Petites Histoires de Pachyderme

L'été avait eu ses canicules, maintenant coutumières en ce début de XXI°siècle.

Tout à coup, fin août, la fraîcheur était tombée sur la région, et l'on passa des 37°C à 25, puis 20 ; la nuit, du 25°C le mardi, on se réveilla tôt le jeudi matin, car la température descendit à 15°C. Comme tous les ans, l'automne prévenait qu'il faudrait profiter des dernières semaines d'été… Mais du fait de la canicule, les feuilles des arbres avaient sèché dès juillet et étaient tombées. Dès lors avec le climat frisquet, le paysage urbain était automnal… et les humeurs moroses !

L'athmosphère de la ville avait alors changé en quelques heures. Du pas prélassé de vacancier, les citadins pressaient l'allure, tout en retrouvant une veste, un gilet voire un imperméable ou un parapluie, les nus-pieds étaient poussés quelques jours et l'on sortait les chaussures fermées. La rentrée s'annonçait.

Rentrée au travail, rentrée des écoles, rentrée dans les associations : rentrées dans les activités sociales et professionnelles.… Les emplois du temps changeaient donc ; les modes de vie aussi. L'été des salades et fruits laissait place à la période des plats cuisinés. Il fallait modifier les achats des courses, utiliser les casseroles, se mettre à table… repartir sur des repas structurés. La ville enflait du point de vue sonore (!) tôt le matin, et le trafic se densifiait aux heures de pointe. C'étaient les rentrées… 

Non seulement les heures se remplissaient, mais les rues abondaient de gens de toute sorte. Les enfants les égayaient à heures régulières.

Les média étoffaient leurs programmes progressivement, la rentrée littéraire, cinématographique emboîtait le pas à la cadense urbaine.

Pachyderme déprimait chaque fois… La parenthèse estivale prenait fin… Il ne fallait plus se bercer de promesses, reporter ses rêves d'activité éventuelle… il lui faudrait passer à l'action, ne plus traîner : l'athmospère l'incitait à se bouger. Il devait activer son cerveau, répondre aux sollicitations, bouh… comme disaient les média… l'été est fini !

Il en fit part à sa voisine du dessous, qui le rassura comme chaque fois qu'il lui ouvrait ses pensées :

-Mais, c'est comme cela chaque année, la fraîcheur dure quelques jours, puis les beaux jours ensoleillés reprennent le dessus jusqu'en octobre… On n'est pas à Paris, où ils sonnent l'automne dès qu'ils reprennent le travail !

 

 à suivre…

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