Sauterelle et Canicule

Petites histoires de Pachyderme…

Un jour de canicule, Sauterelle décida que sa chienne était mieux dans la cour de l'immeuble que dans le petit appartement de son amoureux au rez-chaussée. Un soir elle la fit sortir, lui mit de l'eau dans un fond de bouteille en plastique découpée. Elle lui servit ses repas comme d'habitude en versant le contenu du sac par la fenêtre dans la gamelle.

La chienne contente d'avoir 90m2 sous le marronnier, fit le tour, puis attendit la suite. La chienne était vive, joueuse, patiente. Sauterelle lui lança un ballon adapté à sa gueule, elle le rattrapa et attendit la suite, patiemment… la suite ne vint pas.

Le lendemain matin, à la lumière du jour, Sauterelle dégagea de la cour ce qui y traînait depuis des années afin que sa chienne ne se blessât pas : elle envoya les déchets dans la cour de Pachyderme !

Quand la Jardinière surpris son manège un autre soir depuis la cour suivante, elle sortit, vint dans la cour de Pachyderme et fit un retour à l'envoyeur de tout ce qu'elle trouva dans le jardin de l'immeuble. La chienne, croyant à un jeu, récupéra tous les objets et joua avec pots, planche, canette, sachets afin de les restituer à ce lanceur inconnu mais qui s'occupait enfin d'elle… Toute contente, elle aboya…

La Jardinière ne se fit ni voir, ni connaître. Elle avait aussi remarqué que la grille qui tenait la moustiquaire de la citerne, disparaissait régulièrement pour servir à obstruer le passage des chats vers la chienne. Sauterelle, sans s'en faire, l'avait apostrophée et la Jardinière l'avait remise à sa place. Aussitôt Sauterelle sortit et repris la grille dans la cour de Pachyderme pour la remettre. Le soir la Jardinière la remit en place… La tension monta d'un cran dans les cours de l'immeuble.

Le chat de Pachyderme n'osait plus remonter, par peur de la chienne, qui voulait jouer, mais pesait dix fois son poids. Il restait dans la cour suivante, se privant de manger puisqu'il ne remontait pas. Même dans sa propre cour, il ne revenait pas. Pachyderme dut l'attendre, l'appeler, le convaincre, l'attrapper pour le monter. Il fallut aussi le descendre le matin. Perché s'enfuyait de peur de croiser le nouveau voisin à quatre pattes… Un jour Pachyderme le récupéra sur le mur du fond, apeuré.

Ce fut donc l'émoi…

On ne sait ce qui se passa un jour de la semaine suivante… La Jardinière rentra au crépuscule et remarqua que les poubelles étaient encombrées d'objets débordants et issus de la cour de la chienne. Elle se rendit dans la sienne, afin de voir ce qu'il en était. Là tout était normal. La chienne ne gardait plus le terrain et la fenêtre était fermée, les gamelles avaient disparu.

Perché put rejoindre à nouveau le domicile de Pachyderme, mais avec prudence, en écoutant bien d'abord depuis la cour suivante si l'animal y était, puis montant sur le muret il observa attentivement les cours. Il se décida à avancer avec hésitation près à rebrousser chemin et ventre à terre lentement pour voir si le passage était libre.

 

 à suivre…
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Posté par divaguer à 18:00 - Commentaires [1] - Permalien [#]