Dans la série des calendriers de la société, voici un essai sur le calendrier français.

*Chaque société a éléboré son calendrier social au fil des siècles et l'ajuste au fur et à mesure des décennies ou des évènements. La société vit de temps forts (souvent collectifs) et de temps lâches, c'est à dire de rythme effréné et de rythme lent. À l'intensité des activités correspond des temps de respiration.

Par exemple, en France, et dans le monde occidental, décembre, depuis la trève des confiseurs jusqu'à Carnaval, le rythme est frénétique, avec des temps intenses comme les veilles de fêtes et les jours devenus fériés.

Après Carnaval, chez les chrétiens, c'est le carème, temps long de 40 jours lents. C'est la fin de l'hiver, les provisions s'amenuisent, l'humidité s'éternise, les derniers microbes s'accrochent, les jours deviennent plus longs, mais sont encore souvent gris, la température diurne reste instable, les végétaux hésitent, les corps sont en attente du printemps. Inutile de se précipiter, ce n'est pas la saison. Il faut travailler bien et doucement pour ne pas s'épuiser.

*Autrefois et dans certains lieux, à l'isolement de l'hiver en journée, correspondait le temps collectif des veillées…
Les fêtes sociales, qu'elles soient religieuses ou laïques permettent des rassemblements courts, toniques. Elles ponctuent l'année :
Toussaint, Beaujolais, ste-Catherine, ste-Barbe, st-Nicolas, Noël, st-Sylvestre, Rois, Chandeleur, Carnaval, Pâques, 1°Mai, communions, fêtes d'école, vacances, rentrée, etc…. Entre chaque rendez-vous social, le temps est plus long, plus régulier, plus individuel. L'été les travaux des champs donnaient des rendez-vous intenses et collectifs et entre deux récoltes : des soufflets de pause sociale. De nos jours, pour certains, les vacances se construisent sur un rythme de détente, de non-chalance, le temps leur semble suspendu. Pour d'autres, ce sont des km, de la foule, des rencontres, des activités, des visites, etc… 

Les sociétés alternent normalement des moments intenses, de manière irrégulière, mais ponctuelle, le plus souvent calqués sur le climat et le cycle du travail agraire ou social.
De nos jours, l'efficacité et le rendement essaient de niveler le temps en fragments standarts, calibrés, qui devraient se ressembler. Cette uniformité crée une monotonie de type machinale qui engendre l'ennui et le surmenage. Malgré cette organisation économique, la société a gardé des temps différents que nous vivons parfois de manière inconsciente.
Les humains ont besoin de la diversité de moments, de temps et de ryhtmes, car ils s'y ressourcent, s'y dépensent ou s'en isolent. Cela donne un équilibre social.