Antécédents de Perché

Petites histoires de Pachyderme

Perché avait été trouvé un matin d'automne, juché sur le mur de fond des cours, caché sous un hou centenaire. Il n'osait pas bouger et semblait avoir peur de tout. Pachyderme, faisant son tour matinal dans la cour avait observé le comportement inhabituel des autres chats. Pourquoi se rendaient-ils sous le hou si souvent, mais ne passaient pas.

Au bout de trois jours Pachyderme déplaça une chaise de jardin et y monta afin de se rendre compte. Il découvrit une boule de poils dorés, apeurée. Quand il avança la main pour la tranquiliser la boule recula d'un bon. Un chat de plus se dit Pachyderme qui en avait vu d'autres. Les jours suivants le chat était toujours là. Il ne semblait pas descendre de son observatoire/cachette.

Le cinquième jour, Pachyderme lui apporta de la nourriture. Le Chat Perché attendit qu'il descende de la chaise et se retire pour prendre de sa gueule la gamelle et la poser en lieu moins exposé. Il avala le tout comme quelqu'un qui n'a pas mangé depuis longtemps. Pachyderme lui apporta aussi de l'eau pour le réhydrater. Le petit félin amaigri n'en fit pas cas tout de suite. Pachyderme lui apporta de la nourriture ainsi, 2 à 3 fois par jour en fonction de son travail. Perché mangeait tout évidemment, rendait la gamelle propre, toute lêchée.

Au bout de quelque temps, Pachyderme, lui mit l'eau sous la table du jardin, puis sa gamelle de pâté. Perché attendait que tout soit calme et descendait manger. Puis on le vit passer dans le jardin avec les autres chats, tout en retournant se réfugier sur le mur, sous le hou.

Pachyderme mena une petite enquête : d'où venait ce chat ? Il apprit par un habitant qui soignait quatre chats du voisinage, que des habitants avaient déménagé il y a peu et que le chat venait peut-être de chez eux… Il ne savait pas son nom. On le nomma donc Perché.

Le Chat Perché passa ainsi plusieurs semaines sur le mur. Il voyait les autres chats aller et venir dans les cours, enjamber les fenêtres, se frotter aux jambes des humains, mais ne s'approchait pas. Peu à peu Pachyderme entreprit lentement, patiemment d'avancer une main pour caresser Perché. Perché avait peur au début, il ne le connaissait pas suffisamment. Puis il laissa l'humain approcher.

D'autres chats venaient à la fenêtre de Pachyderme. Ils recevaient une caresse, mangeaient quelques bonbons pour félins domestiques. Ils étaient câlins. Ils ne s'installaient pas, ils passaient…

Un jour Perché, suivant les autres, monta aussi sur la fenêtre pour voir. Quand il aperçut Pachyderme, il s'enfuit à toutes pattes… Mais il revint. Pachyderme lui donna de la nourriture et de l'eau sur sa fenêtre. Perché vint s'alimenter tous les jours. Puis il entra chez Pachyderme, s'enfuit, revint. Il acceptait les caresses sur la fenêtre, puis s'enhardit à l'intérieur de l'appartement. Il devint familier. Il avait besoin de se faire adopter semble-t-il… Il était doux, gentil, craintif.

Pachyderme observait cet animal esseulé comme il aurait aimé que l'on l'observât. Il le laissait aller et venir, lui ouvrait la fenêtre pour qu'il rentre. Il le caressait, le câlinait. Perché l'attendait certains soirs, certains matins. Il demandait à sortir le soir pour sa vie nocturne, il revenait quand il entendait Pachyderme s'animer dans l'appartement. Ainsi se fit une vie à presque deux…

à suivre…

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L'Anti-Poufiasse*

 Petites histoires de Pachyderme

L'Anti-Poufiasse habitait l'allée à côté de Pachyderme.

