaça Pachyderme, but, lança quelques menaces énigmatiques devant les voisins réunis un soir par hasard. Pachyderme quitta l'assemblée remonta à son étage et déclara :
"Il ne va pas bien dans sa tête cet homme là : on l'aide, on est bien avec lui et il dégrade tout".
Les phrases du Caraïbéen s'enrayaient sur une incompréhension dont il rendait son ami responsable, mais dont personne se sut rien. Sa voix théâtrale résonna jusqu'aux limites du pâté d'immeubles, il buvait entre chaque incantation, du whisky, pas du jus de pomme ! Chacun s'esquiva discrétement jusqu'à le laisser seul. le dernier referma doucement la porte de l'appartement pour réduire la nuisance et l'expansion du souci.

La jardinière se rendit alors compte du danger : cet homme était imprévisible, difficile et elle aurait eu des problèmes à entretenir une relation privée avec lui… La Godiche qui lui plaisait tant, l'évitait au mieux et sans bruit lors de ses passages obligatoires devant chez lui. La Louée se prit de bec avec lui quelque temps plus tard, parce qu'on l'entendait parler jusqu'au haut de l'immeuble à deux heures du matin. Pachyderme ne lui adressa plus jamais la parole…

Chacun retourna à sa solitude urbaine…

à suivre…
© = texte soumis à copyr
ight



 

 

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le Caraïbéen*

Petites histoires chez Pachyderme…

"Je le trouvais petit, mais efficace", sussura la Jardinière
Mais il lui fallut se rendre à l'évidence, il n'avançait pas…

Il était arrivé en juillet, en début de mois, dans  l'appartement du rez-chaussée, et mi-juillet Pachyderme qui voyait mal et entendait mal, mais avait les yeux et les oreilles à l'affût de toute information, Pachyderme observa que le nouveau voisin dormait à même le sol. Certes, il faisait chaud, très chaud déjà et on allait approcher de la canicule séculaire, mais dormir par terre lui semblait par trop ascétique.

Le Caraïbéen vivait les portes, les fenêtres ouvertes… la musique s'échappait généreusement de son appartement et tout le monde en profitait. Quand on passait la porte de l'immeuble, sa porte d'appartement restait ouverte : aussi on arrivait directement chez lui ! La réserve étant de mise dans cette ville, cette nouvelle invasion des communs, même mélodieuse commença à agacer les voisins.
Le Caraïbéen n'était pas seulement généreux en son, mais également en vivres. Travaillant dans un restaurant pour un grand organisme de transport international, son chef redistribuait régulièrement les produits non écoulés en fin de cycle à son personnel. Alors le Caraïbéen les redistribuait aux voisins quand il y en avait de trop : jus de fruits, crustacés, poissons, fromages, etc…
Il était aussi généreux de sa personne et laissait voir ses muscles qu'il caressait devant tous les gens qu'il croisait. Certes il était musclé, petit et musclé, le corps souple d'un danseur et la voix sonore d'un acteur ! 
Un beau spécimen en avait conclu la Jardinière qui était toujours à l'affût d'un mâle pour monter au ciel.

Donc il ne fallut pas longtemps à Pachyderme pour se rendre compte que le nouveau voisin n'avait pas de meubles… Il engagea la conversation avec lui et lui proposa des meubles qu'il avait en double : placard, étagères, matelas, descendirent les escaliers pour s'installer dans le petit appartement de son nouveau copain.
Pachyderme était tout content, afin quelqu'un avec qui parler, afin un plus pauvre que lui, ils s'entendaient sur la musique, sur le quartier, sur le temps des loisirs : Pachyderme n'était plus seul !
Quand il rentrait, il pouvait tailler la bavette avec le Caraïbéen qui était aussi bavard que seul…

à suivre…
© = texte soumis à copyri

 

 

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Calendrier Sociétal

Dans la série des calendriers de la société, voici un essai sur le calendrier français.

*Chaque société a éléboré son calendrier social au fil des siècles et l'ajuste au fur et à mesure des décennies ou des évènements. La société vit de temps forts (souvent collectifs) et de temps lâches, c'est à dire de rythme effréné et de rythme lent. À l'intensité des activités correspond des temps de respiration.

Par exemple, en France, et dans le monde occidental, décembre, depuis la trève des confiseurs jusqu'à Carnaval, le rythme est frénétique, avec des temps intenses comme les veilles de fêtes et les jours devenus fériés.

Après Carnaval, chez les chrétiens, c'est le carème, temps long de 40 jours lents. C'est la fin de l'hiver, les provisions s'amenuisent, l'humidité s'éternise, les derniers microbes s'accrochent, les jours deviennent plus longs, mais sont encore souvent gris, la température diurne reste instable, les végétaux hésitent, les corps sont en attente du printemps. Inutile de se précipiter, ce n'est pas la saison. Il faut travailler bien et doucement pour ne pas s'épuiser.

*Autrefois et dans certains lieux, à l'isolement de l'hiver en journée, correspondait le temps collectif des veillées…
Les fêtes sociales, qu'elles soient religieuses ou laïques permettent des rassemblements courts, toniques. Elles ponctuent l'année :
Toussaint, Beaujolais, ste-Catherine, ste-Barbe, st-Nicolas, Noël, st-Sylvestre, Rois, Chandeleur, Carnaval, Pâques, 1°Mai, communions, fêtes d'école, vacances, rentrée, etc…. Entre chaque rendez-vous social, le temps est plus long, plus régulier, plus individuel. L'été les travaux des champs donnaient des rendez-vous intenses et collectifs et entre deux récoltes : des soufflets de pause sociale. De nos jours, pour certains, les vacances se construisent sur un rythme de détente, de non-chalance, le temps leur semble suspendu. Pour d'autres, ce sont des km, de la foule, des rencontres, des activités, des visites, etc… 

Les sociétés alternent normalement des moments intenses, de manière irrégulière, mais ponctuelle, le plus souvent calqués sur le climat et le cycle du travail agraire ou social.
De nos jours, l'efficacité et le rendement essaient de niveler le temps en fragments standarts, calibrés, qui devraient se ressembler. Cette uniformité crée une monotonie de type machinale qui engendre l'ennui et le surmenage. Malgré cette organisation économique, la société a gardé des temps différents que nous vivons parfois de manière inconsciente.
Les humains ont besoin de la diversité de moments, de temps et de ryhtmes, car ils s'y ressourcent, s'y dépensent ou s'en isolent. Cela donne un équilibre social.

 

 

 

 

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