On l'avait surnommée ainsi, car elle traitait tout le monde de Poufiasse ! C'était plus simple…

Elle avait quelques 90ans et se portait bien ; courait à ses rendez-vous hebdomadaires, surveillait l'immeuble, surtout les locataires. Elle prêtait main forte au Dragon-4° qui menait tout le monde à la baguette.

Anti-Poufiasse la secondait de son mieux, se sentant utile pour le bien de tous.

 

Depuis plusieurs années, elle avait un comportement étrange, que les voisins ne comprirent pas, car ce n'était pas permanent.

Quand on la croisait, elle marmonnait "on ne savait quoi" : prières, reproches, commentaires.… ? Parfois on l'entendait crier ou implorer. Mais cela ne durait pas… Puis il y eut des sortes de lamentations de chez elle, qu'on entendait quand ses fenêtres étaient ouvertes, mais aussi de l'intérieur de l'immeuble à travers les cloisons.

Puis elle se mit à taper, le jour, la nuit, sur les murs avec le manche de son balai et prononçait des incantations. Pachyderme, dont elle était contigüe, en était réveillé à 23h ; cela durait 1h à 2h.

Un après-midi, alors qu'un cambriolage avait eu lieu dans l'allée, la veille, elle était descendue en déshabillé blanc, transparent, court et témoignait de ce qui se passait dans l'immeuble : des messes noires. Elle tournait et retournait dans l'entrée de l'immeuble, en pantoufles, ne se décidant pas à remonter chez elle. Elle avait tout vu, tout entendu ! Il y avait des allées et venues.…

Elle écrivit à la régie pour la prévenir de ces méfaits et attendait tous les jours une réponse, ce pourquoi elle était descendue à la boîte aux lettres.

Puis elle se mit à jeter ses déchets par la fenêtre de la cour.

Son neveu venait toutes les semaines pour la voir. Il la tranquillisait, lui faisait la conversation. Il ne remarqua rien jusqu'à ce que le Dragon-4°exigea qu'il nettoya la cour !

Puis Dragon-4° voulant se débarrasser de ce sujet encombrant, fit signer une pétition pour l'éjecter de son appartement, dont l'Anti-Poufiasse était propriétaire… Pachyderme, n'y tenant plus de ses nuits sans sommeil, signa !

Dragon-4° alla même jusqu'à porter plainte contre elle au commissariat de police ! Pachyderme approuva.

En fait l'Anti-Poufiasse était atteinte d'une maladie d'Alzheimer…

 

à suivre…

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Spectacle pour Perché

 Petites histoires de Pachyderme

Le Chat Perché de Pachyderme était au spectacle : les moineaux étaient en plein repas sur le bord de la fenêtre Ouest. Accroché à une branche du lilas banzaï, penché sur la mangeoire, caché dans le pétunia, attendant son tour sous les graminées, ils étaient là, occupés à s'alimenter. Perché était là aussi, tendu comme la corde d'un arc, les oreilles dressées, la queue actionnée comme un métronome, les yeux fascinés presque hypnotisant… Il poussait de petits cris réguliers…  Entre lui et les moineaux : la vitre. Tous les matins, les pioupioux allègres l'allertaient derrière le volet. Il était près, la vie commençait, la fraîcheur du matin incitait à se bouger : il y avait du spectacle et tous ses instincts de chasseurs étaient en éveil. Puis les moineaux s'envolaient… et il attendait qu'ils revinssent !

Puis l'heure passait, c'est à dire, la chaleur montant dans la ville, les moineaux changeaient de lieu. Perché alors changeait d'activité… il allait se promener dans les cours où d'autres aventures l'attendaient dans la journée.

Les moineaux revenaient dans l'après-midi à diverses heures selon la saison. Ils passaient, triaient les dernières graines de blé, laissaient le millet… Mais Perché à ce moment-là soit n'était pas encore là, soit avait entamé sa sieste… Couché sur le côté, les pattes sur les yeux comme pour s'isoler de la lumière, il profitait du lieu et de sa sûreté. Un chat heureux pensait Pachyderme qui n'en avait pas la capacité… 

 

à suivre…

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